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Ce n’est pas parce que je suis Bruxellois et que je ne suis pas d’accord avec les vues de Bart De Wever sur Bruxelles que je ne peux pas analyser sa note dans son volet socio-économique en essayant d’être objectif.
Lorsque l'on considère qu'un événement a 5% de chance de se produire, cela veut dire que cet événement ne se produira pas statistiquement.
C'est par exemple le cas des sondages où l'on définit les intervalles de confiance à "95% de probabilité", ce qui implique que l'on considère la possibilité que le résultat réel se trouve en dehors de cet intervalle comme improbable. Or Elio Di Ripo avait annoncé que sa note avait entre 5 et 10 % de chances d'être acceptée. Autrement dit, Elio Di Rupo a écrit une note dans laquelle il ne croyait pas. La stratégie de communication me laisse pantois. Quand on veut négocier, on présente sa proposition comme étant "une proposition qu'il est impossible de refuser" pour bien montrer que l'on a fait le maximum. Si la note du (dernier en date) formateur est détaillée et fait plus de 100 pages, la réponse de Bart De Wever est bien plus courte. C'est évidemment plus facile de critiquer que d'écrire une note. Bien sûr il est plus facile aussi de se laisser entraîner dans le flot des commentaires, sur base de rumeurs ou d'interviews, sans lire les notes et surtout sans faire preuve de sens critique. Jouer l'avocat du diable revient-il à diaboliser la personne que l'on défend? C'est à mon corps défendant que j'analyse la réponse de Bart De Wever. Parce que je suis Bruxellois et donc ne peux être d'accord avec sa vision d'annexion de Bruxelles à la Flandre. 0. 13 points dans la note d'Elio Di Rupo,5 dans la réponse de Bart De Wever Rien que dans la forme, la différence de vision des deux hommes est perceptible. Elio Di Rupo fait une liste de mesures, sans qu'il soit possible (en tout cas facilement) de distinguer les objectifs sous-jacents et la vision à long terme. 1.Au niveau budgétaire
Outre une analyse qui veut démontrer que les efforts ne sont pas équitables entre les Régions et Communautés (Bart De Wever doit être fidèle à ses promesses électorales), deux points sont relevés de manière judicieuse, à mon avis.
D'abord la répartition entre la réduction des dépenses et les nouvelles recettes est la pire d'Europe:
Ensuite cet effort est supporté par deux catégories de personnes qui sont les moteurs de l'économie: les entreprises et les ménages qui travaillent et épargnent. On peut dès lors se demander comment Elio Di Rupo espère créer 250.000 emplois avant 2015 alors qu'il décourage les moteurs de création d'emplois. 2. Le socio-économiqueIl est clair que la situation exige des réformes courageuses et rapides. Or, malgré l'effet d'annonce ("parler du chômage et des pensions ne sont plus des tabous"), il est tout de même difficile de ne pas être d'accord avec Bart De Wever quand il compare les durées des allocations de chômage en Europe (illimitées en Belgique, 2 ans au Danemark et 5 mois à Malte...) De même, Bart de Wever relève bien que le relèvement de l'âge anticipé mettra 30 ans pour passer de 60 à 65 ans (2 mois par an) Tant qu'à briser les tabous, on aurait pu espérer plus de courage... De plus, Bart De Wever pose la question "est-ce à l'Etat de s'immiscer dans la vie des entreprises pour limiter le montant de la rémunération variable, pour limiter les différences de salaires, etc?" Poser la question, c'est y répondre... 3. Loi de financement et autonomie des Régions Ce sujet étant principalement politique, je ne commenterai pas. 4. Réforme de l'EtatLes remarques de Bart De Wever sont une fois encore pertinentes concernant la réforme des soins de santé qui fait des choix liberticides. Ou encore dans son évaluation du peu de changement dans la gestion réelle et volontaire des dépenses en sins de santé ou de chômage. 5. BHV et BruxellesDe "hamvraag", sans aucun doute.
En conclusion, Bart De Wever remet la note d'Elio Di Rupo en question, pas seulement pour des raisons communautaires ou nationalistes. Dire que les points de vue économiques entre les socialistes et les "libéraux" sont inconciliables est une injure à la vérité. Plusieurs pays "socialistes" ont pris des mesures parce qu'ils se rendent compte que pour distribuer des richesses, il faut d'abord permettre de les créer. C'est donc bien le "socialisme vu par le PS belge" qui pose problème. Et parce que jamais un Etat n'a créé de richesses. Et pas seulement parce que ce n'est pas son rôle. Mais il y a des Etats qui ne détruisent pas de richesses. Et les autres.
Xavier Guyaux Laisser un commentaire |
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