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Or donc, cette fois-ci la bonne (hem) surprise me vient de FalconHill et de Thaïs : il s’agit de prendre un livre, l’ouvrir à la page 123, passer les 5 premières lignes et citer les 5 suivantes. Bien bien. Ahh vous en voulez, de la littératture ? Je m’en vais vous en donner, et ce ne sera pas pour les mauviettes. C’est le moment d’ouvrir la section sous clé de ma bibliothèque. Voyons voir...Donatien, Alphonse, François de Sade, dans "Les infortunes de la vertu." Voilà qui conviendra fort bien. Page 123, 5ème ligne, donc : « (.../...) vers la fin août, il n’y vient pas dix personnes dans l’année. Cependant lorsque quelques étrangers s’y présentent, le gardien a soin de les bien reçevoir et de leur imposer par des apparences sans nombre d’austérité et de religion ; ils s’en retournent contents, ils prônent (.../...) » Ben quoi, vous êtes déçus ? Vous vous attendiez à quelque chose de plus...corsé ? Je vous comprends, mais que voulez-vous : il y a aussi des passages très convenables et anodins dans l’oeuvre controversée du Marquis ;-) Y compris dans cette oeuvre, qui fut interdite en France jusqu’en 1960. Ce que vous ne savez peut être pas, c’est que le Marquis de Sade, bien qu’il soit surtout connu du grand public pour son libertinage et son goût des pratiques youplà boum un tantinet hors normes, passa la majorité de sa vie en prison pour des raisons politiques, et non pour des faits de moeurs. Contrairement à ce que beaucoup de gens croient, les oeuvres de Sade ne sont pas purement pornographiques. La majeure partie comporte également de longues dissertations et réflexions philosophiques portant sur la nature de la Morale, l’existence (ou l’inexistence) de Dieu, l’exercice du Pouvoir et les excès qu’il engendre, les rapports hommes/femmes dans la société ainsi que les différences de classes sociales et les injustices qu’elles génèrent. Les héros de Sade ne se contentent pas de transgresser la loi, les bonnes moeurs et la Morale : ils expliquent pourquoi ils le font, et quelles sont les raisons sociétales qui les y ont poussés. Leur démarche est certes déviante dans son application, mais c’est à des fins politiques et subversives. Et c’est ce message-là qui a valu à son auteur de pourrir en prison. Bien plus que ses frasques libertines et pan pan cul cul...ce n’est pas chose nouvelle que de dire que le pouvoir en place, quel qu’il soit, n’apprécie que fort peu les libre-penseurs...
Internecivus raptus. (Qui ne possède hélàs pas l’édition de 1791, mais bien celle de Flammarion datant de 1997. Et effectivement, je ne refile ce tag à personne. Voilà.) Laisser un commentaire |
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