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Ambivalence ou ambiguïté : les paradoxes de l’éolien industriel

lundi 27 octobre 2008, par guido

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Le lobby éolien entretient savamment la confusion entre KYOTO 1 (réduction des gaz à effet de serre) et KYOTO 2 (quotité de renouvelable), en faisant croire à l’ambivalence de l’éolien industriel, alors qu’il s’agit d’une énorme ambiguïté.





Très rapidement quelques chiffres : les émissions de CO2 imputables à la production d’électricité en Belgique représentent grosso modo 15% du total. La production éolienne représentant 2% de l’ensemble des vecteurs de production d’électricité, la potentialité de réduction des GES est donc de trois millièmes de l’ensemble des émissions. Mais tous les énergéticiens savent que cette valeur théorique doit être corrigée à la suite de l’intermittence et de ses corrections en matière de back-up thermique. Ni le nucléaire, ni l’hydraulique ne sont capables d’intervenir rapidement. Rappelons qu’en vertu de la loi de Betz une chute de la vitesse du vent de 10% se traduit par une chute de la production de 30%. Seul le thermique (TGV, gaz, fuel, charbon) peut fournir une correction instantanée avec pollution consécutive (de 456 à 1000 gCO2/KWh). Les études européennes montrent que, pour l’ensemble de la production décentralisée d’origine éolienne, la quotité de thermique en stand-by varie de 5% à 29% (dépendant du taux de pénétration de l’éolien). Même à du 5%, le pouvoir dépolluant de l’éolien descend à moins de vingt-neuf dix millièmes. Mais il y a également la dynamique de l’intervention et la variation brutale du taux de charge du back-up thermique. C’est un peu comme la consommation d’une voiture, qui, sur autoroute, est de 6l/100km et qui en cas d’accélération brutale monte à du 20l/100km. Même si cette dynamique chaotique ne cause que 30% d’augmentation des GES, le résultat sur le pouvoir dépolluant de l’éolien se réduit à moins de vingt dix millièmes !
 
Rappelons tout simplement, sans se perdre dans des chiffres toujours discutables, que l’effet d’un dimanche sans voiture tous les mois, représente une réduction de GES quatre fois supérieure à celle des parcs éoliens belges en une année !
 
On ne peut donc pas parler d’un apport significatif de l’éolien industriel en matière de réduction des GES.
 
En revanche, le second volet de l’ambivalence éolienne est bien réel. Pour qu’en 2020 nous atteignions notre quota de consommation de renouvelable (pas de production, mais de consommation !) de 13%, l’éolien a donc un rôle à jouer puisque la biomasse est relativement limitée, le photovoltaïque pas encore suffisamment entré dans les mœurs, et l’hydraulique plafonne. On a donc intérêt à un développement éolien « efficace », c.à.d. offshore, et non une prolifération anomique on-shore comme en Wallonie. Citons le Ministre Paul Magnette : « "Vu les limites du potentiel de développement de l’éolien sur terre, tant en Région flamande qu’en Région wallonne, le Plateau Continental belge (de compétence fédérale) offre un potentiel important pour l’implantation de parcs éoliens offshore. Le développement attendu de l’éolien offshore jouera un rôle important dans le développement global des énergies renouvelables en Belgique… ». Le seul développement éolien intelligent est donc l’off-shore.
Il est attristant de constater qu’à la suite de la perfidie de l’intox du lobby éolien, des citoyens de bonne foi croient encore que l’éolien industriel joue un rôle important en matière de réduction de GES (c’est faux !) et qu’il faut faire le sacrifice d’en admettre chez soi (c’est faux !).
 
Au-delà des seuls jugements subjectifs quant à l’esthétique d’une éolienne, il convient d’analyser son effet paysager et sociétal, sachant que nous vivons dans un état de droit où le citoyen est sensé être respectueux des lois et décrets. Il y a tout d’abord la Convention de Florence sur le Protection du Paysage. Toute implantation éolienne doit être évaluée eu égard à cette Convention, qui a été ratifiée par le Parlement wallon et implémentée en droit wallon. Ensuite le CWATUP, et la jurisprudence en matière d’aménagement du territoire.
 
