Bref, importer un modèle qui ne fonctionne pas ne peut avoir que les mêmes effets. Le socialisme, la dictature, les modèles religieux, rien n’a fonctionné ailleurs, la Belgique les applique tous en soutenant naïvement que les résultats seront différents.
A mon sens, au Maghreb comme en Belgique, les populations ont besoin qu’on débatte de nouvelles fondations, avec ses contraintes, son histoire mais surtout son contexte international.
Mais pour la Belgique, Pays de gâtés où la misère est plus humaine que matérielle ?
Pour redonner ses lettres de noblesse à la démocratie, il faut oser remettre en question certains fondamentaux sans en faire des idées fixes : << Qu’est-ce que le nationalisme ? C’est un patriotisme qui a perdu sa noblesse et qui est au patriotisme noble et raisonnable, ce que l’idée fixe est à la conviction normale. >>, disait Albert Schweitzer.
Nous avons besoin de Patriotes qui portent de nouveaux débats où le peuple est partie prenante.
Il est évident que pour remédier à un problème, il faut d’abord poser un diagnostic puis proposer un traitement à la suite duquel une convalescence doit suivre. Un contrôle régulier est nécessaire jusqu’à la guérison complète.
Les problèmes de la Belgique, d’apparence communautaire, sont bien plus fondamentaux :
- l’organisation de l’Etat est mauvaise
- la classe politique est tentaculaire
- le modèle politique est pourri
- la démocratie est bafouée
- certains rôles de l’Etat ne sont plus assurés
- les droits des citoyens ne sont plus liés à des devoirs
Pourquoi les êtres politiques s’obstinent-ils à entretenir un tel modèle ? Parce que le système « rustinien » est tellement emplâtré que celui qui voudrait le changer se poserait à lui-même un problème alimentaire démesuré.
Qu’attendent les Belges ?
Les Belges voudraient que les partis politiques se positionnent en proposant un modèle de société civile et politique basée sur le mérite et le respect des valeurs de la Nation Démocratique.
Ensuite, découlant du modèle que l’on voudrait atteindre, les Belges veulent que chaque force politique propose un modèle social et économique réaliste qui prenne en compte les défis de la Nature (le mot écologiste est sali par tous ceux qui confondent la nature avec les modes bobos) dont l’homme est une composante. Un modèle viable dans le contexte européen, à tout le moins pour ceux qui ne remettent pas en question l’Europe, mais toujours dans le contexte Mondial parce qu’on ne peut s’y soustraire.
Les citoyens belges ont besoin, en contrepartie de leur généreuse propension à accepter le hold-up de la collectivité sur le fruit de son travail, qu’on leur propose de se fédérer autour d’un projet global lié au bien être des générations futures : c'est-à-dire la responsabilisation permanente de nos choix pour que nos enfants ne paient jamais nos propres erreurs.
Les Belges ont besoin d’être impliqués dans les grandes décisions de la gestion de la chose publique par la consultation populaire. Parce que oui, même quand il se trompe, le citoyen aura toujours raison, n’en déplaise à tous les intellectuels qui s’autodéterminent garants de la morale et de la juste action.
Bref, les Belges ont besoin de choisir parmi des forces qui ont de véritables projetS à très long terme ceux qui seront les gestionnaire de LEUR Etat. En effet, aujourd’hui, il appartient à ceux qui sans être élus décident, à ceux qui ont établi des baronnies familiales, à ceux qui se sont autoproclamés institution d’intérêt public. Les Belges ne veulent plus qu’on leur fasse croire qu’il y a un choix alors que cette classe politique est une nouvelle forme de dictature cautionnée par un vote obligatoire hypocrite. Et si le vote doit demeurer obligatoire, le peuple doit pouvoir récuser un système qui le laisse pour compte.
En l’état, les Belges ont donc besoin d’un nouveau projet de constitution inspiré des valeurs Européennes si on est convaincu qu’elles sont bonnes (je n’ai jamais dit que ces valeurs étaient appliquées dans les faits…) ; ils ont besoin d’un projet profondément nationaliste voire régionaliste si l’on n’y croit pas : parce que même quand le peuple est con, il aura toujours raison. Le projet de constitution de chaque parti politique serait le reflet de la société qu’il veut voir émerger, une constitution qui régirait les nouveaux liens entre l’Etat et ses citoyens, entre les citoyens eux-mêmes et entre notre Etat et les autres, nos citoyens et les autres.
Le Roi ? Un faux débat : d’abord, qu’il existe ou non n’a aucune importance pour l’avenir des enfants. Tout comme pour le régime ou la taille de l’entité, n’importe quel projet peut vivre avec ou sans lui et au lieu de faire comme partout, de comparer sans cesse avec ce qui existe, on pourrait imaginer un nouveau système où les fonctions « politiques » du Roi seraient assurées par celui qui aurait récolté le plus de voix dans une conscription nationale unique, par exemple. Une idée incongrue, certes, mais on peut vraiment innover aussi en démocratie.
Bien sûr, le système électoral fait partie de la chose publique autant que les élus : le nôtre ne fonctionne plus parce que non seulement plus aucun programme ne contient plus de réel projet affirmé mais en plus, notre système régionalisé d’élections avec des calculs anti-démocratiques et des négociations de marchands de tapis ont transformé les partis politiques en factions qui s’apparentent à des syndicats d’élus dont l’aliment de ses membres surpasse de loin l’intérêt et le bien commun. On en subit les conséquences depuis sept mois.
Alors, quand les forces vives de ce Pays soumettront de réels projets simplificateurs de l’Etat où les citoyens ont une réelle relation avec l’Etat, lorsque la démocratie ne sera plus la dictature particratique ni celle du nombre mais bien la fédération de tous derrière le projet élu, il faudra accepter de passer à un système majoritaire au moins temporairement afin que le projet élu puissent être aménagé après un débat démocratique où le citoyen ne donne plus des mandats mais exerce un mandat de plein droit dans le but unique de fédérer ceux qui ne soutenaient pas ce projet au départ. C’est un travail de longue haleine qui suppose une loyauté de toutes les forces envers le Peuple.
Un projet, un modèle démocratique, un débat, des décisions… pour le fondement de la société et le monde que nous souhaitons laisser à nos enfants, c’est ça que veulent les Belges, qu’ils parlent flamand, français ou swaeli ! Nous voulons de nouveaux fondements sur lesquels nous bâtirons l’avenir de nos enfants.
Alors, chers Dames et Messieurs qui se sont trouvés une « vocation » politique, va falloir être coopératifs et imaginatifs parce que si ces aspirations ne sont pas rencontrées à court ou moyen terme, il n’y a pas besoin d’être un grand mage pour comprendre que ce Pays peut très vite devenir le Maghreb Européen… et pour d’autres raisons que la collaboration de certains à soutenir l’introduction de la religion dans la société civile pour des raisons bassement électoralistes.