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Elections du 13 juin : de quoi les mutuelles et syndicats ont-ils peur ?lundi 31 mai 2010, par DimBarth A l’heure où « La Libre Belgique » s’efforce, au travers d’une série d’articles, de décoder les motivations flamandes, au cœur de la crise communautaire qui nous amènera à aller voter ce 13 juin, je m’interroge, quant à moi, sur ce qui peut expliquer le désintérêt apparent des grandes organisations sociales de notre Pays pour ce scrutin qui approche ?...
Ce bref rappel permet de mesurer l’impact important que peuvent avoir les organisations sociales de notre Pays, en l’occurrence au plan politique, mais bien sûr aussi aux plans économique et social. Elles qui constituent le ciment de tout notre système de concertation sociale ; elles qui ont conservé, jusqu’ici, leur unité nationale en cohérence avec notre actuel système de sécurité sociale ; elles qui constituent la voix principale du modèle social belge… Comment peuvent-elles rester à ce point muettes alors qu’il apparaît, de plus en plus clairement, au travers de la campagne électorale actuelle, que non seulement B. De Wever et la N.VA, mais, à sa suite, également bien d’autres formations politiques du Nord du Pays, remettent en cause le caractère fédéral de notre Sécurité Sociale ? Serait-ce la peur de leur propre démentellement qui les tétanise ? Ou est-ce là le reflet d’une plus large stratégie politique wallonne, dont la pertinence m’échappe personnellement, consistant faire la sourde oreille, face aux revendications séparatistes flamandes, pour ne pas provoquer les plus extrémistes d’entre eux ? Parce qu’en face des surenchères régionalistes flamandes, il y a bel et bien un front francophone, mais celui-ci apparaît, tous les jours un peu plus, silencieux, donc consensuel, sur des enjeux pourtant vitaux, pour la sauvegarde d’une Belgique fédérale qui ait encore un peu de sens et de consistance, demain… Rappelons encore, si nécessaire, que sans le formidable mécanisme de solidarité institutionnelle (entre actifs et non actifs, entre générations, entre sous régions, et entre communautés…) que constitue notre système unique de sécurité sociale, pas moins de 44% de nos concitoyens se trouveraient sous le seuil de pauvreté. Les débats communautaires sur la sécurité sociale ne datent pas d’aujourd’hui ; ils se sont singulièrement renforcés suite à la grave crise économique qui marquera toute l’Europe, suite au choc pétrolier de 1973. Pourtant, même si la longue crise économique que nous avons eu à traverser, à la fin du 20ème siècle, a profondément affecté les relations entre interlocuteurs sociaux, jamais aucune brèche ne sera tolérée à ce qui fonde toute notre politique économico-sociale. Dès lors, au-delà de toutes querelles, les partenaires sociaux ont néanmoins toujours veillé à assurer le bon fonctionnement des institutions qui fondent, non seulement notre cohésion sociale, mais aussi toute notre politique économique : conventions sectorielles, commissions paritaires, accords interprofessionnels, accords médico-mutuellistes, gestion paritaire de l’ONSS et des divers organismes parastataux liés,… Il apparaît, de fait, clairement à tous acteurs du système que scinder radicalement notre sécurité sociale entrainerait, automatiquement, la fin de l’Etat belge, puisqu’elle engendrerait la communautarisation de la dette publique et de l’ensemble des instruments de politique économique ! Aussi, ce scénario séparatiste apparaît dangereusement archaïque. En outre, il stigmatise encore la notion de fautes et de responsabilités individuelles, alors que la sécurité sociale s’est construite sur la notion de risques liés au développement de la société industrielle et de solidarité collective. Le chômeur serait le premier responsable de sa faible qualification, le malade serait responsable de son état de santé défaillant vu son mode d’alimentation, l’invalide aurait clairement manqué de précaution. De même, dans cette perspective étriquée, si la Wallonie accuse des déficits économiques et sociaux, ce serait parce qu’elle est terre de nonchalance, terre d’argent facilement gagné au guichet de l’Etat-Providence, plutôt qu’à celui durement gagné au travail. Alors, le formidable filet de sécurité d’existence que nous avons construit, au fil de notre histoire collective nationale, au service de la dignité humaine ne mérite-t-il pas aussi un APPEL à nos organisations sociales : au nom de notre sécurité sociale (individuelle et collective), ne peuvent-elles dire fermement, désormais, aux acteurs politiques qu’il est grand temps de mettre un terme à leurs querelles communautaires d’un autre temps… L’ heure est venue, pour eux (elles), de prendre pleinement la mesure de leurs responsabilités, au-delà de toute vaine stratégie électorale de court terme, au-delà de toute forme de démagogie, au-delà de toute peur communautaire, en osant réaffirmer fortement les valeurs qui fondent notre Etat ! D’avance, je remercie tous ceux (celles) qui soutiendront cet appel dans les jours qui viennent. D’avance, je remercie nos organisations sociales, d’indiquer clairement aux électeurs, que tout acteur politique ne se prononçant pas clairement comme défenseur de notre système de sécurité sociale fédérale, deviendra INFREQUENTABLE à leurs yeux, après le 13.06.2010 ! DimBarth Laisser un commentaire |
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