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Grèce : la zone euro prête à intervenir si « nécessaire »

mardi 16 mars 2010, par Jean Quatremer


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Les marchés devront s’en contenter : l’Union européenne est prête à intervenir pour aider la Grèce à se financer « si une telle nécessité devait se présenter », comme l’a expliqué hier soir Jean-Claude Juncker, le président de l’Eurogroupe, à l’issue de la réunion de l’instance qui réunit les ministres des Finances de la zone euro : « toutes les questions politiques ont trouvé une réponse ». Mais ils n’en sauront pas plus, comme cela était d’ailleurs prévu : « nous avons clarifié les modalités techniques qui nous permettront de prendre une décision sur une action coordonnée, qui pourrait être activée rapidement », s’est contenté d’expliquer le premier ministre luxembourgeois.

Christine Lagarde, la ministre française des finances, n’a pas été plus explicite : « ce mécanisme n’est pas nécessaire aujourd’hui », s’est-elle justifiée. « Il n’y a pas de raison d’entreprendre sa mise en œuvre », puisque les marchés devraient être rassurés par le nouveau plan d’austérité grec visant à diminuer de 4 % le déficit public cette année. Elle a précisé que les seize pays de la zone euro avaient écarté l’idée de créer un mécanisme équivalent à celui du fonds européen d’aide à la balance des paiements (doté de 50 milliards d’euros) qui peut seulement bénéficier aux pays de l’Union n’ayant pas encore adopté l’euro : il permet à la Commission d’emprunter sur les marchés, après autorisation du Conseil des ministres, et avec la garantie des États membres. Selon la ministre, la raison tient au fait que « c’est plus compliqué à mettre en œuvre » et qu’il y a un problème de conformité au traité et à certaines « Constitutions nationales ». Effectivement, un tel mécanisme est clairement réservé, dans les traités européens, aux pays hors zone euro, ce qui pose un problème d’interprétation à tout le moins, voire impose une modification desdits traités….

Selon Christine Lagarde, les Seize se sont mis d’accord sur une autre option qu’elle n’a pas détaillée, mais qui serait une facilité de prêt financée par une partie des États membres et coordonnée par la Commission. Autrement dit, les États membres prêteraient de l’argent à la Grèce (pour un montant qui reste à déterminer) à un taux plus intéressant que celui du marché : « il ne s’agit pas de faire de l’arbitrage » sur les taux d’intérêt, a-t-elle précisé, mais de procéder à une « rectification par rapport aux marchés ». Les partenaires d’Athènes vont donc attendre les prochaines levées de dette grecque pour voir comment se comportent les marchés. C’est seulement s’ils continuent à exiger une prime de risque délirante qu’ils interviendront. Ce qui est curieux dans le mécanisme arrêté hier soir est que la décision de le mettre en œuvre devra être prise par le Conseil européen des chefs d’État et de gouvernement alors que l’aide reste, en réalité bilatérale, seuls les pays volontaires finançant cette facilité de prêt. Selon une source, il s’agirait d’une demande allemande, afin de donner un habillage européen à cette intervention et éviter ainsi les critiques internes.

Pourquoi autant de mystère sur ce plan européen ? Pour deux raisons essentiellement : d’une part, et surtout, les partenaires d’Athènes espèrent que l’affichage de leur volonté politique de voler au secours de la Grèce suffira à calmer les marchés, comme cela est le cas depuis la fin de la semaine dernière. D’autre part, s’ils doivent intervenir, ils ne veulent en aucun cas donner trop d’indications aux marchés afin de pouvoir donner une leçon à ceux qui seraient tentés de continuer à spéculer contre la dette grecque.


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