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Collection : les assiettes
Dans de nombreuses familles européennes ou originaires d’Europe, il était de coutume de réserver une place privilégiée aux « belles assiettes » en les disposant au dessus du manteau de la cheminée, en les suspendant aux murs ou en les dressant sur un meuble. Il existait même des assiettes murales avec deux trous de suspension dans le talon à cet effet (photo 1). A défaut de trous, on bricolait des supports en fil de fer en vue d’en permettre la suspension (photo 2), on les dressait sur des meubles grâce à des rainures creusées à cet effet, on les plaçait sur des présentoirs, on collait au culot des attaches pour cadres ou même on forait un trou dans l’assiette en vue de pouvoir la suspendre à un clou. Dans ses scènes d’intérieur, Evariste Carpentier nous en apporte la preuve. En pages 58, 60 et 80 notamment de l’ouvrage « Evariste Carpentier, 1845-1922, de A. LEMOINE (MECENART, 1994), on trouve des cheminées garnies d’assiettes parmi lesquelles on distingue entre autres des assiettes colorées à décor dit de Strasbourg, des décors Grand Bouquet de Boch Frères et des scènes de chasse de Boch Frères à nouveau. C’est probablement dans cette tradition d’exposition des belles assiettes des ménages que se positionnent encore aujourd’hui nombre de collectionneurs d’assiettes.
Parmi ceux-ci, il y a les patients et courageux qui tentent de reconstituer, pièce par pièce, un service complet d’un autre siècle. Il y a ceux qui recherchent une pièce de chacun des décors édités par une entreprise, qu’elle soit aujourd’hui disparue ou non, en se limitant éventuellement à une partie bien définie de la production. Il y a ceux qui ne recherchent qu’un ensemble de pièces rares et/ou de grande qualité. Et bien d’autres probablement. Or donc, un familier des brocantes se lance dans une collection d’assiettes « Boch Frères » de La Louvière ». L’attrait pour les objets fabriqués par « Boch Frères » s’est évidemment renforcé ces dernières années par la mise en évidence de la production réalisée du temps de Charles Catteau. Et il se mit à acheter. Tout et n’importe quoi, pourvu que ce soit Boch Frères. Les assiettes envahirent la maison, Madame protesta et le nouveau collectionneur apprit à ses dépens qu’il est bien plus facile d’acheter que de vendre. La position de repli est évidente : se limiter à la production d’une (courte) période ou à un type d’assiettes. Notre « nouveau collectionneur » devint un « collectionneur » en se limitant aux assiettes des débuts de Boch Frères. Mais encore faut-il être capable de reconnaître ces assiettes. Pour y arriver, se mettre à l’écoute de vendeurs compétents ? Mais comment les reconnaître ? Non, une seule formule : se documenter en investissant dans des ouvrages bien faits. Mais comment reconnaître un ouvrage bien fait ? Il y a parfois différents livres datant les marques ... documents qui se recopient les uns les autres, erreurs comprises. Bref, il faut se frayer son chemin dans une sorte de jungle. Notre ami y est arrivé. Il a tout noté. Il peut aujourd’hui revendre ce qui n’entre pas dans son créneau. Il a une « petite bibliothèque » sur le sujet et sur les sujets connexes. Il s’est fait des amis parmi les collectionneurs, il a des pièces remarquables, Madame y a pris goût, ... Tout baigne, merci pour lui.
Deux « belles » assiettes de la collection . Les derniers commentairesLaisser un commentaire |
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