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Retour du boulot. Je suis à quelques kilomètres de chez moi lorsque je les aperçois. Ils sont trois, environ 25-30 ans pour ce que je peux en voir. Ils ont sorti la couverture, les maillots, les boissons et la crème solaire. Quoi de plus normal me direz-vous, il fait dans les 29-30°C et le soleil brille de tous ses feux dans un ciel bleu pâle parsemé de quelques cumulus inoffensifs. Sauf que mes plagistes urbains ont choisi d’installer leurs pénates sur l’étroit triangle de gazon défraîchi qui sépare l’intersection entre un échangeur d’autoroute et la chaussée à six bandes de circulation d’un des principaux boulevards bruxellois. Le feu est rouge en bas de la sortie d’autoroute, et j’en profite pour me retourner, et vérifier que cette vision n’est pas un effet de mon imagination. Insolation, hallucinations, ces trucs-là. Mais non, j’ai pas halluciné, les trois crétins souriants sont bel et bien là, le nez à deux mètres des pots d’échappement. Vous reprendrez bien une bonne bouffée de gasoil, les trouducs ? À 10 minutes à pied, trois arrêts d’autobus à tout casser, un des plus grands parcs municipaux de la capitale étale ses grandes pelouses, ses bosquets fleuris et ombragés, ses petits lacs et fontaines rafraîchissants. Et je rentre chez moi, encore abasourdie par ce que j’ai vu. Le temps d’enfiler un short et un t-shirt, de passer faire quelques courses au Carrouf et de récupérer ma progéniture chez une copine, avant de rentrer au bercail je ne peux pas m’empêcher de faire un léger détour afin de passer devant la sortie d’autoroute/solarium. Elle est maintenant désertée de ses occupants. Peut-être que les braves pandores venant du poste de police tout proche les auront fait évacuer, pour leur propre sécurité. Ou peut être un automobiliste distrait aura-t-il raté le tournant en sortant de l’autoroute. Il est assez vache ce tournant, quand on ne connaît pas. Oui, peut-être qu’un blindé d’un tonne aura emplafonné les débiles, les éparpillant sur 50 mètres et débarassant à jamais le patrimoine génétique de l’espèce humaine de leur insondable stupidité. Darwin Awards indeed.
Internecivus raptus. PS : Les Prix Darwin, ou Darwin Awards, est un site anglophone présentant des cas de personnes ayant perdu la vie dans des incidents souvent dûs à leur propre stupidité. Ces incidents sont ils réels ou fictifs...nul ne le sait exactement. Toujours est-il que la narration des cas présentés est d’une drôlerie extrême. Pour peu que vous aimiez l’humour noir, bien sûr... Quant à l’histoire que je viens de vous raconter, elle est authentique. Laisser un commentaire |
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