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Voir en ligne : http://michelgheude.skyrock.com/266... Que nous apprend la dernière de ces petites chasses à l'homme dont la société médiatique est friande, « l'affaire Mitterrand » ? C'est d'abord une question de littérature. La littérature française tourne désormais le dos à l'Histoire. Il ne s'agit plus pour elle d'user de la fiction romanesque pour dire du monde ce qui n'en est pas encore dit. Elle s'est recentrée sur le récit, souvent narcissique, d'expériences personnelles plus ou moins autobiographiques : enfance, inceste, homosexualité, adultère, perte d'enfant, handicap, famille etc. Ce faisant, elle s'est éloignée du genre roman, qu'elle abandonne à la littérature de divertissement, et s 'est rapprochée du document et du témoignage, avec lequel, noblesse oblige, elle refuse néanmoins de se confondre. Frédéric Mitterrand a bien décrit ce glissement dans son entretien avec Laurence Ferrari : La Mauvaise vie n'est pas un roman. Mais ce n'est pas une autobiographie. Son statut est « vague ». On comprend que n'étant pas « vraiment » de la fiction, ce genre de littérature suscite la question du vrai et du faux. Evidemment, c'est peine perdue : les questions des journalistes tentent en vain d'éclaircir ce qui ne peut pas l'être. Car si ce n'est pas du roman, c'est quand même de la littérature. Et toute l'affaire montre, une fois de plus, que la littérature reste socialement illisible. La Mauvaise vie, bien que largement couvert par tous les médias il y a quatre ans à peine, n'a été lu par personne. Et les journalistes qui couvrent aujourd'hui « l'affaire » avouent ne pas l'avoir lu davantage que les politiques moralisateurs qui s'offusquent à droite et à gauche. Le sens de la non lecture, ce que précisément, la littérature a pour raison d'être de dévoiler, c'est la bêtise, disons l'impensé, à l'œuvre dans toute société. C'est la haine de la liberté. C'est la mise à mort de tout ce qui questionne le corps social comme corps. C'est, en un mot comme en cent, le Mal. Que l'attaque soit venue de la droite extrême qui n'est que l'expression politique des nausées du corps social, rien que de plus normal. Que de jeunes leaders socialistes aient repris la balle au bond, c'est par contre un signal qu'il est urgent d'entendre : à gauche, l'abject n'est plus tabou. Le signifiant Mitterrand a magnifiquement précipité ce petit condensé rouge-brun. Le président a tenté d'usurper le nom, la Lepeniste de le salir, les socialistes de s'en décoller. La nomination et le supplice du neveu ne sont que de malheureuses tentatives de mise à mort de l'oncle dont la stature historique surplombe. De même qu'elle ne sait pas lire, la présentatrice de TF1 ne sait pas entendre. Elle n'est pas en cela plus cruche que la plupart d'entre nous. Elle est là pour lyncher avec les lyncheurs et fait son travail comme il faut. On voit bien, à la voir, qu'ils « ne savent pas ce qu'ils font ». Elle est, comme n'importe quel gardien de camp, d'une parfaite « bonne foi » et ne comprend vraiment pas pourquoi Frédéric soudain lui dit que ses questions sont ignobles. Les derniers commentairesLaisser un commentaire |
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