Citons quelques éléments de cette jurisprudence : « Considérant, quant à l’impact visuel du projet, qu’il convient de rappeler que l’article 1er du CWATUP impose à la Région wallonne de veiller, dans le cadre de ses compétences, à la conservation et au développement du patrimoine culturel, naturel et paysager ;
 
Ou encore : « Considérant, …que de plus, la Région a ratifié, le 20 décembre 2001 la Convention européenne du Paysage, laquelle impose également, notamment, de prendre en considération la dimension paysagère de toute demande de permis… »
 
Ou encore : « Considérant, en conclusion, que le parc projeté ne peut être autorisé du fait de la pression qu’il exercerait sur le paysage en cause, caractéristique du Condroz et de qualité ; que la condition de respect, structuration ou recomposition des lignes de force du paysage énoncée à l’article 127, § 3 du CWATUP n’est pas remplie en l’espèce et que la dérogation au plan de secteur ne peut dès lors être octroyée »
 
Citoyens respectueux des lois et décrets, nous entendons que les promoteurs éoliens et les décideurs le soient également !
 
Faut-il rappeler que L’Académie française des Beaux-Arts juge, dans un "Livre Blanc" remarquable (2007), après consultations, que les éoliennes sont en "contradiction avec la tradition française d’harmoniser l’architecture avec le paysage".
Afin de "prendre part aux débats" sur les éoliennes, l’Académie a décidé de constituer un groupe de travail dirigé par Michel Folliasson, membre de sa section Architecture et composé d’Académiciens et d’experts français et étrangers. Elle conclut que "la confrontation de ces machines de 150 m de haut (...) avec les sites remarquables et les paysages de qualité est difficilement acceptable".
L’Académie demande, dans une lettre transmise fin octobre 2007 au Président de la République, de les interdire "dans les zones les plus sensibles" dont elle doit elle-même publier la liste et que, dans tous les cas, les autorités procèdent avant implantation à une consultation démocratique des populations concernées.
Nous avons tous une responsabilité commune dans la manière dont nous gérons notre environnement. Si « développement durable » est un concept respectable, celui d’« environnement durable » l’est tout autant. Que penseront les générations futures d’un environnement mutilé à la suite de la déstructuration des paysages, causée par les éoliennes, dans notre belle Wallonie ?
 
La controverse au sujet des nuisances sonores est un bel exemple de l’adage léninien : mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose. C’est ce qu’applique assidûment le lobby éolien : « les éoliennes ne font pas plus de bruit que le doux murmure d’une petite rivière ».
 
Depuis 2002, l’expérience acquise en Belgique et dans les pays voisins a permis de voir plus clair dans certains aspects, et non des moindres, de l’incidence des éoliennes sur l’environnement en général et la santé des personnes en particulier. Le Cadre de Référence estime, dans son résumé des orientations reprises, au point 5 qu’à une distance de 350m il n’y aurait aucun impact au niveau du bruit[1].
 
A un moment où les maladies environnementales commencent enfin à être étudiées méthodiquement et que l’on y constate l’omniprésence du bruit (avions, camions, motos, voitures, machines, etc.) le rapport de l’Académie française de Médecine (23 mars 2006) vient à point nommé pour révéler l’apport de l’éolien dans les nuisances sonores[2]La conclusion de ce travail de groupe est de recommander fortement qu’aucune éolienne ne soit implantée à moins de 1500m d’une habitation.
 
On peut donc estimer que la norme du Cadre de Référence est singulièrement dépassée, plus particulièrement en ce qui concerne les grandes éoliennes. La pollution sonore, infrasonore et stroboscopique et visuelle (flashes de balisage puissants) causée par les éoliennes que l’on implante un peu partout en Wallonie et dont la presse parle abondamment, engendre les maladies environnementales dont les symptômes sont désormais bien connus : gênes visuels, bourdonnements, insomnies, irritabilité, maladies dégénératives ou auto-immunes, allergies, syndrome de fatigue chronique...
 
Une très récente, mais fort médiatisée thèse de doctorat néerlandaise[3] sur les nuisances sonores d’origine éolienne, explique scientifiquement l’importante augmentation du bruit nocturne des grandes éoliennes. Alors qu’au ras du sol, et à 10m de hauteur, il n’y a pas de vent, des phénomènes météorologiques complexes font qu’il y en a à 100m de hauteur générant des nuisances sonores d’autant plus gênantes que le bruit ambiant diurne fait défaut. Ces bruits justifiaient les doléances des riverains jusqu’à deux km du parc. Parmi les conclusions de cette thèse nous pouvons lire « …eu égard au bruit des aérogénérateurs on peut affirmer qu’un phénomène important a été ignoré : celui du changement du vent après le coucher du soleil. Ce phénomène sera de plus en plus important compte tenu de la taille croissante des éoliennes et de la multitude des projets de parcs éoliens. Si ce phénomène n’est pas reconnu et résolu, il risque d’entraver sérieusement le développement de l’énergie éolienne ».
 
