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Lors de la rencontre de 60 élèves avec des femmes et des hommes politiques, une élève m’a fait la réflexion "Ces personnes se rendent-elles compte que nous sommes là, quand elles parlent "d’immigrés"
Cette réflexion m'a fait réfléchir. Ai-je des immigrés dans mes classes? Je me suis posé la question: "Ai-je des immigrés dans mes classes" Parce que cette question, je ne me la suis jamais posée. Dans ma classe, j'ai des élèves travailleurs, d'autres vifs d'esprit, d'autres avec une capacité de conceptualisation élevée, d'autres encore avec un sens pratique prononcé. Mais ai-je des immigrés? Je commence alors à faire la liste de mes élèves. Bon Ahmed doit être un "immigré", mais Sylvia? Et puis un élève avec un prénom "exotique" mais qui est né en Belgique, dont les parents sont nés en Belgique sont-ils encore des "immigrés"? Je préfère ne pas discriminer mes élèves parce qu'ils ont le malheur de vivre dans un "quartier bien" Je préfère donc ne pas commencer à discriminer mes élèves sur des critères injustes. En effet, le décret Inscription désavantage l'élève qui habite un quartier dont l'indice socio-économique est élevé, alors que l'élève lui-même fait peut-être partie d'une famille défavorisée. De même l'élève qui est inscrit dans une école avec un "indice élevé" n'aura pas le même soutien que son voisin qui est lui inscrit dans une école à "indice faible". "M'asseoir à côté de vous et pleurer avec vous ou vous donner cours pour vous rendre meilleur que les autres?" Je me rappelle une autre réflexion d'un autre élève, en Promotion Sociale. Chauffeur de bus, cet élève voulait réorienter sa carrière et suivait des cours de Marketing. Lors d'une discussion, cet élève m'apostrophe "Vous ne vous rendez pas compte à quel point c'est difficile pour nous de trouver un emploi avec le nom que l'on porte". C'est vrai, j'ai évidemment oublié de spécifier que cet élève s'appelait Mohamed... Mon combat: former pour contrebalancer les préjugés Mon combat ne sera jamais celui-là. le CV anonyme, les quotas et autres aspirateurs de voix aux prochaines élections sont contreproductifs. Mais mon combat est et sera toujours de former ces jeunes et ces moins jeunes. A des savoirs, certes, mais surtout à des attitudes. Je suis satisfait lorsque mes élèves se prennent en mains, arrêtent de "demander plus" parce qu'ils sont immigrés, femmes, gros, etc. Et qu'ils luttent pour devenir meilleurs que les autres dans leur domaine, quel qu'il soit. "Je vous engage parce que vous acceptez de marcher une demi-heure" Je terminerai pas une autre victoire, choisie parmi tant d'autres. Laisser un commentaire |
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