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Barroso II : le Parlement européen signe la paix des braves

vendredi 22 janvier 2010, par Jean Quatremer


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Non sans mal, les conservateurs Jerzy Buzek, président de l’europarlement, et Joseph Daul, 
président du groupe PPE, ont réussi à convaincre leurs troupes de ranger les flingues de concours qu’ils avaient déjà dégainés afin de venger la conservatrice Bulgare Roumiana Jeleva, contrainte de renoncer à son poste de commissaire par les forces conjuguées des socialistes, libéraux, écolos et gauche radicale. « Ça n’a pas été simple », commente un député,« le sang appelant le sang. Mais si on entrait dans une logique de règlements de comptes, c’est toute la Commission qui était menacée. Or, elle est quand même majoritairement PPE »… 

Jeleva restera donc la seule victime tombée au champ d’honneur du contrôle parlementaire. Les commissions spécialisées du Parlement qui ont procédé aux auditions ont, en effet, rendu ce matin 26 avis positifs sur les 26 commissaires : les incompétents socialistes et libéraux (une mention spéciale pour la libérale néerlandaise Neelie Kroes, la future commissaire chargée de l’économie numérique) passent donc à travers les gouttes. Joseph Daul, sans doute pour remonter le moral de ses troupes, n’exclut pas que Barroso redistribue certains portefeuilles, mais celui-ci a fermement écarté cette hypothèse, hier, lors d’une conférence de presse.

Il reste donc maintenant au Parlement à auditionner la nouvelle candidate bulgare, Kristalina Georgieva, le 3 février avant de voter l’investiture de l’ensemble de la Commission Barroso II, le 9 février à Strasbourg. Soit avec plus de trois mois de retard sur le calendrier initial (la Commission Barroso I est en « affaires courantes » depuis le 1er novembre).


Cette affaire laissera des traces. Au sein du Parlement, d’une part: le PPE n’est pas prêt de digérer l’attitude des socialistes, avec lesquels il a conclu un accord de majorité. Martin Schulz, le président du groupe S&D, qui doit, justement en vertu de cet accord, succéder en janvier 2012 à Jerzy Buzek au perchoir, pourrait bien en faire les frais, une partie des conservateurs risquant de ne pas voter pour lui. Entre la Commission et le PPE, d’autre part : plusieurs de ses délégations nationales (allemande et polonaise, notamment) ont eu la nette impression que José Manuel Durao Barroso les a lâchées en rase campagne en négociant le départ de Jeleva alors qu’elles étaient prêtes à se battre jusqu’au bout pour obtenir son maintien. « Que savait Barroso que nous ne savions pas », s’interroge ainsi Jean-Marie Cavada (Nouveau centre, PPE) ? « Il est clair que le PPE a été très loin dans son soutien à Jeleva et que Barroso ne nous a pas soutenus ». S’il a joué finement pour éviter une incertaine épreuve de force avec le Parlement, Barroso pourrait bien s’être aliéné au passage son principal soutien au sein de l’Assemblée. Et  les comptes se soldent toujours un jour ou l’autre…

 

 

 


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