Devenez rédacteur


Ce Miller, il crève l’écran !

jeudi 20 novembre 2008, par Charles Bricman


translate : Nederlands English Deutsch +

 

Voir en ligne : http://blog.pickme.be/2008/11/20/ce...


 Je n’ai pas eu le courage, ce soir, de me déplacer jusqu’aux Halles Saint Géry pour assister au show de la RTBF avec Axel Miller (ex-Dexia), comme je l’avais promis à Damien, qui se démène comme un beau diable pour connecter la vieille dame au web. J’aurais dû. Ce Miller est une vraie bête de scène. Et une personnalité forte, déguisée en faux modeste. La politique a ses raisons que la raison ignore, mais je ne suis pas sûr que Sarkozy ait gagné autant que ce que Dexia a perdu avec l’éviction de son CEO. Enfin, il est resté sept ans dans les sphères dirigeantes de la banque, c’est plus qu’un mandat à l’Elysée désormais et, d’une certaine façon, c’est bien assez pour faire le tour de la question et changer d’air.

L’homme parle si haut et si clair que les journalistes - qui n’ont pas cherché à jouer les procureurs cette fois-ci - n’ont pu s’empêcher de lui demander s’il ne songeait pas à la politique. Il a prétendu que sa femme ne voulait pas tout en citant James Bond pour rappeler qu’il ne fallait jamais dire jamais… Personnellement, je le verrais plutôt enthink tanker de haut vol, en essayiste et consultant. Avec un ou deux bouquins qu’il pourrait nous pondre, il ne devrait pas avoir de mal à se tailler une aura à la Minc des débuts, la morgue et la suffisance en moins.

Incidemment, Axel Miller n’aura toutefois pas réussi à me réconcilier tout-à-fait avec cette émission qui, à mon humble avis, se la joue beaucoup trop “parisienne”, au sens bling-bling de l’épithète. Je pourrais m’en prendre aux séquences vidéos caricaturales et simplistes entre les séries de questions, mais il y a plus fondamental: c’est trop “jouette”, trop “show-bizz” et ça manque de focalisation. Le côté amusant de la chose, c’est que c’est l’invité lui-même qui l’a souligné à plusieurs reprises en tentant de ramener la conversation sur l’essentiel: la crise systémique qui a saisi toute la planète et dont il n’est pas sûr que tout le monde a bien saisi la véritable ampleur.

Cela aurait pu être une coquetterie, ou une façon d’esquiver les questions gênantes, mais ce Miller ne semble pas trop connaître la langue de bois. Quand il n’a pas envie de répondre, il le dit tout platement en expliquant soit que ça n’intéresse personne, soit qu’il ne serait pas opportun de sa part de livrer son opinion. Et il ne se prive par ailleurs pas des petites vacheries first class qui font le piquant de tout bon talk-show, comme quand il fait mine de se tromper sur le nom de son successeur, Pierre Mariani, rebaptiséMariano, comme ce bon Luis qui faisait se pâmer nos grands-mères.

C’est en tout cas une belle leçon de communication. Apparemment efficace car, au fil de la soirée, le score de Miller n’a pas cessé de grimper dans le mini-sondage (à la valeur très relative, certes) organisé sur le site de la RTBF.



translate : Nederlands English Deutsch +

Laisser un commentaire

?

Derniers articles de Charles Bricman :


Brouillard artificiel

Liberté d’expresion

Une fessée pour Richard

 

D'autres articles:

RTBF

Désinformation (Jérôme Delvaux)

Dans les ruines de la RTBF (PAN)

Sur le trottoir de la pub (Charles Bricman)


Crise

Austérité : à l’heure du dépit, pas de répit (Jean Quatremer)

LES CAHIERS AU FEU ET ELIO AU MILIEU ! (Alain Berenboom)

LA POLITIQUE DU PIS (Alain Berenboom)


Communication

L’Opus Dei, vers une communication volontariste pour une nouvelle image (morgan.edins)

Rendre du cœur au « Marché ». (Pascal de Roubaix)

Une (double) couardise (Bernard Delattre)


Axel Miller

Bas les masques (Dominique COLLINET)

Sarkozy a mangé tout crus les "p’tits Belges" (Phinéas Barnum)





Medium4You.be  Politique éditoriale | Conditions générales et vie privée | Contactez-nous