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Catherine Ashton se prend les pieds dans le tapis des nominationsmardi 23 février 2010, par Jean Quatremer Voir en ligne : http://bruxelles.blogs.liberation.f... Depuis l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne, les anciens représentants de la Commission
L’exfiltration de Almeida a été décidée la semaine dernière par Barroso – et pas par Ashton qui n’a fait que ratifier cette décision, même si elle clame le contraire – pour calmer les États membres qui ne voulaient pas voir le service diplomatique européen tomber sous la coupe de la seule Commission : Barroso a donc dû admettre que son protégé, Portugais comme lui, et qui fut son chef de cabinet durant cinq ans, n’avait pas vocation à diriger le futur service diplomatique. Il est d’ailleurs désormais quasiment acquis que celui-ci sera dirigé par un diplomate français de très haut rang, fin connaisseur des affaires européennes et bourreau de travail, secondé par un directeur politique italien ou allemand. Le problème est que Barroso a oublié que le poste d’ambassadeur de l’Union ne relevait plus de ses seules compétences, mais que les États membres avaient aussi leur mot à dire (outre Ashton, bien sûr). En outre, envoyer un simple fonctionnaire à Washington pour succéder à un ancien premier ministre, l’Irlandais John Bruton, qui avait sur place des réseaux d’une rare efficacité, n’est sans doute pas la chose la plus intelligente à faire au moment où les relations transatlantiques connaissent quelques remous à la suite de l’annulation par Barack Obama du sommet UE-Etats-Unis. « Il y a clairement une décision de la Commission européenne de revoir à la baisse » le profil du poste, s’est plaint Carl Bildt, le ministre des affaires étrangères suédois (à gauche sur la photo). « Je ne suis pas vraiment certain que cela soit en conformité avec les ambitions du traité de Lisbonne ». Pierre Lellouche, le secrétaire d’État français aux affaires européennes, a abondé en son sens et va, comme l’a fait Bildt, formaliser dans une lettre sa volonté de voir les États consultés. Est-ce que cela remettra en cause la nomination d’Almeida ? Sans doute pas. Mais les Américains savent désormais qu’il n’est pas le choix des États membres, ce qui affaiblira sa position sur place.
Ancien ambassadeur à Washington, Mexico et Londres (entre 2001 et 2006), Usackas, 46 ans, a démissionné de ses fonctions de chef de la diplomatie lituanienne à la suite de conflits persistants avec la présidente de la République Dalia Grybauskaité, élue en juillet 2009. On a du mal à comprendre le choix d’Ashton – ou plutôt celui de Robert Cooper, le directeur général chargé des relations extérieures au Conseil des ministres ? -, car Usackas ne connaît rien à l’Afghanistan, à la différence de son prédécesseur qui fut ambassadeur d’Italie à Kaboul de 2004 à 2008 et qui avait la confiance des autorités afghane. Ce qui n’est pas le cas du Lituanien qui, de plus, est accusé par les médias de son pays d’avoir couvert l’existence d’une prison secrète de la CIA dans son pays en 2004 où des prisonniers afghans auraient été détenus… C’est peut-être là sa seule connaissance du conflit afghan. Voilà qui va en tout cas faciliter sa tâche sur place. Il faut espérer que les services de sécurité de l’Union sont au point. Lady Ashton s’est déclarée « satisfaite à 100 % de cette nomination et il n'y a rien qui puisse m'inquiéter », puisque la démission de Usackas n’a rien à voir avec la prison secrète de la CIA.
Si elle est contente, alors pourquoi s'inquiéter?
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