Un rapport récent (juillet 2006) de la UK Noise Association (Stewart, 2006) et qui intègre les résultats de la Première Conférence Internationale sur le Bruit Eolien de Berlin (octobre 2005), rejoint les conclusions de l’Académie française de Médecine et émet comme principale recommandation :
 
It would be prudent that no wind turbines should be sited closer than 1 mile away from the nearest dwellings. This is the distance the Academy of Medicine in Paris is recommending, certainly for the larger turbines and until further studies are carried out. There may even be occasions where, a mile is insufficient depending on the scale and nature of the proposed development.
 
En réponse à une lettre datée du 2 novembre 2006 (copie ci-annexée), attirant l’attention de Monsieur le Ministre Antoine sur les études récentes en matière de nuisances sonores, et du caractère obsolète de la norme de 350m, ce dernier nous a répondu en date du 20 décembre 2006 .
« Des études d’enquêtes de proximité ont été réalisées auprès de 4 parcs en fonction, tant sur des aspects paysagers qu’acoustiques et il en résulte qu’il n’y a pratiquement plus de nuisances perçues au-delà de 800 mètres ».
 
Il convient de signaler que les 4 parcs de référence concernent des petites éoliennes et non des aérogénérateurs de 152m de haut comme ceux qu’on tente d’implanter en Wallonie.
 
Plus près de chez nous, le Journal (belge) du Médecin d’Avril 2008 titrait :
 
« Selon plusieurs études, les parcs éoliens industriels ne sont pas sans effet sur la santé des riverains, jusqu’à une distance de deux kilomètres. Des médecins tirent la sonnette d’alarme »
 
Dans ce Journal, le cardiologue belge Marc Goethals (OLV-ziekenhuis Aalst), suivant de très près la problématique des nuisances nocturnes affirme :
 
 « Le fait que, dans notre pays, on peut construire des éoliennes à une distance aussi proche des habitations est franchement délirant ». 
La désormais célèbre pédiatre américaine Nina Pierpont[4], qui s’est spécialisée dans l’ensemble des effets néfastes sur la santé que provoquent les éoliennes et qu’elle appelle le « wind turbine syndrome » a conclu, devant le New York State Legislature Energy Committee en date du 7 mars 2006 que le respect d’une distance de 1,5 miles était nécessaire pour protéger la santé des citoyens contre les effets pervers de l’éolien industriel :
« To recapitulate, there is in fact a consistent cluster of symptoms, the Wind Turbine Syndrome, which occurs in a significant number of people in the vicinity of industrial wind turbines. There are specific risks factors for this syndrome, and people with these risk factors include a substantial portion of the population. A setback of 1.5 miles from homes, schools, hospitals, and similar institutions will probably be adequate, in most NY State terrain, to protect people from the adverse health effects of industrial wind turbines.  »
 
Le prix à payer pour une modernité, douteuse par ailleurs, est peut-être inéluctable en ce qui concerne le bruit des avions et les ondes électromagnétiques des GSM, mais pas pour les éoliennes. Qu’on les mette en mer !
 
Sur le plan micro-économique, l’éolien industriel s’avère être un maître-achat de placement financier, certes, mais battant également tous les records d’absence d’éthique. Grâce aux certificats verts (CV), financés par un prélèvement sur la facture d’électricité des citoyens, et aux subsides multiples financés par la Région, le taux de rentabilité interne d’un projet éolien, sur 20 ans, est de 34%, au départ d’un apport de 25% de l’investissement et de 75% d’emprunt. Sur le marché correspondant, le prix actuel du CV est d’environ 92euros. Le producteur éolien reçoit donc, pour chaque MWh produit, une somme de 92 euros (CV) plus 15euros (prix payé par le distributeur). Une éolienne de 2MW (investissement : 2Meuros) à taux de capacité de 2000h/an garantit donc un cash-flow de 4000 x 107 = 0,428 Meuros/an. Au bout de 4,67 ans ce flow correspond à la valeur l’investissement. Aucun projet industriel n’a un tel return on investment.
 
Pas étonnant alors de voir apparaître des sociétés coopératives d’éoliennes citoyennes, qui font de la concurrence aux promoteurs habituels, et qui peuvent souvent compter sur solidarité d’une émanation de la commune ou d’une intercommunale.
 
