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Depuis le 17 décembre 2010 un vent de liberté souffle sur le monde arabe. Ce fut d’abord en Tunisie d’où monta ce parfum de jasmin qui allait embaumer l’Egypte à l’Est et Aujourd’hui après la fuite du président tunisien et la démission du Rais égyptien, une lueur d’espoir est apparue à l’horizon politique arabe. Tout le monde commence à croire au réveil des peuples, On a vu des hommes et des femmes, voire même des adolescents aller au combat au risque de leurs vies, lancer des projectiles divers contre des forces de l’ordre super équipées, supporter avec hardiesse et impétuosité tous les actes de répression des forces de l’ordre, brûler les portraits de leurs chefs d’état et demander à haute voix leur départ immédiat. C’est là en effet une belle page que l’Histoire de l’humanité retiendra et inscrira à jamais dans le livre d’or de la lutte pour Bien entendu maintes questions restent posées dans le monde entier quant à l’avenir de ces révolutions. Les moments de l’euphorie passés comment, s’interroge-t-on, ces peuples peu habitués aux mœurs démocratiques vont-ils gérer leur nouvelle conjoncture. Les mentalités, les diversités raciale et religieuse, les coutumes tribales encore très vivantes dans ces pays, pourront-elles cohabiter et se fondre dans une entité nationale. Les différentes composantes de ces sociétés seront-elles suffisamment mûres démocratiquement pour accepter le verdict des urnes et vivre dans une communauté de droits et de devoirs où seul l’intérêt national compte? Ce sont là quelques questions seulement parmi celles plus nombreuses que se posent actuellement tous les observateurs qui s’intéressent au monde arabe. Le problème devient plus sérieux et plus préoccupant encore quand on se place dans le contexte des Etats du Golfe. Ces peuples qui ont de tout temps vécu au sein de régimes autoritaires, sous la protection et dans le respect des familles régnantes, n’ont jamais connu de constitutions ou des assemblées réellement représentatives. Les seules chambres qui existent sont de simples organes consultatifs désignés par le Roi lui-même, donc sans aucun pouvoir réel. On ne peut pas nier en effet qu’il y a dans ces pays une élite de gens cultivés (docteurs, ingénieurs, juristes, avocats etc.), une jeunesse ouverte au monde moderne qui exige aujourd’hui un changement dans la conduite des affaires de l’Etat. L’auteur d’un article intitulé « Quelle résistance face au souffle du changement » publié il y a un mois par le Courrier international, évoque largement ce sujet. http://www.courrierinternational.com/article/2011/02/24/quelle-resistance-face-au-souffle-du-changement Disons toutefois que la grande masse reste foncièrement attachée à ses us et coutumes. Une révolution, ou tout simplement un changement brutal de régime, ne peut aboutir qu’à l’érection d’une dictature militaire ou d’une autocratie islamique à l’iranienne. Le Liban où la majorité des habitants est pourtant instruite, un pays émancipé de toute colonisation étrangère depuis plusieurs décades, vit encore dans ce dilemme éternel qui oppose les différentes confessions de ses habitants (Chiites et Sunnites, Musulmans et Chrétiens). L’Irak après Saddam est tombé dans le même chaos confessionnel et ethnique. Les grandes puissances et d’une manière générale la communauté internationale qui suivent de près les événements au Proche Orient ne prendront certainement pas le risque de rester indifférentes à l’évolution de la situation dans cette région stratégique. Personne à l’heure actuelle ne peut croire ni même imaginer que les Etats-Unis qui possèdent des bases militaires dans plusieurs de ces pays, se permettront d’assister les bras croisés, au renversement des régimes jordanien, saoudien, koweitien ou dans tout autre Etat du Golfe. Si cet axe des pays arabes modérés est déstabilisé tout le monde doit refaire son calcul : USA, ISRAËL, OCCIDENT. Cette région constitue en effet pour les Américains une priorité absolue : le pétrole et la sécurité d’Israël. Notons encore une fois que les peuples arabes de cette contrée ne resteront pas éternellement figés, muets et marginalisés. Déjà lors de l’invasion de l’Irak il y a eu un véritable divorce entre les dirigeants de ces pays qui ont soutenu les opérations américaines et les peuples arabes qui étaient presque en totalité opposés aux bombardements US. Avec le temps de nouvelles générations arriveront sur la scène nationale, l’ignorance sera moins dominante, les tabous seront brisés, la vague de l’intégrisme intégral s’estompera peu à peu. L’Occident doit par conséquent et dès à présent, se préparer à une telle éventualité. L’image que la jeunesse arabe se fait aujourd’hui des USA comme étant les protecteurs de régimes pourris et antipopulaires, n’augure pas d’un avenir prometteur. Pour cela, Washington est invitée à faire pression sur ses alliés stratégiques du Proche Orient pour l’édification de monarchies constitutionnelles avec une plus grande ouverture démocratique, l’organisation d’élections libres et le respect des droits de l’homme, comme elle doit s’évertuer à convaincre son allié Israël pour la recherche d’une solution de paix définitive et surtout crédible avec les Palestiniens, ce qui épargnera aux USA eux mêmes leurs nombreux veto aux Nations Unies qui produisent, à chaque fois, un impact défavorable sur toute la communauté musulmane. Mohamed BOUHOUCH
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