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Je suis libraire à Bruxelles, passionné de littérature et d’écriture, et viens de terminer une série de vingt "contes bizarres", dont onze sont publiés cette année chez l’éditeur Chloe des Lys à Tournai. J’ai mis un an à écrire ces contes, un an pour trouver un éditeur assez fou pour me faire confiance, un an pour mettre au point la maquette de ce recueil... il me faudra bien une quatrième année pour le faire connaître. Avec votre aide, s’il vous a plu. Ci-dessous, découvrez un extrait du conte intitulé "Lady Mary".
"Il était une fois un brave plombier bruxellois qui trouva dans sa boîte aux lettres un recommandé bien étrange : une longue enveloppe de couleur crème en papier kraft portant l’en-tête d’une étude notariale d’Edimbourg, Mac Duffy, Jefferson and Southpeak Associated. Gérald Dubois ne connaissait pas cette ville, mais il supposa qu’elle se trouvait en Grande-Bretagne, car la guirlande de timbres arborait autant de fois, et en plusieurs couleurs, le profil sévère et coincé de la reine Elisabeth. Et pour cause... la pauvrette venait de recevoir une volée de tampons postaux en pleine figure. Soit. Il tourna et retourna avec perplexité la lettre entre ses doigts puis se décida à l’ouvrir avec le tournevis multifonctions qui pendait comme un révolver à sa ceinture d’artisan. C’était en anglais (évidemment) et il ne comprit pas grand-chose, sinon qu’un certain Jeremy Southpeak Junior l’invitait à se présenter à son cabinet pour une affaire d’héritage. Le plus curieux, c’est que notre homme n’avait jamais franchi la Manche de sa vie, ne connaissait personne dans le pays et s’imaginait d’ailleurs que tous les Anglais étaient roux et portaient de grosses moustaches pour cacher leurs dents de lapin. Mais, le mot « héritage » ayant la même signification plutôt attirante dans les deux langues, il fit appel à un beau-frère qui se vantait dans les repas de famille d’être polyglotte... Après une longue conversation téléphonique avec une secrétaire qui ne comprenait pas l’anglais très personnel du traducteur et répétait inlassablement « will you repeat please » [1], il se confirma qu’un legs attendait notre brave plombier, là-bas aux confins de l’Ecosse. Mais quoi ? Combien ? Impossible d’en savoir plus. « Nous ne donnons pas de renseignements par téléphone... » Il ne restait plus qu’à faire ses bagages avec l’aide soudaine et inattendue d’une foule de parents et amis venus aux nouvelles." (...)
*** [1] Voulez-vous répétez s’il vous plaît ? Les derniers commentairesLaisser un commentaire |
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