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Asile : une croix rouge pour une peur bleue sur Banneux (Sprimont)mercredi 13 janvier 2010, par Eric Bruckmann 5 réactionsLe 5 janvier dernier, les habitants du voisinage de l’Esplanade de Banneux (Sprimont) étaient conviés à une réunion d’information sur l’ouverture d’un centre pour demandeurs d’asile aux abords du site touristique et sanctuaire Catholique de Banneux. Au menu, la problématique de l’asile otage de la folie politique belgo-belge.
Quelle surprise. Recevoir dans sa boîte aux lettres une invitation qui annonce l’ouverture d’un centre qui doit accueillir 140 réfugiés dont on ne connait ni les antécédents, ni l’origine, ni-même le degré de détresse est assez angoissant pour ceux qui ont choisi de vivre à la campagne, à l’abri de la misère flagrante (une autre plus discrète existe là mais ce n’est pas le sujet). Parce qu’il ne faut pas s’y méprendre : c’est la pauvreté qui effraie la population, pas la couleur de la peau. A la barre, le Bourgmestre (MR) ainsi que les représentants de la Croix-Rouge, chargée de gérer le centre. Après une brève introduction devant une salle composée d’une bonne centaine de personnes, riverains directs ou représentants communaux, de Dès les premiers mots prononcés par un représentant de la Croix-Rouge, on sent bien qu’une bonne partie de la salle est hostile à l’ouverture de ce centre. Ces gens s’en prennent au Bourgmestre et à Ce serait le Secrétaire d'Etat PS à l’Intégration sociale et à la Lutte contre la pauvreté (Adjoint à la Ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, Chargée de l’Intégration sociale, pour ne pas citer son nom, un coup rare!!!) qui aurait annoncé le 7 décembre dernier à la Commune de Sprimont que le centre ouvrirait rapidement. Sans avis, sans consultation, sans débat. Ainsi, FEDASIL (une agence fédérale, encore une… ceci non plus n’est pas le sujet mais puisqu’on est dans les asiles…) a une cellule de surveillance chargée de repérer les immeubles susceptibles d’accueillir les réfugiés et, lorsqu’un bâtiment convient, une location ou un achat intervient et la Croix-Rouge gère le centre ouvert. Faut bien les mettre quelque part, les demandeurs d’asile. Et certains de s’étonner que ce troisième centre soit ouvert sur la zone de Police SECOVA, dans un rayon de moins de 12km des deux autres et intervienne si soudainement. L’interview télévisée du Bourgmestre est éloquente à ce sujet : « …on a déjà les gens du voyage, les Kosovars et maintenant les réfugiés… ». Renseignements pris auprès de lui, la RTBF l’a longuement questionné pour couper ses réponses et dénaturer ses propos. Je n’ai aucun mal à le croire puisque c’est la coutume dans cette maison où l’objectivité et le journalisme sont rarement des règles de vie (ben non, c’est pas le sujet non plus mais tout mis dans l’autre, ça a son importance). Revenons à cette soirée du 5 janvier 2010. Les chiffres présentés sont plutôt rassurants pour tout un chacun : la criminalité aux abords des centres n’est pas pire qu’ailleurs, il s’agit de personnes qui ont fait la démarche de se déclarer et sont donc à priori des personnes qui veulent que « ça se passe bien ». Pour autant que la vie puisse bien se passer lorsqu’on est poussé à se déraciner pour quelle que raison que ça soit, même économique. Vient le moment des questions réponses qui, faut bien l’avouer, sont arrivées en vrac de façon presque grossière et plutôt hostile avant la fin de l’exposé. « Pensez-vous que mettre des réfugiés à côté de « J’ai déjà été agressée une fois par un bronzé et je ne veux plus risquer ma vie ! » lance une dame âgée surexcitée… un bronzé ? Kim De Gelder, Marc Dutroux, Ronald Janssen, Patrick Haemers, … les plus dangereux seraient bronzés en été, et encore… réponse du représentant de la Croix-Rouge « vous avez été agressée avant l’ouverture du centre, ce n’est donc pas la faute du centre ». Aussi juste que pragmatique. « Quand une entreprise vient créer de l’emploi (ndlr : une société productrice de miel va ouvrir un centre de conditionnement devant les établissements Labeye… ça ne s’invente pas…), on fait une enquête commodo-incommodo… pourquoi rien n’est fait pour ce centre ? ». C’est la vraie société écologiste qui s’exprime: dans la tête des gens, les étrangers sont une nuisance, une pollution. Hallucinant. Interpelant. Ensuite, se produit un évènement dérangeant. Le gars à côté de moi se lève et prend le micro : « Avant d’intervenir, il faut demander La