Devenez rédacteur


Bart 1, Belgique 0.

mardi 15 juin 2010, par Jérôme Delvaux

1 réaction
translate : Nederlands English Deutsch +

 

Voir en ligne : http://jerome.pop-rock.com/index.ph...


(Ceci est un tract de la N-VA datant de 2007, non retouché.)

Puisque vous attendez certainement de moi que je commente les résultats des élections législatives, allons-y. J’entends les médias parler d’une victoire écrasante et incontestable de la N-VA au Nord et du PS au Sud. En ce qui concerne le PS, c’est le cas en Wallonie, comme on pouvait le craindre, mais pas dans la circonscription dans laquelle j’ai voté, à savoir Bruxelles-Hal-Vilvorde. Ici, les résultats finaux se détaillent comme suit :

1. MR : 27,10%
2. PS : 26,30%
3. CDH : 12,10%
4. Ecolo : 12%
5. PP : 3,50%

(Tous les partis néerlandophones et les listes extrémistes font un score anecdotique, sous les 3%.)

N’en déplaise à la RTBF et au Soir, le Mouvement Réformateur est donc toujours bien le premier parti dans la capitale. Il accuse, certes, un recul de 4,80% par rapport aux législatives de 2007, mais il garde le leadership grâce à un avantage d’environ sept mille voix. Mon bourgmestre, Olivier Maingain, la tête de liste MR, réalise d’ailleurs le plus gros score de la circonscription BHV avec près de 63.000 voix de préférence, ce qui le place loin devant les ténors socialistes bruxellois. Evidemment, ce sont des élections législatives et non régionales, et sur l’ensemble des circonscriptions francophones et au Sénat, c’est bien le PS, le parti de l’immigration non contrôlée et de l’assistanat à vie, qui l’emporte du côté francophone. En bref, Bruxelles fait ce qu'il faut mais la Wallonie nous tire une nouvelle fois vers le bas.

La faute à qui ? A quoi ? Je pense qu’il y a plusieurs explications. Le vote est obligatoire et les Q.I. à deux chiffres, appelons les comme ça, votent pour un parti auquel ils peuvent s’identifier. Or, la Wallonie est une région de plus en sinistrée, non seulement économiquement, mais aussi culturellement et intellectuellement. On y vote rouge de père en fils, sans réfléchir, parce que c’est un parti immobiliste qui encourage l’oisiveté, le chômage, la fraude sociale et qui a fait du clientélisme son fonds de commerce. On ne peut que le constater : le Wallon de base aime se faire prendre, de préférence à sec, sans vaseline, et il en redemande encore et encore. Les scandales à répétitions, les affaires de corruptions, de détournements de fonds, d’abus de biens sociaux et d’enrichissements personnels des élus, bref le Système PS, il s’en fout complètement. Car comme certains que je connais le résument très bien au sujet des Van Cau, Daerden, Donfut, Happart, Lizin, Mathot, etc. : « Si on pouvait, on f'rait l’même ! ». Ou quand l'immoralité devient la norme.

Mais le MR doit aussi faire son examen de conscience et confesser, en Wallonie, certains échecs. Didier Reynders, en premier, aurait dû faire un pas de côté après l’affaire Fortis et les scores moyens de 2007. Le Wallon de base a étiqueté une fois pour toutes le Président du MR comme « arrogant », un défaut qu’il ne supporte pas car cela lui rappelle trop sa propre médiocrité. Il n’aime que les profils bas, le Wallon de base, celui qui regarde RTL-TVI et lit La Meuse au premier degré. A Liège, Reynders se fait donc littéralement laminer électoralement par l’alcoolique Daerden et est même battu de peu par le mafieux Mathot. Il n'y a décidément qu'au cinéma que les bons gagnent toujours à la fin.

Confier à Sabine Laruelle la responsabilité de tirer la liste à Namur était une autre énorme erreur de Reynders. Je connais des électeurs indécis dans cette région qui ont envisagé de voter MR mais ne l’ont pas fait faute d’avoir pu trouver sur cette liste - composée essentiellement de seconds couteaux et de bras cassés - un candidat fédérateur avec des idées bien marquées à droite. Pour faire bref, il manque cruellement à Namur un franc tireur comme Alain Destexhe ou Denis Ducarme (qui ont été élus respectivement à Bruxelles et dans le Hainaut).

Même remarque en ce qui concerne le Brabant wallon. Charles Michel est populaire à Wavre, mais de plus en plus d’électeurs libéraux commencent à comprendre que son père et lui n’ont rien à envier aux socialistes en matière de clientélisme et de petites combines. Leur rêve a d'ailleurs toujours été de s'allier durablement avec le PS. Résultat : le Brabant est la seule circonscription où le PP du populiste Modrikamen décroche un siège. A ce propos, j’espère simplement que les électeurs de ce parti sont bien conscients que tout ce qu’ils ont réussi à faire, c’est rendre le PS encore plus fort.

