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2 TOP manager rencontrent Christian ARNSPERGER

lundi 10 mai 2010, par Ploutopia


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A Christian ARNSPERGER,

 

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La réception d’une invitation par l’association Philosophie & Management à une séance publique de clôture sur le thème «Qu’avons-nous appris? Que faire lundi matin ?» le jeudi 6 mai me laissa particulièrement perplexe : « comment concilier Management et Philosophie dans le paradigme actuel ? Ne sommes-nous pas en plein oxymore si bien dénoncé par Serge LATOUCHE ? ». La philosophie elle-même n’est-elle pas influencée par les courants de pensée, les aléas et grandes croyances du moment (Malthusianisme, Maccarthysme, Marxisme, etc) ?

 

Ce qui m’a poussé à m’inscrire à cette séance de clôture est cette phrase figurant sur la page d'inscription à cette séance publique: « livre qui a guidé notre cycle de séminaires et conférences cette année ». Le livre en question étant le formidable, magistral et atrocement lucide «Ethique de l’existence post-capitaliste» de Christian ARNSPERGER.

 

Ma réflexion fût la suivante : «Si Christian ARNSPERGER participe à ce genre de rencontre et si c’est effectivement ce livre qui a guidé les multiples séminaires de Philosophie et Management, ça doit peut-être valoir la peine d’y aller».

 

Car en fin de compte, n’est-ce pas Christian qui m’a fait découvrir Marc FLEURBAEY en citant son livre à de multiples reprises dans le sien (Ethique de…) et dont le titre « Capitalisme ou démocratie ? » est assez proche de celui de ce blog.


Tout d’abord, il s’agit de soustraire le travail humain au marché. Le travail salarié est une injustice structurelle qui précipite quotidiennement des centaines de millions de personnes de par le monde dans des tâches sans autonomie, dictées par les porte-parole des détenteurs de capitaux. La gauche ne peut pas accepter l’aliénation salariale. La seule solution est de promouvoir la démocratie d’entreprise et, à terme, de voir disparaître les entreprises qui ne seraient pas détenues et dirigées par les travailleurs. Marc FLEURBAEY, Capitalisme ou démocratie ? Cité par Christian ARNSPERGER, Ethique de l’existence post-capitaliste.

 

Je me demandais donc ce que Christian pouvait bien faire dans ces milieux huppés qui commencent seulement à percevoir que quelque chose ne tourne pas rond et qui cherchent à comprendre… Selon moi, il s’agissait pour lui de ne négliger aucune piste et leviers potentiels d’actions.

 

"La seule solution est de promouvoir la démocratie d’entreprise et, à terme, de voir disparaître les entreprises qui ne seraient pas détenues et dirigées par les travailleurs". Marc FLEURBAEY, Capitalisme ou démocratie ? Cité par Christian ARNSPERGER, Ethique de l’existence post-capitaliste.

 

Christian a essayé et là, à l’image de ses éloges pour l’organisation et la démarche du groupe Philosophie & Management (que j’approuve également) j’aimerais lui faire les mêmes éloges et les mêmes félicitations. Bravo ! Chapeau ! Respect !

 

Car vous n’avez pas fait ce que tous nos politiciens et conseillés de haut vol (Jacques ATTALI) maîtrisent à merveille à savoir l’électoralisme de bas étage, ou le corporatisme narcissique.

 

Comme vous avez si bien conclu cette séance de clôture, en reprenant la remarque d’un des derniers intervenants, ce débat était décevant, insipide et peu constructif.

