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BAC, TAC ou TESS ?

jeudi 18 février 2010, par xaviereco


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Tel le monstre du Loch Ness, l’idée d’une épreuve commune en fin d’études secondaires refait surface.

 



Aux dernières nouvelles, cette épreuve se déroulerait dans une vingtaine d’écoles secondaires en 2010 et porterait sur l’Histoire pour les filières de transition et la lecture pour les filières de qualification… Donc une école sur 25 et une seule branche…
 
Mais les objectifs du « BAC » (Brevet d’aptitude communautaire) de monsieur Hazette, du « TAC » de madame Bertiaux ou encore du « TESS » (Test de l’Enseignement Secondaire Supérieur) de monsieur Dupont, repris par madame Simonet sont-ils les mêmes ?
 
Pas vraiment. Ou plutôt vraiment pas.
 
Si les objectifs du BAC et du TAC étaient d’aider les jeunes à choisir leur orientation en connaissance de cause, l’objectif du TESS est d’uniformiser les formations dans tous les établissements de la Communauté française.
 
Reprenons les motivations du  BAC et du TAC. Le premier objectif est de diminuer le pourcentage d’échecs en 1ère année du supérieur, pourcentage qui dépasse, rappelons-le 50%. Le deuxième objectif est d’informer les établissements sur le niveau de leurs élèves.
 
Même si les causes de ces échecs sont multiples, nous pouvons sans risquer de trop nous tromper en identifier deux que le TAC peut atténuer voire éradiquer. La première est le manque de connaissances acquises lors des études secondaires, la deuxième est l’erreur d’orientation.
 
Or l’objectif du TAC était justement d’évaluer de manière externe quelles sont ces acquis et quelle est la maîtrise de ces compétences. Avec une spécificité importante : les résultats de ce test ne sont pas certificatifs (on peut avoir le diplôme du secondaire sans réussir ce test) et ne ferment même pas les portes de l’enseignement supérieur en cas d’échec. La seule contrainte est qu’il faut avoir passé le test pour s’inscrire dans le supérieur. A quoi bon dès lors ?
 
Ce test aurait porté sur différentes matières (le français, les mathématiques, les langues modernes, les sciences, l’histoire et la géographie pour la filière de transition et le français, les mathématiques et sur la discipline technique principale de l’élève pour les humanités techniques et professionnelles) et sur les compétences de capacité de raisonnement et d’expression de l’élève. Grâce à des résultats, l’élève pouvait, soit se rassurer si les résultats étaient bons dans les branches nécessaires pour son choix d’études, soit si les résultats étaient moins bons dans ces branches, le faire réfléchir à un autre choix ou encore à mettre en œuvre des actions pour remédier aux faiblesses constatées.
 
De même, l’école aurait reçu les résultats de ses élèves et aurait pu ainsi constater ses points forts et remédier aux faiblesses constatées.
 
Ce projet était bien sûr perfectible. En 2002, l’ancien président de l’ULB, monsieur Hasquin avait suggéré d’organiser un « test d’aptitude » qui aurait consisté au résumé et à la reformulation d’une conférence, manière de mesurer l’aptitude à assister à des cours et à prendre note. A notre avis, il serait bon aussi de pouvoir mesurer la corrélation entre les points obtenus par les élèves en 6ème secondaire et les résultats à ce test. Tout comme le même type de corrélation entre les résultats de ce test et la réussite en 1ère année du supérieur serait intéressant. Même si l’anonymat des élèves devient difficile à garantir.
De même il faudra trouver une solution aux référentiels différents selon les options choisies. Un élève qui aura eu 6 ou 7 heures de math ayant, on l’espère, appris plus que l’élève qui en a eu 2.
 
Quant aux objectifs du TESS, ils sont pour l’instant assez nébuleux. Quelques mots dans la déclaration gouvernementale, une interpellation en séance du 15 décembre 2009 laissent apparaître plusieurs éléments, qu’il faudra vérifier. D’abord, cette année-ci, un test dans « une vingtaine d’écoles avec lesquelles nous entretenons une collaboration rapprochée » (Martine Herphelin, directrice du service de pilotage dans la LLB du 7/12/2009), donc un test qui n’en est pas et qui ne portera que sur l’Histoire. Ensuite dans le futur, une épreuve « certificative ». A savoir que les élèves qui réussissent ce test auront leur diplôme et que ceux qui l’ont raté…pourront l’avoir si le conseil de classe le décide ainsi. Les objectifs sont « de prendre des mesures mais aussi d’analyser les résultats pour proposer aux enseignants des pistes didactiques visant la cohérence et la qualité des pratiques d’apprentissage et d’évaluation. » (Madame Simonet en séance du parlement de la CF le 15812/2009)
 
Ce test qui avait été imaginé comme une aide aux élèves et un moyen de les rendre « responsables » risque donc de devenir un moyen d’évaluer les profs et de rendre les profs responsables des lacunes des élèves et donc de déresponsabiliser les élèves.
 
Sauf si la ministre Simonet s’en rend compte et modifie le projet…
 
Xavier Guyaux
Enseignant
Administrateur de société
http://www.economiques.eu



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