Ces coopératives citoyennes promettent un revenu de 6% pendant 10 ans (à comparer avec le taux de rentabilité interne de 34% !). Comme la part sociale est de l’ordre de 500euros/sociétaire, pour un investissement de 10 éoliennes de 2MW, il faut réunir le quart de la somme, à savoir 5 Meuros. Comme on ne trouve pas toujours 10000 citoyens coopératifs, on fait appel à la commune. Ce qui est totalement répréhensible et anti-démocratique car amplifiant le clivage social. Alors que beaucoup de concitoyens ne savent plus payer leur note d’électricité, d’autres (les sociétaires de la coopérative) s’enrichissent sur leur dos avec la lamentable complicité de la commune ! Ce serait donc vrai ce qui disait le politologue allemand, qu’on vit dans une démocratie sans démocrates ?
 
Nous dénonçons avec véhémence l’attitude laxiste du Ministre Courard en cette matière. Ce dernier estime que « Le gouvernement wallon est sensible à la participation et à l’intégration des citoyens à ces projets. Des bénéfices intéressants peuvent en être retirés dont notamment en termes de participation citoyenne à des projets de production d’énergie propre (ouverture du capital à la commune ou aux citoyens) ». Cette réponse est intervenue à la suite d’une plainte introduite au sujet du comportement excessif du collège communal de Ciney qui, eu égard à un avant-projet éolien sur Ychippe-Reux non seulement faisait appel aux citoyens candidats sociétaires à qui elle promettait des ristournes sur la facture d’électricité, mais s’est également rendu coupable de rupture de neutralité dans une procédure de demande de permis unique en cours où elle n’est pas le demandeur. En vertu des dispositions du décret du 11mars 1999 la Commune doit, en toute indépendance, donner un avis sur le projet, compte tenu des résultats de l’enquête publique. Comment peut-on, dès à présent, alors qu’aucune enquête publique n’a encore eu lieu, anticiper sur un avis positif de la commune et de la décision des autorités compétentes ? C’est un délit de démocratie que d’ignorer la volonté des cinaciens en annonçant indirectement que l’avis de la commune sera positif, puisque c’est la condition sine qua non pour l’opération. Et le Ministre Courard de conclure : « j’estime qu’il n’y a pas eu transgression de l’éthique démocratique dans ce dossier ». Nul n’ignore que des communes ont été condamnées en justice pour avoir passé des commandes groupées de combustible au profit des citoyens. Et on trouverait normal qu’elle s’occupe de placements financiers groupés au profit de ses seuls citoyens nantis ?
 
Il serait donc indispensable que le gouvernement wallon fasse cesser ces ambiguïtés et ordonne à ses communes d’adopter une attitude digne et strictement neutre non seulement vis à vis des promoteurs usuels mais également vis-à-vis des coopératives citoyennes qui introduisent une demande de permis unique sans être sûr de disposer des capitaux coopératifs suffisants. Si des citoyens veulent marquer leur intérêt aux projets éoliens, qu’ils achètent des parts en bourse comme le disait si bien Air-Energy.


[1] Cadre de référence pour l’implantation d’éoliennes en Région wallonne. 18 juillet 2002. Résumé des orientations reprises, point 5.
[2] CHOUARD. CH (2006) "Le retentissement du fonctionnement des éoliennes sur la santé de l’homme". Rapport adopté le 14 mars 2006 (Séance ordinaire) - 14/03/2006
[3] van den Berg G.P. (2006). “The sound of high winds : the effect of atmospheric stability on wind turbine sound”. PhD Thesis. Rijksuniversiteit Groningen. The Netherlands).
[4] Nina Pierpont, MD, PhD (2008). “Wind Turbine Syndrome :A Report on a Natural Experiment”. Santa Fe, NM : K-Selected Books) 100pp.


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Les derniers commentaires

  • Nous avons besoin de l’éolien en Europe

    par CleanEnergy (IP:xxx.x69.24.156) - 28 octobre 2008 15:42


    - Des millions de batteries de voitures électriques (EV ou PHEV) en charge pendant les heures de pic de production éolienne permettent de stocker l’énergie. En période de pic de consommation, les batteries chargées d’énergie d’origine éolienne peuvent injecter de l’électricité sur le réseau (concept V2G, Vehicule to Grid) et en heure creuse de consommation, par exemple la nuit, les batteries se chargent. Le groupe danois DONG Energy concrétise actuellement ce concept en partenariat avec le groupe israelo-californien BetterPlace. Le Danemark produit 20% de son électricité à partir de l’éolien, une production décentralisée sur tout le pays, une technologie qui ne produit aucun déchet. Le rendement de "la prise à la roue" d’un véhicule électrique est de 86%, contre 20% pour un moteur thermique (essence, agrocarburant, etc.).



