Devenez rédacteur
|
Voir en ligne : http://blog.pickme.be/2010/03/05/av...
L’homme vous demande comment vous vous appelez. Il vous dit que vous portez le même prénom qu’une de ses filles. C’est fait, la glace est rompue. Vous trouvez enfin les mots tout simples qui traduisent les sentiments qu’il vous a inspirés, quand on le voyait sur tous les plateaux de télé. Et lui, il vous répond sans trop y toucher que vous lui faites bien plaisir en lui disant ça. Il vous demande d’où vous venez. Ce pourrait n’être qu’une façon de meubler un silence, comme souvent. Mais lui, il vous fait comprendre par là que vous existez. Et vous repartez contente, madame. J’ai passé une heure, hier, aux côtés de Michel Bourlet qui dédicaçait son livre au stand des Editions Luc Pire. Je l’ai vu s’intéresser à ce que lui racontaient de parfaits inconnus. On ne juge pas un homme en une heure. Evidemment. Mais j’ai cru comprendre pourquoi et comment celui-là a réussi à rendre l’espoir d’être quand même entendus à des parents brutalement plongés dans un malheur indicible. Julie et Melissa. An et Eefje. L’affaire Dutroux. Et l’affaireCools, avant ça. Je l’avais lu, son livre, quelques jours auparavant. Pratiquement d’une traite. Entre ses lignes, j’ai entendu le cri d’un homme excédé d’avoir été abusivement traduit devant le tribunal des flagrants délires médiatiques. Comprendre. C’est déjà une des bonnes raisons de le lire. Une autre est la mémoire de tragiques événements récents, dont certains auraient sans doute pu être évités. Et qui pourtant se reproduisent. Dans la vidéo de TV Lux, ci-dessous, Michel Bourlet explique que ce qui l’a finalement décidé à écrire, c’est le énième épisode de la guerre des polices qu’a représenté à ses yeux l’affaire Fourniret. Il ne savait pas encore qu’au moment où sortiraient de presse les réquisitions qu’il trace littérairement dans son livre, on se demanderait, à nouveau, pourquoi n’a pas été explorée, à Louvain, dans l’enquête sur la mort d’Annick, la piste au bout de laquelle Kevin et Shana auraient pu avoir la vie sauve. Michel Bourlet n’a finalement été, à la tête du parquet chestrolais, qu’un homme qui a fait le travail qu’on attend d’un procureur du Roi. Il en est pourtant devenu un héros. Cette conjonction explique pourquoi La Traque au loup est une lecture urgente.
Laisser un commentaire |
?
Derniers articles de Charles Bricman : Chroniques de crise (2) : bye, bye, l’euro ? D'autres articles: LivreNovembre décembre 2011 (Alain Berenboom) Une belle promenade à travers le XVIIIe siècle français (Frederik Dhondt) Simenon, le journaliste (Charles Bricman) VidéoIl était une fois Liège (Hollynx) Toute la musique...que que j’aime ! (Michel De Witte) Une gare toute propre (Hollynx) |