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En Wallonie, l’idée d’un rattachement à la France n’a pas la cote mais l’espoir fait vivre les militants

lundi 21 mars 2011, par François Collette

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Voir en ligne : http://francoisquinqua.blog.lemonde...


La prise de conscience que le sort et l’avenir de la Wallonie sont intimement liés à un rattachement de celle-ci à la République est totalement absente du débat politique en Belgique francophone, n’en déplaise à ceux qui croient aux sondages. Pire, cette idée est taclée d’office par la majorité du peuple wallon. 

Avant qu’une éventuelle discussion puisse naître en France sur l’opportunité ou non d’accueillir au sein de la République 3,5 millions de voisins francophones, il faudrait évidemment qu’une demande officielle, motivée et sans réserve soit faite par le peuple concerné. Au grand dam des militants, il faut bien constater que ce ne sera pas demain la veille. Ce rêve de quelques milliers de convaincus quelque peu utopistes est pour le moins un fantasme et il le restera encore longtemps. 

Cacophonie, dissidence et absence de visibilité 

Le mouvement « rattachiste », que certains préfèrent dénommer « réunioniste » dans le sens d’un retour à la ‘Mère Patrie’ d’avant 1815, souffre d’un double handicap interne : il est morcelé en groupuscules concurrents et sa vision des effets positifs d’un rattachement avec la France est purement virtuelle et théorique. Comment d’ailleurs pourrait-il en être autrement quand l’éclatement de la Belgique l’est pour l’heure tout autant ? La promotion de l’idée est donc très difficile à mener face à une opinion publique qui, globalement, aime la France mais pas trop les Français.  

Le leader historique de la mouvance est le Rassemblement Wallonie France (RWF). Il n’a jamais récolté plus de 1,5 pc des suffrages aux scrutins fédéraux et régionaux et il ne compte aucun élu. Les conflits internes l’ont miné et des dissidences se sont créées, parmi lesquelles le GEWIF, Groupe d’Etudes pour la Wallonie intégrée à la France, qui milite pour une alliance progressive du type ‘Territoire d’Outre-Mer’ (!). 

Outre le fait que les forces sont dispersées, aucun personnage charismatique n’est à même de fédérer tout ce petit monde ni, encore moins, de porter la bonne parole comme le fait Bart De Wever en Flandre. A cela il faut ajouter le manque flagrant de relais crédibles au sein de la classe politique française.   

La classe politique wallonne, belge par intérêt plus que par conviction 

A quelques exceptions près, la classe politique wallonne considère le mouvement rattachiste avec condescendance et mépris car il ne faut surtout pas aller dans son sens. Un rattachement à la République signifierait de facto une perte incalculable de pouvoir et d’influence pour les barons de la particratie. La Wallonie devenant une Région française comme les autres dans un Etat aussi centralisé, les postes de pouvoir et de représentation seraient très limités par rapport à ceux de la Wallonie qui foisonnent à tous les niveaux. 

Le mode de scrutin majoritaire à deux tours fait aussi craindre le pire aux élus wallons habitués, pour la plupart, à être réélus quasi systématiquement du fait du scrutin à la proportionnelle. En Belgique, l’on vote pour un parti et non pas pour une personne. Les listes sont constituées de façon à ce que les barons soient toujours réélus. Coalition oblige, chaque parti conserve toujours un petit coin dans le marigot.   

Le rôle insidieux de la presse et des médias 

La presse et les médias, subventionnés par la Communauté Française de Belgique (‘Wallonie-Bruxelles’) et dont le penchant belgicain n’est plus à démontrer, ne crachent évidemment pas dans la soupe. Peu de place y est consacrée aux faits et gestes des « rattachistes ». On y décèle aussi, diffus mais bien réel, un léger sentiment anti-français. Certains quotidiens prennent un malin plaisir à mettre en exergue les travers et cancans politico-pipoles de la France et de ses dirigeants pour bien faire comprendre que « nous, on ne mange pas de ce pain-là » et que l’herbe n’est pas plus verte de l’autre côté de la frontière, bien au contraire.  

Pédagogie et communication 

Dans de telles conditions, on comprend aisément qu’il y a un immense travail pédagogique et de communication à entreprendre pour sensibiliser les Wallonnes et les Wallons au bien-fondé d’un rattachement à la France.   Le mouvement rattachiste ne pourra compter que sur ses propres forces. La première tâche sera de rappeler l’Histoire qui unit nos deux peuples. La seconde, bien plus lourde, sera de vaincre le sentiment de méfiance et de défiance qui s’est durablement installé dans l’opinion publique envers tout ce qui est français Pour cela, il faut un grand communicateur charismatique et crédible mais pour l’instant il n’y en a pas.

 . 


 


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Les derniers commentaires

  • En Wallonie, l’idée d’un rattachement à la France n’a pas la cote mais l’espoir fait vivre les militants

    par Pierre@s (IP:xxx.x6.3.121) - 21 mars 2011 11:32

    “Le rattachement à la France, s’il survient, ne sera sans doute pas le résultat d’une lente maturation. Il pourrait être rapide, accidentel, et pas nécessairement désiré par une majorité de citoyens…”
    Vincent de Coorebyter, directeur du CRISP en interview au Soir



    Quant à moi, j’en ai marre de ceux qui tout en critiquant la Wallonie, leur Wallonie, en reprenant le discours flamand lui-même repris bêtement par un parti francophone de droite, se tirent une balle dans le pied.