    L’éolien offre donc clairement à l’Europe la possibilité de réduire à la fois sa dépendance petrolière (dont la facture est lourde) et ses émissions de gaz à effet de serre dans les transports.



    - L’énergie éolienne peut être également stockée en recourant au pompage/turbinage (Station de Transfert d’Energie par Pompage, STEP, rendement : 70%), ceci permettant un lissage de la production. D’après l’association très pro-nucléaire Sauvons le Climat (elle devrait vraiment s’appeler "Sauvons le nucléaire", cela serait plus clair !) : "Depuis 1990, EDF exploite quatre STEP avec une puissance globale de 4 GW. Des plans existent depuis des années pour en créer quatre autres soit encore 4 GW ; de plus, les sites repérés permettraient d’ajouter encore au moins 4 GW portant de quatre à 12 GW la puissance des STEP." (Source, page 18) - Ces 12 GW de STEP peuvent être alimentées par 40 GW d’énergies renouvelables (mix énergie éolienne, énergie solaire et énergie des vagues), ce qui permettrait une baisse de la puissance nucléaire installée en France de 63 à 51GW (élimination progressive des centrales arrivant en fin de vie).



    - La connexion des fermes éoliennes via un réseau HVDC (3% de perte pour 1000km de transfert) permet d’assurer une génération électrique en base (Voir par exemple cette étude de l’Université de Stanford). Il y a en effet toujours du vent quelque part en Europe.



    - L’éolien est complémentaire aux autres énergies renouvelables. Par exemple, en Europe, il y a beaucoup de vent mais peu de soleil l’hiver, l’inverse en été (idem en Afrique du nord).



    - Le potentiel mondial de l’éolien est de 72 TW (Source : C. L. Archer and M. Z. Jacobson J. Geophys. Res. 110, D12110 ; 2005). La production électrique mondiale en 2007 : 18000 TWh (ce qui correspond à 40% de l’énergie totale consommée dans le monde), ce qui correspond à une puissance de 2 TW avec un facteur de capacité de 100%, soit 6 TW avec un CF de 33%.



    - L’impact surfacique des éoliennes est nul : il est possible de cultiver au niveau des fermes éoliennes.



    - Le temps de retour énergétique de l’éolien est de 6 mois. L’éolien est une énergie très propre.



    - L’énergie éolienne est une énergie renouvelable, vraiment durable.



    En Europe, et en France, nous avons besoin de l’éolien pour construire une économie durable

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    • Nous avons besoin de l’éolien en Europe

      par guido (IP:xxx.x11.244.80) - 28 octobre 2008 19:11

      OK, mais il faudrait revoir un peu la norme spatiale de l’on-shore.La densité de puissance nominale installée dans un champ d’éoliennes situé dans une zone favorable est de l’ordre de 8 MW par km², en moyenne. Le nouvel objectif belge (et non pas wallon !) de 13% de consommation au départ de renouvelables en 2020 a des conséquences importantes en matière d’environnement et d’urbanisme. Quelle sera la part de l’éolien industriel ? Des études menées sur le plan européen, il résulte qu’en 2020 l’éolien représentera avec son potentiel de 180GW sur les 380GW, 47% des E-SER. Dans l’hypothèse où l’on peut extrapoler ce taux pour la Belgique, l’éolien devra alors réaliser 6,1%. Malgré les efforts de réduction de la consommation, une extrapolation prudente de la consommation actuelle (85TWh/an) donne au moins 100TWh/an en 2020 A cela correspondent 6110GWh c.à.d. 1525 éoliennes de 2MW fournissant 4GWh/an chacune et occupant un espace de 38125ha, ce qui semble exclure toute poursuite du développement on-shore, mais pas de l’off-shore.



      C’est donc au développement off-shore qu’il faut donner la priorité, sachant que le rendement est meilleur, que le Bureau du Plan estime la capacité à plus de 30GW de puissance, que cela ne gêne personne, et que cela permettrait facilement de rencontrer le nouvel objectif belge.



