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Berlin et Paris se sont mis d’accord, tout à l’heure, juste avant le début du Conseil européen des chefs d’État et de gouvernement, sur un plan d’aide à la Grèce, plan que les autres pays devraient approuver sans difficulté dans la soirée. Mais, il ne s’agit que d’un simple habillage visant à dissimuler un désaccord profond entre les deux rives du Rhin. À l’issue d’une réunion de deux heures, Nicolas Sarkozy, le Président de la République, et Angela Merkel, la Chancelière allemande,ont annoncé être parvenus à un « consensus » : l’aide prendrait la forme de prêts bilatéraux coordonnés par la commission et la Banque centrale européenne (BCE) auxquels s’ajouterait une intervention « substantielle » du Fonds monétaire international (FMI).
C’est l’Allemagne qui a exigé l’intervention de l’institution de Washington. La France, tout comme la BCE et la Bundesbank, y étaient opposés : pour eux, la crise grecque est une crise budgétaire et non monétaire, ce qui aurait dû exclure l’appel au FMI. Surtout, comme l’a rappelé hier Jean-Claude Trichet, le président de la BCE, « si le FMI ou une quelconque instance que ce soit exerce à la place de l’Eurogroupe, à la place des gouvernements, leur responsabilité, c’est évidemment très, très mauvais », a-t-il martelé sur la chaine LCP-Public Sénat. « Tout ce qui irait dans le sens d’une déresponsabilisation des membres de la zone euro est mauvais à nos yeux ». Cela étant, concession de l’Allemagne, l’intervention du FMI sera minoritaire. Mais, et c’est là où l’on peut se demander si ce plan est sérieux, il a été convenu que cette aide combinée n’interviendrait qu’en « dernier recours », si la Grèce est menacée d’insolvabilité et si aucune autre solution ne peut être trouvée. Surtout, il n’est pas question que les prêts accordés à la Grèce le soient à des taux « subventionnés ». Or, le problème d’Athènes est qu’elle emprunte actuellement sans difficulté, mais à des taux se situant à 350 points de base au-dessus des taux allemands ce qui, en année pleine, lui coûte 0,5 % de son PIB, pour le plus grand bonheur des marchés financiers. On ne voit donc pas très bien l’utilité de ce mécanisme : un défaut de la Grèce n’est pas à l’ordre du jour et un prêt FMI est accordé à un taux bonifié (proche de 3 %, soit le taux allemand)… Bref, ce n’est pas avec un tel plan que la Grèce va pouvoir obtenir de meilleures conditions de financement sur le marché. Le « pistolet chargé sur la table » que réclamait le gouvernement grec est chargé, mais à blanc. Autrement dit, les marchés vont pouvoir continuer à se goinfrer aux frais des citoyens grecs.
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