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Voir en ligne : http://blog.pickme.be/2009/09/09/au... Comment mieux illustrer l’insondable vacuité du débat politique en Belgique francophone que par cette querelle lexicologique qui semble faire les délices et de la gauche, et de la droite? Ce matin, c’est Marcourt qui en remettait une couche dans les colonnes de La Libreen assurant ses ouailles – mais lisent-elles La Libre? – qu’il n’y aura pas d’austérité, parce que « la demande est celle de la rigueur« . J’ai de la considération pour ce technocrate que je connais à peine; il me paraît très, très loin d’être un nain comme on en connaît parmi ses chers collègues, même si à la différence d’un Magnette par exemple, il manque probablement toujours de ce brin de charisme qui permet de distinguer les hommes politiques de leurs directeurs de cabinet. Mais à quoi rime cette pénible logomachie qui semble n’avoir pour but que de rassembler les forces ennemies en présence sous leurs étendards respectifs? L’austérité pour la droite, la « rigueur» pour la gauche.
La rigueur… L’invoquer comme un remède par les temps qui courent, n’est-ce d’ailleurs pas faire ingénûment l’aveu qu’on en a cruellement manqué ces dernières années? Dans le chef d’un parti qui est au pouvoir depuis plus de vingt ans, c’est pour le moins impudent. Voire impudique… « L’austérité, dit Marcourt, ce sont les années Martens-Gol. On s’est bien rendu compte qu’à long terme, elle n’a pas apporté ce que l’on voulait« . Gonflé, le gaillard. Car il est sans doute bien vrai qu’une bonne partie des efforts qui ont été fournis à partir du début des années 80 pour assainir les finances de l’Etat sont presque réduits à néant. Avec un déficit qui menace de remonter à plus de 7% du PIB et une dette à plus de 130%, selon les plus récentes projections du Conseil supérieur des Finances qui annonce un retour de « l’effet boule de neige» (auto-alimentation de la dette). La faute à qui, sinon à un « retour du coeur» sympathiquement préconisé par les socialistes en 1988 mais probablement insoucieux des contraintes budgétaires? Ils ne sont certes pas les seuls responsables; sous les deux premiers gouvernements Verhofstadt, tout le monde s’est « laissé aller» à la faveur d’une conjoncture plus souriante. Et depuis 2007, on ne gouverne plus. Nous revoilà donc au bord du gouffre. Pour éviter d’y plonger, il va falloir repasser par la case « austérité» . Une austérité « de gauche» ou une austérité « de droite» . Ou « centriste» . Mais une austérité. Toute la question étant de savoir si la gauche en aura le courage. Celui dont elle était incapable en 1980. Celui dont rien ne dit non plus que la droite saura faire preuve en 2009. Parce qu’au plus tard, on vote déjà en 2011, figurez-vous. Nous sommes à la moitié d’une législature dont les deux premières années ont été perdues pour les raisons que l’on sait. Et il n’y a pas de projet, pas de programme. Rien que l’espoir d’un compromis, quel qu’il soit. Et la peur du vide. Sur son profil Facebook, le Premier ministre expliquait le 4 septembre qu’il venait de donner sa dernière interview avant le 13 octobre et son « message sur l’Etat de l’Union» … Je lui souhaite bien du plaisir d’ici là, avec sa petite classe de chipies et de garnements… Laisser un commentaire |
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