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24 novembre 1859, première édition anglaise du texte révolutionnaire : « L’origine des espèces »

mercredi 25 novembre 2009, par Claude Thayse

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Voir en ligne : http://www.claude-thayse.net/articl...

A une époque où on assiste à une nouvelle montée de certains discours intégristes religieux, il n’est pas inutile de rappeler l’apport essentiel de cette contribution à la connaissance du monde. A lire et à relire.
 

Même si les religieux (catholiques, musulmans etc…) instruits ne s’opposent plus (trop) à la théorie évolutionniste, il est évident que les religions et les sciences apportent des réponses fondamentalement différentes à nos origines. Pas simple pour les professeurs de biologie, en effet, d’enseigner aujourd’hui la théorie de l'évolution - même démontrée par les faits depuis longtemps - de Darwin à des élèves dont les convictions religieuses prônent le créationnisme.

 

Ce débat contradictoire entre connaissances et croyances n’est pas prêt d’être réglé parce que –si on observe bien et la phrase d’introduction du paragraphe précédent le sous-entend - derrière ce constat s’en cache un autre plus crucial sur lequel, s’il y a bien prise de conscience, il n’y a pas de consensus sur la priorité à y mettre, une question sociale d’égalité à l’accès à un enseignement précoce de qualité. C’est donc un choix de société. Pour des raisons budgétaires, d’électoralisme (le pacte scolaire et le gaspillage de la multiplication des réseaux) et/ou d'idéologie (voyez comme on a dénaturé les cours d'Histoire ou de géographie...) on a finalement essayé l’ignorance et le laxisme. Il va y avoir du boulot pour redresser ça ! S'il n'est pas déjà trop tard...

Si on introduisait déjà un cours de philosophie pour tous les élèves. Comme une ouverture des esprits sur le monde ? Après tout, la religion doit rester une chose privée, non ?

 

Quand Pasteur entrait dans son laboratoire, il disait qu'il « laissait sa religion au portemanteau »... et Darwin a toujours insisté sur le fait qu'il était agnostique et n'avait jamais été athée.

Ecoutons le : « la Science n'a rien à faire du Christ (*), tout au plus l'habitude de la recherche scientifique rend un homme prudent quand il s'agit d'admettre une évidence. Personnellement, je ne crois pas qu'il y ait jamais une révélation. Au sujet d'une vie future, chacun doit juger pour lui-même entre des probabilités vagues et qui se contredisent. »

 

Connaissances et croyances, deux mondes qui ne sont pas destinés à se rencontrer sous peine de schizophrénie, mais qui peuvent suivre des voies séparés pour le bien de l’humanité… en attendant mieux !

 

(*) Darwin, élevé dans un milieu anglican avait pensé embrasser une carrière ecclésiastique… Lui aussi a évolué en fonction des aléas de sa vie.



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Les derniers commentaires

  • 24 novembre 1859, première édition anglaise du texte révolutionnaire : « L’origine des espèces »

    par Michel THYS (IP:xxx.x09.110.123) - 25 novembre 2009 23:51

    Mais pourquoi sont-ils créationnistes ?
    Ont-ils vraiment choisi de l‘être ?



    La remarquable étude du CNRS à propos de l’évolutionnisme et du créationnisme
    http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/dose..., aussi complète soit-elle, n’aborde pas la question de savoir pourquoi les créationnistes sont manifestement imperméables à toute argumentation rationnelle et scientifique.
    Il est vrai qu’à notre échelle moins que centenaire, il est difficile, et même quasi impossible, de se représenter une durée aussi longue que des millions d’années et donc le temps qu’il a fallu pour que la vie apparaisse à la suite de la chute d’une météorite, qu’elle se diversifie et quelle évolue, par adaptations, complexifications et mutations successives et aléatoires jusqu’à l’être humain.
    A fortiori, on peut comprendre que le génome, les prodigieuses capacités du cerveau humain, etc … paraissent inconcevables à certains sans l’intervention (ex nihilo , ? !) d’un « grand architecte » anthropomorphique et « créateur de l’homme à « Son » image ».
    Il y a aussi l’orgueil qui empêche les croyants d’admettre que l’être humain fait partie du règne animal, persuadés qu’ils sont d’avoir une relation privilégiée avec Dieu …



    La croyance créationniste, comme réponse immédiate et sécurisante à l’incertitude et aux lacunes actuelles des sciences, est d’autant plus compréhensible que, comme l’a dit avec raison, le pasteur évangélique Philippe HUBINON à la RTBF, :
    « S’il n’y a pas eu création, tout le reste s’écroule ! ». En effet, après l’âge d’environ 25 ans environ, il devient rare, voire impossible, d’encore parvenir à remettre en question ses options fondamentales, sans doute pour ne pas se déstabiliser, ou alors pour ne pas se désavouer. Certes « la science est tout simplement non intentionnée. Pour autant, elle n’est peut-être pas dénuée de conséquences vis-à-vis de la philosophie ».
    En effet, les observations des neurosciences, en particulier, loin de chercher à prouver l’inexistence de dieu, tendent néanmoins, me semble-t-il, à prouver son existence imaginaire et illusoire.