      Dans un article remarquable par sa modération et sa pertinence, Juan de Hemptinne(Multiplication de projets éoliens en zone agricole ! Medium4you.be. janvier 2008) a rappelé les risques encourus par notre patrimoine paysager. Reprenons une des citations « Il y a là un vrai problème : si les projets éoliens se multiplient afin d’atteindre l’objectif énergétique, il existe un réel risque de simplification des paysages qui iraient à l’encontre de la qualité majeure des paysages...On voit deux raisons principales à l’effet de simplification. La première est que, spontanément, on prévoit d’implanter des éoliennes « à la campagne », le second est que les implantations d’éoliennes obéissent encore trop souvent à une logique technique où le paysage ne trouve pas la place qui lui revient. »(Jean-François SEGUIN, Paysages avec éoliennes, l’approche française, Les Cahiers de l’Urbanisme N° 52, Décembre 2004, p. 28)



      Pas de problème en off-shore !

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    • Nous aurons besoin de plus d’électricité en Europe

      par Luc (IP:xxx.x7.135.139) - 30 octobre 2008 00:55

      Votre commentaire est intéressant. En effet, jusqu’à présent le stockage de l’énergie électrique était un "presque tabou".
      De nouvelles perspectives existent dans ce domaine. Celles-ci conjuguées avec une interconnection des réseaux toujours plus grande, une décentralisation des sources et une diversification des méthodes renouvelables de production, diminue fortement le poid de l’argumentaire de Guido.
      Mais... ça c’est le futur.
      Actuellement, nous ne sommes pas dans ce nouvel équilibre et les mégawatt éoliens installés ne sont pas encore compensés par du renouvelable. Ils le sont par du thermique, fut-il TGV.



      L’énergie électrique est une énergie de très haut niveau. Nos sociétés en progrès vont continuer à en utiliser de plus en plus. Les efforts d’économies arrivent à peine à compenser la croissance.(Je viens de lire dans Le Soir - 28-10-2008 : -0.8 % pour la Wallonie en x années). De plus, je m’attends comme vous à un mutation assez rapide du secteur automobile vers des propultions électrique.
      Je corrige donc votre titre "Nous avons besoin de l’éolien en Europe" par "Nous aurons besoin de plus d’électricité en Europe". Mais pas tout de suite. La crise financière nous donnera sans doutes un répis supplémentaire.



      Au contraire la chaleur est une énergie de bas niveau qu’on n’arrive à convertir en électricité qu’avec de très faibles rendements(30-40%). Elle est par contre facile à économiser et les gains en CO2 ne sont pas contestable.
      C’est sur ces économies là qu’il faut mettre un effort massif et immédiat. Cet effort aura trois avantage majeurs : énorme réduction de la production de CO2, diminution de la dépendance énergétique envers des pays "difficiles", augmentation du "Pouvoir" d’achat.



      L’éolien pourra alors venir accompagner d’autres énergies renouvelables devenues matures et capables de produire des puissances du même ordre de grandeur.
      L’éolien pourra alors venir dans un cadre légal apaisé qui aura su concilier l’intéret collectif, le respect du patrimoine et le respect des riverains. Dans notre chère Belgique, l’arbitrage off-shore/on-shore aura pu également être fait en surmontant les effets d’un cadre institutionnel obstacle à une vision globale.



      Pour terminer, un ami spécialiste en communication commerciale me faisait récement état du comportement humain suivant : de 100 personnes misent en présence simultanée d’un message publicitaire fixe (affiche) et d’un autre animé (téléviseur), 85 auront retenu le message diffusé par le téléviseur au détriment de l’affiche.
      On comprend dès lors le décalage qu’il peut y avoir entre l’opinion généralement favorable de la grande partie de la population qui ne côtoie les éoliennes que lors d’un trajet interurbain et les riverains d’un champ éolien qui ont au quotidien l’attention absorbée par le mouvement des éoliennes.
      Ces riverains amoureux de leurs environnement doivent être entendu et la nuisance visuelle doit être reconnue.



      L’éolien a donc bel et bien sa place parmis les sources de production électrique du futur mais il y a lieu de le remettre à sa juste place dans la liste des priorités d’investissement et ainsi retrouver le temps de lui donner un cadre de développement véritablement durable.

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  • Ambivalence ou ambiguïté : les paradoxes de l’éolien industriel

    par Bernard (IP:xxx.x2.83.5) - 28 octobre 2008 23:00

    Pourquoi voulez vous a tout prix réguler l’éolien avec du charbon ou d’autres centrales emettant du CO2 ???
    L’éolien se régule avec l’hydrolique et d’autres ENR comme les centrales à bois, les centrales thermiques à puit de carbone, etc ... Donc cette polémique est vraiment stérile.

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