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Carton Rouge Professeur Uyttendaele !mercredi 28 septembre 2011, par Philippe Duvieusart 5 réactions
Sous le titre enfantin "Tricheur ? C'est celui qui le dit qui l'est" Marc Uyttendaele commet dans Le Soir du 17 septembre une "Carte Blanche". L'auteur, époux de Laurette Onkelinx, négociatrice pour le PS de la formation du gouvernement, est présenté ici en sa qualité de Professeur de droit constitutionnel et se livre à une virulente diatribe contre Olivier Maingain pour lui reprocher son "agressivité irrépressible". Carte Noire plutôt que Carte Blanche : "Indigne, faisant de la crise son fonds de commerce, imposture la plus flagrante, tricheur . . . " longue est la litanie des mots violents infligés à la victime du Professeur. Le fond de la critique porte sur la "tricherie" d'Olivier Maingain faisant "croire aux électeurs que tous les partis francophones se seraient engagés à obtenir l'élargissement de Bruxelles contre la scission de BHV" alors que "La réalité est, en effet, infiniment plus subtile. La revendication de cet élargissement était l'épouvantail agité par les Francophones en cas de scission "pure et simple" de l'arrondissement, soit une scission sans régime particulier pour les six communes à facilités". Flagrante contre-vérité et totale déformation des engagements écrits les plus solennels qui seraient ainsi vidés de l'essentiel de leur contenu. Tant dans l'accord signé par les quatre partis le 29 mars 2007 que dans la déclaration commune signée le 7 novembre 2007 par les bourgmestres des dix-neuf communes de la Région et des six communes à facilités, Philippe Moureaux, Armand DeDecker, Vincent Dewolf et Freddy Thielemans en tête, les partis francophones s'étaient solennellement engagés à l'élargissement de Bruxelles ou à une consultation contraignante ouvrant la voie au rattachement au moins des six communes à facilités. Ces engagements visent tous deux bien explicitement toute "remise en cause de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde", ce qui exclut évidemment toute limitation de ces engagements au seul cas de scission "pure et simple". L'introduction de ce concept et de cette condition de scission pure et simple viderait les engagement formels de l'essentiel de leur contenu. C'est cela la tricherie, présentée par le Professeur comme une "réalité infiniment plus subtile", une tricherie portant sur un point plus que fondamental et profondémment dommageable à la position des Francophones car, comme Philippe Moureaux le déclarait dans Le Soir du 25 septembre 2007, "Scinder BHV serait faire de Bruxelles une enclave en Flandre et "cela compromettra toute possibilité pour les francophones de s'organiser dans le futur, en cas de rupture avec la Flandre. On perdrait la dernière carte dans nos mains". Contrairement à ce que certaines rodomontades nordistes tentent de faire croire, la scission de BHV ne serait nullement à portée d'une majorité parlementaire flamande : tout nouvelle tentative unilatérale flamande de voter la scission de BHV - Eddy Van Rompuy parle à ce sujet de "lacher les chiens" - se heurterait aux interminables possibilités de délais du côté francophone et, surtout, en fin éventuelle de parcours parlementaire, à une impossibilité de promulgation, donc d'entrée en vigueur, d'application : on ne pourrait trouver aucun gouvernement, dont la Constitution exige qu'il soit à parité linguistique, pour décider de présenter ce texte à la signature royale. Le texte resterait donc lettre morte. Est-ce rester obstinément sourd aux revendications de l'autre communauté, comme Marc Uyttendaele en accuse Olivier Maingain, que de n'accepter la scission de BHV (en fait l'élargissement électoral de Louvain au prix d'une amputation de Bruxelles électoral) qu'à condition de maintenir l'exigence de la contrepartie, l'élargissemment de Bruxelles. La scission de BHV c'est, comme le Ministre Gilson le proclamait lorsqu'il a proposé les lois établissant les frontières linguistiques de 1962 et 1963, rompre l'équilibre de ce compromis. Accepter cette scission est une concession fondamentale des Francophones. Le vrai compromis implique alors l'élargissement de Bruxelles, conformément aux engagements des partis francophones. Céder, capituler sur ce point également donne une nouvelle fois raison à Théo Lefèvre : "Les Francophones on rentre dedans comme dans du beurre". Alors Professeur, Carte Blanche, Carte Noire, mais surtout Carton Rouge. Les derniers commentairesLaisser un commentaire |
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