    Il ne faut évidemment rien attendre, si ce n’est a contrario, de certains pseudo scientifiques canadiens, largement financés par la Fondation chrétienne Templeton qui espère prouver scientifiquement l’existence de dieu !. C’est ainsi que, pour conforter en plus sa propre croyance, Mario BEAUREGARD notamment, a sérieusement cherché dans le lobe temporal droit l’antenne, le récepteur que dieu y aurait placé pour recevoir sa « Révélation » . ! Non seulement il a dû reconnaître qu’il n’y en a pas, puisque tout le cerveau est concerné par l’attitude religieuse, mais il occulte totalement l’influence éducative et culturelle de l’éducation religieuse. Et pour cause puisqu’ il en a lui-même été une victime (inconsciente) ...



    Est-il possible d’émettre des hypothèses explicatives, fussent-elles définitivement très partielles, sur l’origine et la fréquente persistance de la foi, même chez des scientifiques, par ailleurs souvent éminents ? Il n’est bien sûr pas question de vouloir simplifier ou réduire l’extraordinaire complexité du psychisme humain, et en particulier le phénomène religieux, à des « mécanismes » psycho-neuro-physio-génético-cognitivo-éducatifs. Mais cette nouvelle approche permet déjà, à mes yeux, de relativiser la part de liberté individuelle.
    Comme l’a écrit le neurobiologiste Henri LABORIT : " (...) Je suis effrayé par les automatismes qu’il est possible de créer à son insu dans le système nerveux d’un enfant. Il lui faudra, dans sa vie d’adulte, une chance exceptionnelle pour s’en détacher, s’il y parvient jamais.(...) Vous n’êtes pas libre du milieu où vous êtes né, ni de tous les automatismes qu’on a introduits dans votre cerveau, et, finalement, c’est une illusion, la liberté ! ». Finalement, ce qui importe, ce n’est pas tant CE que l’on pense, mais POURQUOI on le pense.



    C’est un fait d’observation sociologique : statistiquement, la liberté de croire ou de ne pas croire est souvent compromise, à des degrés divers, par l’imprégnation de l’éducation religieuse familiale, forcément affective puisque fondée sur l’exemple et la confiance envers les parents, et confortée par l’influence d’un milieu culturel, unilatéral puisqu’il exclut toute alternative laïque non aliénante et qu’il incite, à des degrés divers, à la soumission à une Vérité exclusive et dès lors intolérante. L’éducation coranique en témoigne hélas à 99,99 %.



    La soumission religieuse s’explique : comme l’avait déjà compris Desmond MORRIS, en 1968, dans « Le Singe Nu », Richard DAWKINS estime, dans « Pour en finir avec dieu », que du temps des premiers hominidés, le petit de l’homme n’aurait jamais pu survivre si l’évolution n’avait pas pourvu son cerveau tout à fait immature de gènes le rendant dépendant, et totalement soumis à ses parents (et donc plus tard à un dieu … !).



    Dès 1966, le psychologue-chanoine Antoine VERGOTE, alors professeur à l’Université catholique de Louvain, a montré, sans doute à son grand dam, qu’en l’absence d’éducation religieuse, la foi n’apparaît pas spontanément, et que la religiosité à l’âge adulte en dépend. Son successeur actuel, le professeur Vassilis SAROGLOU, le confirme. Ce nouveau mécanisme de défense, animiste du temps des premiers hominidés, n’est apparu que grâce à la capacité évolutive du seul cortex préfrontal humain, à imaginer , grâce au langage et par anthropomorphisme, un « Père protecteur, substitutif et agrandi » , fût-il de nos jours qualifié rationnellement de « Présence Opérante du Tout-Autre »,(A. Vergote).



    Comme on pouvait le prévoir, des neurophysiologistes ont constaté que chez le petit enfant, alors que les hippocampes (centres de la mémoire explicite) sont encore immatures, les amygdales (celles du cerveau émotionnel) sont déjà capables, dès l’âge de 2 ou 3 ans, de stocker des souvenirs inconscients (donc notamment ceux des prières, des cérémonies, des comportements religieux des parents, …, sans doute reproduits via les neurones-miroirs du cortex pariétal inférieur. Ces « traces » neuronales, renforcées par la « plasticité synaptique », sont indélébiles …
    L’ IRM fonctionnelle confirme que le cortex préfrontal et donc aussi bien l’esprit critique que le libre arbitre ultérieurs s’en trouvent anesthésiés à des degrés divers, indépendamment de l’intelligence et de l’intellect, du moins dès qu’il est question de religion.



    On comprend que, dans ces conditions, certains athées comme Richard DAWKINS, ou certains agnostiques, comme Henri LABORIT, au risque de paraître intolérants, aient perçu l’éducation religieuse précoce, bien qu’a priori sincère et de « bonne foi », comme une malhonnêteté intellectuelle et morale. Bien que les religions, et a fortiori leurs dérives (guerres religieuses, inégalité des femmes, excisions, …) soient plus nocives que bénéfiques à tous points de vue, il va de soi que la foi restera toujours un droit élémentaire, mais d’autant plus respectable qu’elle aura été choisie en connaissance de cause, plutôt qu’imposée.



    Michel THYS à Waterloo. michelthys@base.be http://michel.thys.over-blog.org

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