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Petit retour sur la crise... Pour rappel, nos économies sont donc en crise... Nous avons déjà parlé des subprimes et des causes potentielles... Pour contrecarrer au maximum les effets de la conjoncture, les gouvernements ont pris une série de mesures de soutien... Et au plus je regarde les mesures prises, au plus je me pose la question de leur réelle efficacité... et du monitoring qui a accompagné ces mesures. Pensons à la prime à la casse (au passage, les primes en Allemagne sont épuisées...) qui a, je pense, juste retardé l'effet de la crise. A ce sujet, quand les effets de la prime seront épuisés, et si vous avez toujours rêvé de votre berline Allemande, ce sera le moment de regarder, ça va être la grande braderie! Puis souvenons nous des garanties aux banques... aujourd'hui tout le monde semble s'émouvoir qu'elles renouent avec les bénéfices. Rien d'anormal cependant, les banques ont acté leurs réductions de valeur... les banques européennes n'étaient pas si touchées. Le vrai problème qui s'est posé c'est le manque de confiance. Du coup, plus de prêts interbancaires très court termes et des banques qui ne peuvent alimenter le marché ni honorer leurs obligations. Ce n'est pas pour autant qu'elles étaient en mauvaise santé... Je ne vais même pas vous parler de la lamentable affaire Fortis dont on a dit que la banque se mourrait alors que son ratio de solvabilité est un des plus solides en Europe... et ce , encore aujourd'hui. La probablement pire solution (mais y en avait il une autre) c'est l'inondation massive de devises, le fait de faire tourner la planche à billet à tout va. Nous nous préparons une inflation carabinée et une nouvelle chute des bourses. Pour moi, nous aurons une reprise en W. Et les robinets restent grands ouverts. Ainsi, le WSJ nous explique que Jean-Claude Trichet, president of the European Central Bank, said Thursday that the significant contraction in the euro-zone economy has ended, but that the ECB will keep its money taps open to support a recovery. Si ça, ce n'est pas préparer une inflation... Pire? Oui...il y a pire, ce sont les mensonges diffusés à cet égard. Selon nos gouvernants, ça ne causera aucune inflation, tout est sous contrôle... C'est ça quoi, tout va très bien madame la Marquise. Pourquoi une inflation? Parce qu'on ne met pas autant d'argent en circulation sans en subir un moment les effets secondaires. Les politiques en place prétendent maitriser l'inflation à venir pourtant les autorités n'en feront rien. Elles ont même besoin de cette inflation. Prenons le cas des Etats Unis (source Trends Tendances). En ce moment, les USA dépensent 185% de leurs recettes et s'acheminent vers un déficit de 13% de PIB. Pour clôturer leur budget, les américains doivent trouver 1.800 Mia de dollars... Et il ne pourront en emprunter que la moitié (en interne ou à l'étranger) . Le reste? La planche à billet devra s'en charger et s'en charge déjà. Il existe différentes théories sur l'inflation (FTPL, Sargent et Wallace (politique budgétaire dominante), Sargent (Système Ricardien et non Ricardien), Begg et Haque (Dette publique), Woodford, Buiter etc etc) . Qu'est ce que j'en retiens pour ma part dans la situation actuelle?
Première action discrète de la BCE : on maintient les taux bas. Le but des taux bas est de relancer l'activité et de mettre de l'argent (encore!) a disposition à bon marché, ce qui n'est pas répercuté par les banques aujourd'hui. Tant que les banques ne le répercuteront pas sur les marchés, inutile de rêver à un quelconque frémissement. Deuxième action à venir : à mon avis est que les banques vont être forcées par les autorités publiques à répercuter les taux vers leurs clients (mais en conservant une marge qui permettra d'alimenter les budgets des gouvernements actionnaires de nos banques). Limite, les banques attendent juste d'avoir reconstitué leurs réserves, et elles s'y emploient croyez moi, pour commencer à répercuter les taux. Le gouvernement a besoin que la demande augmente... car celle-ci pourra causer l'inflation dont ils ont besoin pour diminuer leur dette. A ce moment là, nous aurons un redémarrage de la consommation, et ce sera aussi le moment ou le niveau général des prix augmentera... mais ce n'est pas tout. La Poule Mouillée En dehors de l'aspect consommation, si on reprend les équations de Leeper, mon hypothèse de ménages Ricardiens, que l'on pose que nous sommes en situation de politique monétaire active et de politique budgétaire active... aux objectifs opposés! Ceci est possible car nous avons deux autorités différentes qui tiennent chacune un des leviers et chacune à une mission, un objectif différent (Sargent & Wallace):
Le premier résultat des équations de Leeper (Regime IV, pol. Mon. et Budg. active) est un modèle instable. Imaginons un choc permanent de la demande (démarré grâce à un taux d'intérêt faible). L'inflation est durablement plus élevée. Le taux d'intérêt réel est plus fort. La politique budgétaire ne réagit pas et la dette publique est explosive (le Trends du 08/09/2009 nous signale que nous nous orientons vers une dette publique à nouveau supérieur à 100%). Je pose donc comme acquis que nous n'échapperons pas à l'inflation. Ce qui est plus inquiétant encore, c'est le "jeu de la poule mouillée" (voir théorie des jeux) qui est lentement en train de se dessiner. Nous nous retrouvons donc dans une situation qui risque bien de s'empirer malgré la relative embellie actuelle. Et la reprise actuelle alors? Il y a effectivement une embellie pour le moment sur le terrain économique. Je n'ai pas envie de jouer les Cassandre mais mon hypothèse actuelle est que nous sommes dans une configuration en W et que la crise n'a pas encore fini de purger les toxiques de nos économies. La reprise actuelle s'explique par le fait que les entreprises ont cessé toute commande et fourniture vu la diminution de leur carnet de commande. Leurs stocks étant arrivé à leur limite, ils doivent les reconstituer ce qui explique partiellement du moins la reprise dans le secteur industriel. Les bourses rebondissent aussi car les faibles taux offerts par les banques et les quelques bonnes nouvelles redrainent une partie de l'épargne vers le terrain des actions... Néanmoins, les signaux inflationnistes et le probable relèvement des taux de la BCE et autres Fed à venir risquent bien de briser cette reprise ne reposant sur aucune vision long terme de nos économies et des entreprises qui les constituent. Aujourd'hui, on pare au plus pressé... Nous n'avons pas encore trouvé la nouvelle technologie, le nouveau hype qui tirera de nouveau l'activité et recréera une bulle. Pardon? Vous imaginiez que les bulles c'était fini? Alors c'est ma prochaine mauvaise nouvelle, l'économie ne progresse que par le biais de bulles et de crises. Toute l'histoire de l'économie n'est faite que de cela. Et vouloir les éviter serait aussi la pire erreur que nous commettrions: adieu évolution et innovation. Le jeu est de sentir à temps quand ça va nous sauter au visage... Alors que faire? Comme toujours, diversifiez vos placements. Ce qui s'annonce n'est absolument pas réjouissant mais nécessaire (et ça nous fait une belle jambe, je sais...). N'épargnez pas trop en liquidité, la valeur de votre argent va diminuer... les Obligations et Bon d'Etat même combat.. l'Etat compte dessus pour se financer à bon compte grâce à l'inflation. Ne refuser par une petite part de risque... mais les conseilleurs ne sont pas les payeurs n'est ce pas? Tout concoure en tout cas à nous mener droit dans l'inflation et le déficit monumental. Bon courage... Laisser un commentaire |
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