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France : Georges Tron et la tronçonneuse

mardi 31 mai 2011, par Aimé Mathurin Moussy


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Dans un pays où, dit-on, tout ou presque, finit en chansons, d’innombrables voix montent du chœur des humains jusqu’à la divinité. Il s’agit dans ce temps de précampagne électorale de laisser entendre, sinon deviner, les échos de ce chant libre et spirituel, celui du temps où le sexe a pris le dessus sur l’idéologie ; et celui  où des hommes jadis adulés, nous ont démontré que l’homme, qui qu’il soit résiste difficilement à la tentation des plaisirs de la chair. DSK et Georges Tron avec leurs épilogues nous le démontrent, ici et ailleurs.

 

« Ils sont tous pourris », c’est de cette manière que s’est exclamée une téléspectatrice désabusée, voire même un tantinet grinçant sur le spectacle que nous offrent nos hommes politiques. Nous savons tous que le monde politique est jonché de coups tordus, et loin de suivre les impulsions de ce monde violent ; nous sommes obligés de nous arrêter sur les faits qui, tout en donnant les nouvelles dans leur réalité crue, savent donner aussi des raisons de désespérer des hommes, voire des politiciens.

 Et voilà que se terminent les chroniques de deux politiciens voués à des destins prometteurs, dans: l’adultère, la concussion, la licence…Dont, la seule note à peine positive, est l’image d’une démocratie où le pouvoir judiciaire est indépendant du pouvoir politique. Où les enquêtes peuvent être menées à charge et à décharge.

 

 

                     Mort du politicien, mort de l’électeur….

                                      

Cette téléspectatrice touche un point sensible. Comment garder l’espoir face à l’actualité telle qu’elle va ? Comment, de plus, ne pas tomber dans ce durcissement des neurones qui fait qu’un « retraité », assis et pique-niquant sur le bord du fleuve de l’« activité », regarde s’agiter les autres, rameurs exténués, sans participer et finit par râler, ronchonner, hausser les épaules, donner des leçons, regretter les temps anciens (pas si anciens !), délivrer des sentences « désabusées », dire son fait à une époque qu’il croit devenir folle ? Comment continuer à « aimer son époque », refrain qu’on serina, naguère, d’articles en interventions diverses, de réunions en émissions ? C’est un vrai défi, dont on se gardera ici de nier l’ampleur, comme le disait Bruno Frappat.

Car l’époque s’ingénie à nous tendre une image éprouvante. Chaque semaine, se mettant devant son ordinateur, l’électeur désemparé se dit : bon, cette fois, je vais aller dans le sens de la légèreté, du bonheur d’exister, de la fraîcheur des choses, de la beauté des gens… Et puis, boum ! Le réel lui explose à la figure. Ici une révolution pacifique baignée dans le sang, là un tsunami qui transforme une centrale nucléaire en bombe à retardement pour l’ensemble de la planète, ailleurs des faits divers sordides et terribles, plus loin les injustices et les mochetés d’une partie de la société, le luxe, le lucre, la fornication…

 

 

 Chaque fois mis le point final à une situation- Ben Laden,- on se dit, in petto, la prochaine fois on respirera un grand coup, on va s’intéresser à ce qui est beau, grand, généreux… On dénichera le positif de tout ce fourbi. Franchement, ces deux dernières semaines, pas possible. Des images nous hantent: celles de deux hommes. Une absence d’image nous poursuit : celles de trois femmes. Deux hommes célèbres, trois femmes inconnues.  Dans un premier tableau, un ex-futur  président de la République. Une immigrée africaine femme de ménage dans un palace new-yorkais. Un riche, une pauvre. Dans le second tableau, un Député-maire et deux femmes. Un puissant, deux faibles.

 

                                 Les pièges du plaisir

 

Il y a quelques mois pour certains, et plusieurs années pour d’autres, des politiciens qui s’étaient trucidés, pour avoir laissé leurs désirs prendre le dessus sur l’intérêt général ; bien qu’ayant un avenir politique florissant, ils ont été rattrapés par ce qui les a le plus obnubilés : le plaisir !  Les plus anciens d'entre nous s'en souviennent comme si c'était hier. La route de la luxure leur  fut cruelle et la nouvelle de cette tragédie explosa sur une France abasourdie. Il y eut des éloges sincères et des peines qui ne l'étaient pas moins. Il y eut aussi des larmes de crocodiles et certains de ceux qui les avaient accablés de leurs sarcasmes au nom de la défense des positions idéologiques, s'inclinèrent devant le sort de ceux qu'ils avaient traînés dans la boue durant des années.

Piégé ou pas ? Ce fut le débat commun de ce côté de l’Atlantique, il y a quelques jours, et aujourd’hui en France avec Georges Tron. Nous n’avons pas d’idée sur la question. Ni sur les accusations, ni sur les plaignantes, ni sur les « sous-entendus » évoqués par Marine Le Pen et certains hommes politiques sous le couvert de l’anonymat au sujet des comportements de DSK et de Tron avec les femmes. Le seul piège qui nous parut avéré fut celui de ces femmes indignées par leur position sociale : pauvres !

 Nous devons faire la grève comme ces « indignés », qui essaiment l’Europe en ce moment, car le monde politique n’a plus de morale, ils ne pensent plus à cet électorat surexposé à tous les dangers. Ils exploitent plutôt, les misères du sexe faible, à des fins esclavagistes et libidineuses. Un monde tragique !

 

© Aimé Mathurin Moussy

 

 



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