 

Il valait cependant la peine d’y assister jusqu’à la fin, ne fusse que pour être au fait de l’état de la pensée dans ce milieu mais aussi et surtout pour vous entendre le conclure de la manière la plus régulière, sobre et puissante qui soit : « Eh bien… Malheureusement…J’ai bien peur que rien ne changera lundi, ni mardi, ni mercredi, ni jeudi… j’ose cependant espérer que les voix et consciences des plus jeunes parviendrons à faire entendre raison à tout ce qui a été dit dans cette salle et plus particulièrement par mes 2 voisins de table ! »

 

Parmi les propos du haut dignitaire BCG (Bruno Van Lierde, assis à votre gauche), j’ai retenu : « une entreprise n’est pas au service de la société, elle est au service de son client (…) Nous cherchons à satisfaire les besoins de nos clients». Il n’a évidement pas précisé que dans notre économie d’abondance (offre supérieure à la demande), l’entreprise se doit de consacrer un large part de son budget à la création des besoins souvent après commercialisation (la publicité est le deuxième budget mondial après l’armement). Et pour votre voisin de droite (Charles de Liedekerke), j’ai retenu : «ce qui compte pour une entreprise, c’est de réaliser ses objectifs, de rétribuer ses dirigeants et actionnaires et de gérer son budget de manière optimale (productive)».

 

Comme tous les grands pingouins margoulins présents au forum économique mondial de Davos, ils étaient bien sûr d’accord avec toutes les belles idées résumées par le cycle de conférences de Philosophie & Management. « Plus de limites, bien sûr ! Plus de liens, évidemment ! La finalité, toujours !  La transition, mais elle est au cœur même de l’entreprise ! ». Où est le problème finalement ? Ils étaient donc d’accord MAIS dans les limites du « capitalistiquement » admissible. D’accord selon leurs critères, leur système de valeur, leur mode de pensée… Un mode de pensée centré sur la maximisation du capital que vous dénoncez pourtant si bien dans votre livre et sur votre blog TRANSITION ECONOMIQUE.

 

Les deux intervenants disaient être d’accord sur une nécessaire réglementation financière, d’adopter des monnaies complémentaires ou d’avoir une charte plus éthique. Mais tout cela dans le même cadre et paradigme capitaliste au service du profit et non de l’homme. Aucun ne pensait en terme sociétal, en terme de rétribution égalitaire ou de gestion décentralisée…

 

Maintenant qu’il est au pied du mur, le monde du management commence à s’inquiéter des externalités (dommages environnementaux) et des terribles dérives financières qui menacent l’entreprenariat. S’il reste capitaliste, il ne tentera jamais de corriger les internalités (dommages sociaux - Cfr. texte principal du blog de Christian ARNSPERGER) car elles sont la raison d’être du capitalisme. La pratique officielle d’un outil comme le NAIRU n’en est-elle pas la plus belle représentation ?

 

Mais les Managers ne sont pas plus à blâmer que les Syndicats qui se sont tant et largement mobilisés pour Copenhague et absolument pas pour la Grèce ! Il y a bien quelques déclarations de rage et de haine comme moi sur ce blog mais aucune manifestation. Cette absence de solidarité est symptomatique et révélatrice de la cause structurelle et systémique de la crise des crises que nous vivons. Copenhague ou la révolte du peuple grec, c’est LE MÊME COMBAT !

 

L’absence de mobilisation solidaire face à l’injustice grecque est affligeante. C’est toute une nation qui est mise sous tutelle d’un monopole bancaire et financier carnassier. S’il n’en était pas ainsi dans la manière de traiter l’homme, il n’en serait clairement pas ainsi dans la manière de traiter la nature. Les deux comme le cosmos ne font qu’un.

 

Ce n’est donc pas encore de ces homme là (Les grands Managers) qu’il faut attendre un réel changement. Certains managers de cette trempe existent mais ils ne faisaient, à l’évidence, pas partie de vos interlocuteurs. Surtout ne vous découragez pas ! La route est longue, les impasses, trappes et sournoiseries, nombreuses ! Même au sein des mieux intentionnés d’entre nous. « L’enfer est pavé de bonnes intentions ».

 

Mais encore une fois, bravo et merci. Merci pour votre engagement, votre force de parole et surtout vos convictions qui ne se maquillent pas en fonction de la couleur de votre auditoire !


 

 



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