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  • En Wallonie, l’idée d’un rattachement à la France n’a pas la cote mais l’espoir fait vivre les militants

    par alain (IP:xxx.x10.244.147) - 21 mars 2011 20:59

    Aujourd’hui j’ai participé à une conférence organisée par la direction de Bpost sur l’avenir.
    OBJECTIF 2020.
    Suppression d’emploi,réorganisation du service de distribution.
    Attaque unilatérale sur le statut des travailleurs.
    La construction d’un nouveau centre de tri à Neder Over Hembeek sur l’ancien site de carcocke contaminé par des métaux lourds.
    L’administrateur des postes n’est plus apte a diriger cette entreprise publique.
    Bravo à la poste française qui fait de résistance.

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  • En Wallonie, l’idée d’un rattachement à la France n’a pas la cote mais l’espoir fait vivre les militants

    par Le socialiste de type soviétique ! (IP:xxx.x10.244.147) - 22 mars 2011 04:04

    Avez-vous pris connaissance des commentaires de JP Aron sur l’édition néerlandaise ?

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  • En Wallonie, l’idée d’un rattachement à la France n’a pas la cote mais l’espoir fait vivre les militants

    par L’enfoiré (IP:xxx.x19.146.162) - 22 mars 2011 20:28

    Comme je l’ai dit ailleurs, c’est toujours à lire
    http://www.laprocure.com/livres/bau...

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    • En Wallonie, l’idée d’un rattachement à la France n’a pas la cote mais l’espoir fait vivre les militants

      par pierre@s (IP:xxx.x34.229.193) - 22 mars 2011 21:03

      Recueil stupide de clichés éculés que ce livre que vous nous recommandez.
      L’auteur : un ami à vous qui entretient son complexe ???

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      • En Wallonie, l’idée d’un rattachement à la France n’a pas la cote mais l’espoir fait vivre les militants

        par L’enfoiré (IP:xxx.x19.146.162) - 22 mars 2011 21:09

        Clichés éculés ?
        Un ami, l’auteur ? Non, je ne connais pas.
        N’en avez-vus pas des Belges ?
        Vous avez quitté la Belgique depuis trop longtemps.
        Vous en voulez un peu plus ?
        Du plus ancien ?
        Allez chercher "Ne m’appelez plus jamais France" sur mon blog.
        Je n’ai pas été le seul à vous donner son avis. smiley

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        • En Wallonie, l’idée d’un rattachement à la France n’a pas la cote mais l’espoir fait vivre les militants

          par Pierre@s (IP:xxx.x6.3.121) - 23 mars 2011 08:27

          Vous faites erreur dans votre jugement à mon égard :
          Je vis en Belgium depuis toujours. Il est vrai que je compte pas y finir mes jours.
          Je n’idéalise pas la France. Mais force est de constater que ce pays n’est pas bloqué comme l’est le nôtre. J’en tire donc les conclusions d’autant, ne vous en déplaise, que ma culture est française et que mon identité de Wallon (je sais, il paraît que nous n’en avons pas) s’inscrirait parfaitement entre celle du Lorrain, du Breton, du Limousin, du Savoyard.....
          En tout cas beaucoup mieux que dans cet état belgo-flamand qui est encore le nôtre.

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  • En Wallonie, l’idée d’un rattachement à la France n’a pas la cote mais l’espoir fait vivre les militants

    par L’enfoiré (IP:xxx.x19.146.162) - 22 mars 2011 21:12

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  • En Wallonie, l’idée d’un rattachement à la France n’a pas la cote mais l’espoir fait vivre les militants

    par Pierre@s (IP:xxx.x6.3.121) - 23 mars 2011 08:53

    ......... lu par hasard ce matin ........



    "Les Belges sont l’archétype d’un peuple totalement commercialisé, d’un peuple digne, industrieux, stable certes, mais d’un peuple qui a renoncé à toutes les visions, à tous les rêves, à tous les idéaux nationaux ; d’un peuple dont l’ambition presque universelle est devenue la richesse et le confort individuels. Dans ces conditions, ce peuple, en quelque sorte, a renoncé. Il a renoncé parce qu’il a subi trop de désastres, d’humiliations, de défaites, d’occupations ennemies, d’armées étrangères foulant son territoire. Dans ces conditions, ce peuple est définitivement marqué par sa propre impuissance à forger son destin. ses esprits les plus hardis et les plus énergiques eux-mêmes ont tendance à choisir le confort personnel et la sécurité à tout prix. En politique, ils ne sont plus ni de droite ni de gauche, ni progressistes ni réactionnaires, ni nationalistes ni internationalistes : ils sont belgifiés."



    (Trotsky)

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    • En Wallonie, l’idée d’un rattachement à la France n’a pas la cote mais l’espoir fait vivre les militants

      par L’enfoiré (IP:xxx.x19.148.254) - 23 mars 2011 08:58

      Pierre,
      Faudrait réviser vos auteur. Nous vivons au 21ème siècle et pas au temps de Trotsky.
      Je suis Bruxellois de souche, ni flamand, ni wallon.
      Ce qui fait une grande différence.
      Nous sommes bien plus européen que vous pouvez l’imaginer.
      Je dis européen. Quand on compte les cultures par ici, cela dépasse même ses frontières smiley

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      • En Wallonie, l’idée d’un rattachement à la France n’a pas la cote mais l’espoir fait vivre les militants

        par L’enfoiré (IP:xxx.x19.148.254) - 23 mars 2011 09:05

        Je vous rappelle que nous avons 180 ans en "stand alone". Cela crée quelques différences notoires avec nos anciens "colonisateurs".
        En Flandre, on n’aime pas trop les "Nederlanders".
        Quand je parle en "beschaafd nederlands", on me regarde de travers.
        Pourquoi en serait-il autrement dans le Sud ?
        Nos belgicismes vous font sourire.
        Nous en sommes fort aise.
         smiley

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