Enfin, le MR devrait sérieusement s’atteler à se positionner de façon ferme et définitive sur le plan idéologique. Est-il de droite, de centre-droit ou du centre ? Le clan Michel, avec le manifeste de Richard Miller pompé sur le programme du CDH, a clairement créé une brèche sur sa droite pour le PP. Pourquoi la direction du Mouvement n’adopte-t-elle pas ouvertement des positions beaucoup plus fermes et strictes sur des sujets porteurs comme la sécurité, l’immigration et la laïcité ? Quelques électrons libres du MR s’en chargent, mais Reynders a toujours été timoré sur ces sujet, les Michel encore davantage.

Il y a toutefois de bonnes nouvelles : l’extrême-droite est inexistante du côté francophone et Ecolo, le parti de l'Islam radical en Belgique, stagne à un score peu significatif. Ce qui ne devrait toutefois pas l'empêcher de faire partie d’une coalition islamo-gauchiste avec le PS et le CDH. Avec face à eux le nationaliste Bart De Wever, le nouvel homme fort de la Flandre, qui s’apprête de toute évidence à troquer Bruxelles contre un (bref) passage de l’homme au nœud papillon au poste de Premier ministre… L’ambition personnelle de cet arriviste manipulateur et assoiffé de pouvoir aura eu raison de la Belgique. Il faudrait en effet être très naïf pour penser qu'après avoir fait campagne contre la Wallonie profiteuse, feignasse et mal gérée personnifiée par Di Rupo (voir l'illustration), De Wever va lui donner les clés du 16 sans de très sérieuses contreparties pour les extrémistes flamands.



translate : Nederlands English Deutsch +

Les derniers commentaires

  • Bart 1, Belgique 0.

    par Laurence (IP:xxx.x36.222.107) - 16 juin 2010 00:44

    Cher Jérôme,



    Permettez-moi de vous dire que votre analyse est quand même très tendancieuse et bourrée de clichés : tous mauvais, sauf le MR qui doit juste faire un petit examen de conscience et s’il tombe dans l’extrême, c’est encore mieux... Hum, un peu léger !



    Vous dites : "la Wallonie est une région de plus en sinistrée, culturellement et intellectuellement.".



    En êtes-vous si sûr ? Connaissez-vous les Wallons ou reprenez-vous ce qu’on vous sert dans la presse populaire ? Car moi j’en connais qui sont courageux ; et culturellement et intellectuellement d’un excellent niveau. Pas très fair play de mettre tout le monde dans le même sac.



    "On y vote rouge de père en fils, sans réfléchir". On ne peut que le constater : le Wallon de base aime se faire prendre, de préférence à sec, sans vaseline, et il en redemande encore et encore.



    Là, par contre, je suis plutôt d’accord car je ne comprends vraiment pas ce choix, précisément pour les raisons invoquées (scandales à répétition depuis ces vingt dernières années au moins).



    "On y vote rouge parce que c’est un parti immobiliste qui encourage l’oisiveté, le chômage, la fraude sociale et qui a fait du clientélisme son fonds de commerce.".



    Là, c’est vraiment LE CLICHE ! Pas d’accord. Tous les Wallons ne sont pas des oisifs, chômeurs, fraudeurs, etc. Là, vous faites vraiment le cliché d’une certaine droite, en particulier du parti de BDW et c’est très malhonnête (cf. question plus haut, presse populaire ou vécu ?).



    "Charles Michel est populaire à Wavre, mais de plus en plus d’électeurs libéraux commencent à comprendre que son père et lui n’ont rien à envier aux socialistes en matière de clientélisme et de petites combines.".



    Plutôt d’accord, car j’habite la région du père ; c’est bleu partout et oui, il y a clientélisme ; sauf que cette fois, ce fut un peu moins bleu que d’habitude...



    "Pourquoi la direction du Mouvement n’adopte-t-elle pas ouvertement des positions beaucoup plus fermes et strictes sur des sujets porteurs comme la sécurité, l’immigration et la laïcité ?".



    Parce que ce sont des thèmes essentiellement développés par l’extrême droite. Et si on se veut un parti démocratique, on ne peut pas les adopter "de manière stricte" ! Si c’est ça votre idéologie, alors votez carrément extrême droite, vous serez bien servi sur ce plan là.



    Je suis autant frustrée que vous que le PS soit le grand vainqueur de ces élections, mais pas pour les mêmes raisons.



    Personnellement, je dirais que ce qui est surtout décevant c’est que les gens n’aient pas voté pour des petits partis ; qu’ils n’aient pas pensé ou réfléchi à l’utilité de faire un vote de contestation pour bien montrer que la particratie (avec toujours les mêmes au pouvoir), on n’en veut plus ! Et malheureusement, c’est un choix qui n’a été fait ni à Bruxelles, ni en Wallonie, ni dans les cantons rédimés, ni en Flandre. Occasion ratée. Dommage !

    Répondre à ce message  Signaler un abus

    commentaire constructif  ?  oui  1  non

Laisser un commentaire

?

Derniers articles de Jérôme Delvaux :


Désinformation

Surenchère ethnique

Ces socialistes qui voteront MR

 

D'autres articles:

Bart De Wever

5 pourcents de chances ? (xaviereco)

Belgique : les latrines des indépendantistes flamands (Jean Quatremer)

Belgique : Les larmes de De Wever (Jean Quatremer)





Medium4You.be  Politique éditoriale | Conditions générales et vie privée | Contactez-nous