Dix-huit ans après, le canard est toujours vivant
mardi 13 janvier 2009, par
Charles Bricman
Voir en ligne : http://blog.pickme.be/2009/01/12/di...
En cherchant l’inspiration pour ma chronique de demain matin, je suis retombé sur un des derniers articles que j’aie écrit en tant que journaliste professionnel, dans Le Soir du 28 août 1990, avant de rejoindre le service juridique de l’ULB (merci les archives). Il y a donc un peu plus de 18 ans de cela. Je ne résiste pas au plaisir de ce petit coup d’oeil dans le rétroviseur. Dites-moi donc si vous vous sentez dépaysé à relire ces lignes (un Bush était président des Etats-Unis, mais c’était George Herbert, le daddy de Double You; un Van Rompuy présidait le CVP mais là, c’était déjà bien notre Herman nationalfédéral) :
De l’urgence de la troisième phase
Retour aux «vrais» problèmes?
Le président du CVP a effectué hier sa rentrée politique dans les colonnes de la «Gazet van Antwerpen». Pour Herman Van Rompuy, la crise du Golfe a redistribué les cartes et le débat politique, après les vacances, sera assez différent de celui auquel on s’attendait. La troisième phase de la réforme de l’État? Oui, sans doute, mais les dossiers socio-économiques deviennent beaucoup plus préoccupants. Et risquent de reléguer le communautaire au second plan.
Cette déclaration vient immédiatement après les propos que tenait le président du parti socialiste dans les colonnes du «Soir» (nos éditions du 24 août). Guy Spitaels, rappelons-le, y assurait qu’il n’oubliait pas la troisième phase, qu’il en demeurait partisan, mais qu’il ne voulait à aucun prix d’une mini-troisième phase et que le gouvernement ne devrait en aucun cas commettre l’erreur magistrale de ne pas concrétiser les projets économiques et sociaux qui sont prêts, ou quasi prêts.
Sur ce point au moins, les deux principaux partis de la coalition semblent donc partager la même longueur d’ondes: priorité aux «vrais» problèmes… Ce qui n’est toutefois pas forcément du goût de tout le monde au sein de la coalition. Ainsi, le président de la Volksunie, Jaak Gabriëls, a-t-il pour sa part quelque peu haussé le ton au début du week-end, et déclaré que pour son parti, le non-respect de la déclaration gouvernementale en matière de réformes institutionnelles représenterait un point de rupture.
Cela dit, comme on a déjà eu l’occasion de la constater, les nationalistes flamands ont surtout en vue la suppression du double mandat et l’élection directe des conseils communautaires et régionaux. Ce que Spitaels appelle la «mini-troisième phase»…
«Mini» ou «maxi», il résulte de tout cela que la troisième phase fait de plus en plus figure de mythe, dans cette législature tout au moins. Et que la seule question qui se pose est de savoir si, sachant cela, la Volksunie ne va quand même pas se sentir obligée de quitter le navire à l’approche d’une échéance électorale qu’elle redoute comme la peste. Auquel cas le sort de la législature dépendrait des événements internationaux et de la capacité du PS et du CVP à s’entendre sur la façon de combattre les conséquences de la crise du Golfe. À constater que l’approche des élections - dans un peu moins d’un an et demi… - commence à influencer sérieusement l’humeur et les propos tenus par les uns et les autres qui cherchent à se faire voir sous leur meilleur profil, on peut évidemment se poser l’une ou l’autre question…
Ch. B.
Herman disait l’autre jour, à la tribune de la Chambre, que nous étions un pays d’évolutions, pas de révolutions. Une évolution? Il y a donc quelque chose qui aurait évolué? Ah oui: le CD&V sans doute, qui était encore le CVP à l’époque. Herman n’est plus président, il a pris du galon. Spitaels a passé la main, c’est dommage je l’aimais bien. Gabriëls est devenu libéral et s’est replié sur sa ville de Bree, dans le Limbourg. Mais pour le reste, on n’a touché à rien. Et la barbaque, dans le frigo institutionnel, a pris une drôle d’odeur, depuis que tous les plombs ont sauté…
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