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Enfin : 10 propositions pragmatiques pour Bruxelles !vendredi 28 novembre 2008, par Albert Muda 4 réactions
Voici en primeur pour le Net, les 10 priorités de LiDé pour Bruxelles. Je cite: Philosophie de base : « Laissons Bruxelles aux Bruxellois » Sept points de départ : 1. Bruxelles est une Région à part entière. L’impact économique de Bruxelles ne s’arrête pas aux 19 communes mais Bruxelles rayonne économiquement sur l’ensemble de la Belgique et doit être le phare de son développement ainsi que le nom que les Régions utilisent pour se promouvoir à l’étranger, à l’instar de Maryland et Virginia qui se promeuvent sous le banner : « to invest in greater Washington ». 2. Il faut faire une distinction entre l’impact économique et les frontières administratives. Les frontières administratives concernent la gestion. Une Région de plus d’un million d’habitants présente une échelle suffisamment large pour une gestion administrative rationnelle et optimale. 3. Les frontières administratives n’empêchent pas la collaboration économique. La collaboration entre Lille, Mouscron et Courtrai n’implique pas la révision des frontières entre la Belgique et la France. Toute forme de collaboration de Bruxelles avec ses régions adjacentes est louable (par ex le projet route 2018), mais la remise en question des frontières n’est pas à l’ordre du jour. D’ailleurs, Bruxelles est la capitale de l’Europe sans frontières. Dans un tel lieu, une discussion de la révision des frontières est un non-sujet. Les frontières sont dans les « têtes » des gens et c’est là qu’il faut les enlever. 4. Bruxelles est une ville riche (PIB/C de 55000 euros) avec une population pauvre (27%). Le nombre de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté doit nous faire honte et ce n’est pas digne de la capitale de l’Europe. La lutte contre la pauvreté est une des priorités absolues. 5. La gestion de Bruxelles est complexe à cause d’un patchwork de structures. Le patchwork de structures est notamment dû à la double logique communautaire et régionale et à des communes physiquement imbriquées l’une dans l’autre. Il faut donc régionaliser les aspects communautaires et rationaliser le partage des compétences entre les communes et la région Bruxelloise. 6. Les Bruxellois ne sont ni Flamands, ni Wallons, mais une multitude des personnes parlant environ 200 langues. Les lois linguistiques sont donc obsolètes. Bruxelles comme capitale de l’Europe et digne de l’être doit être ouverte à intégrer au maximum cette donnée dans la gestion administrative. 7. La scission de BHV Elle doit s’intégrer dans une opération au sein de laquelle simultanément sera adoptée : - la circonscription fédérale pour une grande partie du Sénat et de la Chambre - le principe de Bruxelles comme Région-Capitale bilingue français-néerlandais, avec une population et un enseignement bilingues et bien entendu, des listes électorales bilingues. Ceci implique que l’on arrête de penser en termes de Flamands et Wallons à Bruxelles, voire de néerlandophones et francophones. Les dix priorités de LiDé : I. Les cinq priorités spécifiques : 1. Régionalisons les aspects communautaires : Enseignement, formation et culture. Objectif : arrêtons la mise sous tutelle de la Région « Arrêtons la mise sous tutelle de la Région par les Communautés ». Régionalisons les compétences communautaires à Bruxelles. Ceci implique d’abolir le « Nederlandstalig » en « Franstalig » onderwijs. Tout enseignement à Bruxelles devient au minimum bilingue (FR/NL). Il n’y aura qu’un seul ministre responsable de la formation, l’enseignement et l’emploi. Quant aux autres aspects communautaires, la santé doit rester une politique fédérale, y inclus l’aspect préventif (à refédéraliser). Plutôt que 34 « responsables politiques de la culture », il en reste un seul. De plus la politique de la culture, transférée à la Région, devrait donner priorité absolue à des activités réunissant des personnes de toutes origines, plutôt que, comme c’est le cas actuellement, à des activités qui accentuent le clivage entre peuples. 2. Revitaliser le marché de l’emploi Stimuler la mobilité géographique et le bilinguisme de chaque demandeur d’emploi bruxellois 95% des chômeurs à Bruxelles ne maîtrisent pas les deux langues officielles de leur région. Une grande partie d’entre eux ne parle ni français, ni néerlandais. Alors, le premier instrument pour favoriser l’insertion est d’apprendre les deux langues officielles de Bruxelles. Tous les chômeurs seront donc obligés de suivre des cours. Stimuler le goût du travail par les six mesures du programme de LiDé et plus spécifiquement afin d’assurer l’emploi dans les zones adjacentes à Bruxelles. Comme démontré par l’étude Basel, c’est dans ces zones que se créent le plus d’emploi. Les chômeurs de St. Josse (taux de chômage auprès des jeunes 52%) doivent être motivés à aller travailler à Zaventem par exemple (la limitation des allocations dans le temps et la lutte contre les pièges à l’emploi et le travail en noir, faisant partie des dix priorités, auront un effet incitatif à cet égard). Au niveau structurel, fusionner Actiris et Bruxelles-formation et regrouper toutes les matières liées à l’emploi sous un même chapeau. Il faut également rationaliser sur base de la qualité les 130 partenaires qui s’occupent de l’insertion professionnelle, ainsi que la kyrielle d’organismes de coordination. Ceci vaut également pour le chevauchement entre les antennes décentralisées d’Actiris, les « maison locales » et les maisons pour l’emploi. 