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Avez-vous les qualités requises pour devenir collectionneur ? La première qualité, la capacité de flâner et de rêver diraient Henry James, ce qu’il ne faut pas assimiler à de la paresse. Tout le contraire des mordus des brocantes du dimanche matin dont l’objectif est de parcourir un maximum de brocantes en y arrivant le plus tôt possible,... Malgré le passage matinal de ces mordus, les flâneurs de brocantes se permettent d’arriver bien tard, calmes et reposés en prenant le temps de tout bien examiner. Et ils trouvent souvent l’objet dont ils ne rêvaient pas mais qui les émerveilleront . Et oui, quel plaisir de découvrir un Daxhelet des sites brutaux à 11 heures du matin, tableau qui a laissé indifférents les acharnés du petit matin, quel plaisir de découvrir à midi un Adolphe Remy qui, simplement nettoyé sera digne du musée de Verviers (anecdote 1) ? ![]() ![]() Dans quelles circonstances naît une collection ? Il y a bien sûr le climat familial qui joue un rôle. Un collectionneur à multiples « compartiments » me disait devoir son goût pour la collection à son grand-père, agriculteur du pays de Herve qu’il n’avait même pas connu. A son décès, ses collections ont été reléguées au grenier de la ferme. Aucune de ses filles n’y toucha. Né dans cette ferme, l’ami y découvrit les trésors de son grand-père manifestement atteint par la « collectionnite aiguë » au dernier stade : les monnaies, les timbres, les cartes postales, les bagues de cigares, ... tout y passait, tout était bien rangé dans des cases de fortune. A titre d’exemple, les pièces de monnaie étaient rangées, triées et classées, dans des sachets de semences de potager. Nombre de ses petits-enfants sont « passés à l’acte de la collection ». Bien entendu, notre ami commença par mettre ses pieds dans les pantoufles du grand-père en attendant le déclenchement de nouvelles collections : l’art déco, la peinture, le verre, ... Les gènes familiaux, d’accord, mais pourquoi dans tel domaine plutôt qu’un autre ? On entre ici dans les problèmes de cœur : le premier objet d’une collection est souvent le résultat d’un coup de cœur. Un ami commença une collection de vases de Catteau après avoir trouvé dans sa belle famille un vase aux biches. Réflexe de collectionneur, on le retourne. Manque de pot, il ne portait qu’un numéro 22. Mais il fut évidemment facile de remonter à Charles Catteau. Voici la photo du « coupable » : ![]() En résumé, si vous aimez flâner et rêver, si le climat familial s’y prête, si les coups de cœur vous atteignent, alors oui, vous serez collectionneur et heureux de l’être. J’y reviendrai dans un prochain épisode où l’on pourra constater qu’un coup de cœur peut être à l’origine de deux collections ou plus. Les derniers commentairesLaisser un commentaire |
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