Devenez rédacteur


De Wever et Maingain, chacun sur sa planète

mardi 25 mai 2010, par Charles Bricman

1 réaction
translate : Nederlands English Deutsch +

 

Voir en ligne : http://blog.pickme.be/2010/05/22/de...

Coïncidence ou clin d’œil de la Providence  – c’est la Pentecôte… -, il y a deux gazettes qui valent leur prix, ce samedi: La Libre qui publie une décapante interview de Bart De Wever et De Standaard qui, pour sa part, interroge Olivier Maingain.

De Wever m’épate toujours. Ce type est exceptionnellement doué pour l’analyse. Il met toujours le doigt là où ça fait mal:

On voit bien que chacune de nos deux démocraties est en train de se replier et que le critère de décision est devenu le paramètre francophone [d'un côté] et le paramètre flamand[de l'autre]. Il est devenu impossible de gérer ces deux démocraties [comme s'il n'y en avait qu'une seule] (les passages entre [crochets] sont de ma main, pour la clarté de la phrase).

C’est en effet le point crucial.

Ce n’est plus possible de continuer comme ça. On paye des impôts comme en Scandinavie et nous avons une dette comme le Sud de l’Europe! C’est l’inefficacité totale des structures de ce pays (…) Je vous dis: on est en train de jouer avec la prospérité des gens du sud comme du nord du pays: si on ne débloque pas la situation, en 2014, nous serons dans la même situation que la Grèce et il nous faudra l’aide du FMI et de la Commission européenne!

Mais cela ne semble pas émouvoir Olivier Maingain. Ce qui le préoccupe, lui, c’est le sort des francophones qui habitent en Flandre. Enfin… dans la périphérie bruxelloise.

Ces deux-là ne vivent donc manifestement pas sur la même planète. Et c’est fort ennuyeux.

 

A y regarder de plus près toutefois, les revendications de Maingain sont assez faciles à satisfaire, comme le relève Guy Tegenbos dans son édito.

Maingain (…) se demande pourquoi il ne peut soutenir sa langue et sa culture en Flandre, alors que les Portugais peuvent le faire. Les Portugais, monsieur Maingain, respectent les frontières, ne veulent pas nous « lusitaniser » et ne demandent pas non plus à venir décider en Flandre.
Cela enseigne que si la Communauté française acceptait les frontières intérieures et le principe de territorialité, beaucoup de choses deviendraient subitement possibles. Entre autres un accord culturel entre les communautés qui s’en porteraient mieux, l’une comme l’autre.

Ce que le journaliste n’aperçoit pas, ou feint de ne pas apercevoir, c’est que le président du FDF ne dit peut-être pas tout. Sont-ce vraiment les droits des francophones qui l’intéressent, ou bien plutôt le petit capital bien juteux que représentent quelques dizaines de milliers d’électeurs qui se sentent « opprimés » en Flandre?

J’ai le même souci avec Bart De Wever, d’ailleurs.  Il est prisonnier lui aussi d’un électorat de Dupont-Lajoie flamands, ni plus ni moins agressifs et haineux pour l’Autre que leurs correspondants francophones.

En leur temps (1977), des Schiltz et des Outers avaient eu le courage de passer outre et de brûler leurs vaisseaux en élaborant le pacte d’Egmont. L’establishment belgicain (le CVP de Tindemans, contre celui de Martens) a réduit cet espoir à néant, avec l’appui circonstanciel des myopes les plus radicaux du Mouvement flamand. Schiltz et Outers ont payé leur audace au prix fort. S’ils avaient réussi, on ne parlerait aujourd’hui plus de BHV: l’arrondissement serait splitté depuis trente ans et les « droits d’inscription » pour les francophones d’au-delà les communes à facilités seraient également éteints…

C’est le président de la Volksunie, Hugo Schiltz, qui avait initié le mouvement qui conduisit à la conclusion du pacte d’Egmont. En envoyant un billet à Willy Claes, dans les allées du parlement. Quel francophone influent oserait-il aujourd’hui envoyer un post-it à Bart de Wever ou à Kris Peeters? Ou à Johan Van de Lanotte? Pour donner une dernière chance à un Etat belge considérablement amaigri mais enfin efficace, au bénéfice de tout le monde?




translate : Nederlands English Deutsch +

Les derniers commentaires

  • De Wever et Maingain, chacun sur sa planète

    par Murat Bruxelles (IP:xxx.x28.58.173) - 27 mai 2010 10:17

    "Frontières, frontières intérieures et le principe de territorialité", on parle de quoi là, d’un pays ou de plusieurs pays ?
    Pour la Flandre, il faudrait que les francophones abandonnent les leurs qui vivent dans les communes à facilités de la périphérie à (ils y représentent parfois, 80 % des habitants !!!)



    Et quoi encore ?



    La Flandre veut son indépendance,je lui souhaite bon vent, mais elle n’aura pas Bruxelles et merci à Mr Maingain de nous défendre, car les autres dirigeants pensent bien plus à leur petite carrière minable qu’à l’avenir de Bruxelles et de la Wallonie.

    Répondre à ce message  Signaler un abus

    commentaire constructif  ?  oui  2  non

Laisser un commentaire

?

Derniers articles de Charles Bricman :


Brouillard artificiel

Liberté d’expresion

Une fessée pour Richard

 

D'autres articles:

Bart De Wever

5 pourcents de chances ? (xaviereco)

Belgique : les latrines des indépendantistes flamands (Jean Quatremer)

Belgique : Les larmes de De Wever (Jean Quatremer)


Olivier Maingain

Carton Rouge Professeur Uyttendaele ! (Philippe Duvieusart)

A M. Olivier MAINGAIN (Lord Jim)

Alors là, non ! (Belge et fier de l’être)





Medium4You.be  Politique éditoriale | Conditions générales et vie privée | Contactez-nous