particratie politicienne a repris le dessus sur la séance organisée pour impliquer le citoyen dans la vie de « Mon nom est Eric Bruckmann et j’habite rue de L’Esplanade. Je voudrais émettre deux remarques. Une sur le fond, une autre sur la forme. La forme, d’abord. Je tiens à exprimer ma désapprobation et mon indignation quant à l’intervention du conseiller communal PS juste avant moi. Pas à cause de son argumentation pour l’accueil de ces gens ici qui est correcte et juste mais bien à cause de ce plaidoyer de type électoral auquel je n’avais pas envie de participer. Excusez-moi, Monsieur, pour ces mots durs. Mais non, Monsieur, il n’est pas correct de prendre la parole pour défendre le PS et ses élus ainsi que les décisions de ses élus devant une assemblée qui est venue chercher des réponses à certaines questions très concrètes. Il n’est pas correct de justifier une situation à Banneux par une réalité politique au fédéral. Il n’est pas correct de faire de cette initiative du Bourgmestre pour les citoyens une tribune politique à des fins politiques alors qu’il paraît clair qu’aucune décision politique ne peut être prise pour changer les choses. Je suis très mal à l’aise car le citoyen que je suis a l’impression d’être instrumentalisé. Par ailleurs, un ami installé sur Louveigné depuis des générations a demandé à m’accompagner et je lui ai demandé de s’abstenir de venir car l’invitation stipulait qu’il s’agissait d’une information pour les riverains directs. C’est donc pour ça que je ne l’excuserai pas et qu’il n’y a pas lieu d’excuser le député-conseiller PS qui de toute façon n’est pas intéressé directement au problème. La confiance entre la politique et les citoyens a été rompue depuis bien longtemps et ce n’est pas ce type d’intervention qui améliorera les choses. Je le regrette. Ce qui est scandaleux, dans cette histoire, c’est l’attitude du Secrétaire d’Etat qui, au mépris de la Commune, de ses élus et de la population, traite le sujet sans considération de l’humain et de Que le Bourgmestre et la Croix-Rouge organisent cette rencontre moins d’un mois après la décision signifiée est plutôt une bonne chose. Rien ne les y obligeait. Arrêtons de les agresser. Sur le fond, ensuite. Le centre sera ouvert et il faut tous faire en sorte que ça fonctionne bien. Des gens bien dans leur peau ne seront jamais une menace. La crainte des commerçants est légitime. L’inconnu fait toujours peur. Mais franchement… Banneux vit de la charité chrétienne et des croyances religieuses. C’est une occasion de montrer aux gens qu’on peut allier la théorie charitable et sa pratique. Et si vous êtes mécontents, plutôt que de crier au loup vers le Bourgmestre ou la Croix-Rouge, pourquoi ne pas descendre tous demain chez le Secrétaire d’Etat à Bruxelles et lui dire ce que nous pensons de ces procédés ? Ce mépris vis-à-vis de vous donne-t il le droit de mépriser les êtres humains les plus faibles ? Et vous, Madame (ndlr : la surexcitée), est-ce que je vous fais peur ? Savez-vous que ma grand-mère a été réfugiée demandeuse d’asile ? Personne dans ma famille n’a de casier judiciaire, personne n’a agressé personne. Et lorsque je faisais peur, c’est lorsque j’étais pauvre, dans les rues des quartiers de Chênée et d’Angleur. Lorsque j’ai emménagé à côté de la maison pour enfants « Les Faons », mes amis avaient la même réaction ‘tu n’as pas peur des vols ? des agressions ? pour tes enfants à toi ?’. Je tiens à dire publiquement que grâce à une gestion saine des éducateurs et de la direction de cette maison, tout se passe bien, les contacts avec les gosses sont excellents et jamais je n’ai eu à me plaindre. J’essaie tant que possible de participer aux activités qu’ils organisent pour échanger des moments avec eux. C’est enrichissant. Ce sera la même chose avec le nouveau centre, j’en suis sûr. C’est à nous à exiger un changement de comportement des élus fédéraux envers notre commune et ses citoyens, c’est à nous d’exiger des autorités communales que notre sécurité soit assurée, centre ou pas,c’est à nous à exiger de la Croix-Rouge que ces gens soient bien encadrés. Si chacun respecte ses obligations, ce centre ne sera jamais une source de conflit ou de peur. Et, alors que je ne suis pas croyant, je constate que nous sommes dans une commune chrétienne qui doit son attractivité à la religion et que personne ici n’a posée la seule question qui mériterait d’être posée : ‘que pouvons-nous faire, nous, citoyens, pour aider ces pauvres gens ?’ !!! » J’ai posé le micro et, à ma grande surprise, une grande majorité de l’assistance m’a applaudi avec insistance. Plusieurs personnes dont des élus locaux MR ( dont le Bourgmestre) et CDh (échevins) sont venus me féliciter pour mon intervention. Une lueur d’espoir dans ce monde de fous qui a peur de l’asile. D’ailleurs, il est plutôt sympathique qu’une commune qui vote centre-droit soit choisie par un gouvernant socialiste pour gérer une question sociale aigüe ! Certains crient au complot anti-libéral-chrétien-démocrate mais qui d’autre peut offrir un espoir d’avenir et de liberté qu’une commune de citoyens sensibles à la liberté et la démocratie ? L’élu PS (très sympathique, d’ailleurs) a eu des mots gentils à mon égard et m’a longuement accompagné lors du verre d’après séance. Il a reconnu que sa démarche était maladroite mais j’ai le sentiment qu’il n’y avait aucun vice dans son intervention et que c’est le réflexe « du petit service marketing au protecteur » qui l’a conduit à m’énerver. Dans le fond, je crois que c’est un type bien qui n’avait pas vraiment les basses intentions que je lui ai prêtées. Il a essayé de me démontrer que cette réunion était bien politique, à quoi je lui ai expliqué d’abord que j’ai été invité comme habitant pour poser des questions, qu’il n’a ni posé de questions, ni apporté de réponses à une question… et que je n’ai dit à personne que moi aussi je représentais un parti… « vous avez raison », dit-il… le reconnaître suffisait à ne pas lui en vouloir et passer un bon moment ensemble, entre citoyens. Les quelques commerçants qui sont restés, eux, semblaient pris en otage entre deux sentiments : - La peur de ces étrangers et de leur impact sur leur commerce - La peur que ces craintes aussi légitimes qu’irrationnelles en l’état les fassent cataloguer de racistes. Tout ça parce que ces citoyens se sont sentis grugés et méprisés par leurs autorités, dans ce dossier ou même avant dans d’autres… un peu comme si ils disaient à leur insu « ah, on s’en fout des citoyens et on ne peut rien changer ? Ben moi, je suis mécontent, j’ai peur et vous ne pourrez rien y changer non plus !». N’oublions pas que ces peurs et ces ressentiments viennent aussi d’inepties à la belge… exemple ? Un indépendant ou un salarié qui aurait besoin de soins spécifiques devrait en faire l’impasse s’il ne dispose pas d’un certain pactole… mais un demandeur d’asile, lui, reçoit tout soin intégralement couvert par l’Etat. C’est ressenti comme une injustice de cotiser et de devoir payer des charges sociales alors que des primo-arrivants ont tout gratuit… alors que le débat, c’est que tout être humain devrait jouir des soins gratuitement lorsque les cotisations sociales sont si élevées et que la solidarité n’est possible que grâce à ceux qui travaillent dans ce pays. Ce n’est pas ce que les autres ont de gratuit mais ce que NOUS devons payer qui est anormal! Une détresse dans un monde de luxe à côté de ce que vivent les demandeurs d’asile, mais une détresse quand-même… comme cette dame qui s’est faite agressée et qui a certainement l’impression de ne pas compter pour Le jour où les autorités respecteront leurs citoyens, où des critères sévères mais objectifs règleront la question de l’immigration et de la dignité humaine (sans discrimination, même positive !), le jour où ceux qui sont acceptés ici seront traités comme des invités et non comme des parias, plus personne n’aura peur des infortunés qui fuient pour une meilleure vie. Renseignement pris, la commune disposera de bons subsides et de moyens pour faire face aux surplus de travail administratif. Si on ne sait pas encore comment et combien, c’est plutôt une nouvelle rassurante qui devrait balayer les critiques d’ordre financièr. C’est déjà ça. Sinon, quelques bières, deux trois blagues, les chiens aboient, la caravane passe… et personne n’ira chez le Secrétaire d’Etat à l’Intégration sociale et à la Lutte contre la pauvreté (Adjoint à la Ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, Chargée de l’Intégration sociale, titre de ouf pour les asiles…) qui n’a rien à proposer pour les pauvres de Sprimont sinon, peut-être, de lui écrire à son cabinet où le client est roi, sans aucun doute. Celui qui a le droit de vote, en tout cas. A se demander s’il ne faudrait pas parfois enfermer les demandeurs d’asile… pour les protéger des fous qu’il y a à l’extérieur… Les derniers commentairesLaisser un commentaire |
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