3. Valorisation de l’administration Une administration efficace et des employés bien payés Il y a d’innombrables structures superflues. Abolir les administrations parallèles (entre autres les cabinets comptant 425 « membres ») et éviter le chevauchement est une priorité pour Bruxelles (voir point 10 réforme). Il n’y a aucune raison que les fonctionnaires et contractuels bruxellois gagnent moins que leurs confrères wallons ou flamands. Mais il faut mettre en place un corps de fonctionnaires efficace, svelte et bien payé (sans être nommé à vie) en remplaçant un fonctionnaire sur trois qui part à la retraite (pas de licenciements secs). 4. Gouverner c’est prévoir « Fin au gaspillage » Etat régulateur, fort et svelte : l’état doit réguler, et ceci d’une façon simple et intelligente, mais pas gaspiller. Les dépenses en frais de gouvernement coûtent 185 euros par habitant à Bruxelles, soit 10 fois plus qu’en Flandre et cinq fois plus qu’en Wallonie. Il faut donc mettre fin à toute forme de gaspillage 5. Politique fiscale : « Il ne faut pas refinancer, mais financer Bruxelles » Coté offre, les charges fiscales, surtout sur les hautes qualifications, sont le plus grand obstacle au développement de Bruxelles (voir étude Basel). L’introduction d’une flat tax (d’abord de 25% ) avec un plafond non-taxé de 12 500 euros par personne par an peut fournir une solution à cet obstacle. Au niveau du financement de Bruxelles, il faut appliquer le principe de Berlin, ce qui implique que les impôts payés par les navetteurs sont partagés entre l’endroit de travail et le lieu de résidence. Il n’y a pas de demande de ‘refinancement de Bruxelles’ mais de financement de cette Région qui, avec 10% de la population, crée 19% de la richesse de la Belgique. II. Les cinq priorités transversales : 1. Politique sociale : Lutte contre la vraie pauvreté comme politique transversale : éducation/logement/santé. L’insertion dans le marché de l’emploi reste la meilleure façon de lutter contre la précarisation. Un accompagnement intense des chômeurs, y inclus au niveau des communes et un meilleur fonctionnement des services publics sont indispensables. Quant à la politique du logement, il faut rationaliser les 33 (!) opérateurs immobiliers publics en les regroupant au niveau régional. 2. Développement durable Plan de mobilité (route 2018) qui dépasse les frontières de Bruxelles. Concevoir les lignes métro/bus/train à partir d’une logique de collaboration et non plus une logique dans laquelle chaque Région ne pense qu’à ses intérêts à court terme. Mettre fin à la gestion séparée onéreuse des déchetteries et opter pour une gestion centralisée au niveau régional. 3. Opération « mani pulite » : pour une Bruxelles ‘propre’ ! Des procédures d’appels d’offres ouverts à tous, des cabinets qui ne s’occupent plus des dossiers individuels, une dépolitisation de l’administration et la limitation des mandats simultanés et consécutifs (le principe de rotation est la base de la démocratie) sont essentiels pour éviter la mauvaise gestion structurelle de Bruxelles. 4. Goût d’entreprendre et innovation Abolissons les subventions aux entreprises. Intégrer les mesures du Fonds de Participation dans l’Agence bruxelloise. La mesure de LiDé qui préconise d’attribuer des allocations de chômage pour les entrepreneurs qui ont dû liquider leur entreprise, est très importante pour Bruxelles dans la mesure où la turbulence y est la plus élevée 5. Bruxelles : Renforçons et simplifions la Région Une structure de l’Etat simple de quatre niveaux : l’Europe, le niveau fédéral, les trois régions et les communes implique d’abolir les Communautés néerlandophone et francophone. Ces deux Communautés sont aujourd’hui des tutelles de la politique culturelle et de l’enseignement à Bruxelles et ne sont plus nécessaires. Ceci vaut également pour la Province. Les comités de concertation deviennent superflus (cocof, cocon, cocom). Au niveau communal, il faut transférer les compétences liées à la gestion de l’espace des communes vers la Région : mobilité, environnement, gestion de parking. Une politique de mobilité va de pair avec une politique de stationnement cohérente. Les six zones de police doivent être fusionnées car c’est plus efficace par exemple dans le cadre de la lutte contre la criminalité. Les deux priorités au niveau des communes sont l’emploi et la lutte contre la pauvreté. Les derniers commentairesLaisser un commentaire |
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