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Il y a un an, le 8 avril 2009, Ludo Dierickx s’est éteint. Ce politicien anversois érudit fut pendant des années sénateur pour Agalev et a lutté toute sa vie contre le nationalisme. En 1964, il a écrit le chef-d'oeuvre “Belgen op de Tweesprong”, réédité dans une version retravaillé en 2002 sous le titre “Nationalisme onder het mes” (« le nationalisme disséqué »). Dans cet ouvrage, Dierickx analysait les mécanismes par lesquels le nationalisme se sert des gens afin de les diviser tout en critiquant le caractère fondamentalement antidémocratique du fédéralisme bipolaire belge. Il montrait du doigt non seulement les grands partis nationalistes comme la N-VA et le VB, mais aussi chaque parti scindé sur base linguistique qui, par ce fait-là, acceptait implicitement le nationalisme, du bout des lèvres en quelque sorte.
Etant donné son travail acharné pour défendre l'unité de la Belgique, il est scandaleux qu'il ne soit pas considéré comme un homme d'état, alors que l'ex-nazi Hugo Schiltz est considéré comme tel, voire nommé ministre d’Etat. Dierickx a lui-même expliqué pourquoi la situation en était ainsi. Il a indiqué qu'en Belgique, il existe quatre grand courants politiques (socialiste, chrétien, libéral et écologique), où le nationalisme est considéré comme tout aussi honorable que le libéralisme, le socialisme et la démocratie chrétienne. En effet, le Vlaams Blok – plus tard Vlaams Belang – a certes été critiqué pour son racisme, mais non pour son nationalisme.
Dierickx écrivait également dans son dernier livre que la presse traitait les nationalistes flamands avec précaution (p. 52-54). Sous le titre "Nationalisme: liever geen humor" (« le nationalisme, mieux ne vaut pas en rire »), il disait: “Le nationalisme flamand jouit d'un statut de respectabilité. Et cela même s’il conduit à des situations folles. Pensons donc aux discussions sur la régionalisation du Jardin Botanique National de Meise. Le jardin pour la Flandre et les plantes pour les communautés, tout comme les livres de l'université de Louvain?” Sur ce point, l’Homme d'Etat avait entièrement raison: au nord comme au sud de la Belgique, les chaînes TV ne tournent jamais le nationalisme flamand ou wallon en dérision. Pas de “spitting image” sur BHV où des “Guignols de l’Info” sur la prochaine réforme de l'Etat. Pourtant, il y a là une mine d'or pour les réalisateurs télé.
Dans ce contexte, Dierickx a souligné une ressemblance frappante. Il a soutenu que le VB prétend que l'harmonie au sein d'une société n'est restaurée que si tous les immigrants sont supprimés. En d'autres termes: ces immigrants, qui souhaitent rester et travailler, sont des fauteurs de troubles! Idem pour ceux qui luttent pour une Belgique solidaire et unie. Ils sont – selon la logique nationaliste – responsables des conflits communautaires; les séparatistes en revanche, les "casseurs" de solidarité, sont les vrais humanistes et progressistes. En réalité, ce sont les défenseurs de la solidarité interpersonnelle qui sont d’avant-garde. Aujourd'hui, il y a des entreprises multinationales dont la structure n’est pas basée sur des frontières nationales ou linguistiques qui mettent des milliers de gens à la rue. Dierickx soulignait dans son ouvrage que la solution à ce problème n'était pas un repli sur soi, mais une démocratie efficace à l’échelle internationale et forcément multilingue. Seuls les syndicats et les partis gérés de façon multilingue – donc au moins au niveau belge – peuvent répondre à cette mondialisation. Le message de Dierickx, tout comme le nôtre, n'est pas diffusé par les médias "publics". Bart De Wever (N-VA) tient comme raisonnement simpliste (et illogique) que sortir de la Belgique égale sortir de la crise’... Mais qui le critique dans « nos » médias ?
Tout comme le B.U.B., le père du mouvement belge moderne estime qu'il n'y a qu'une seule solution: une Belgique unitaire (ou fédérale) et multipolaire basée sur les 9 provinces historiques. De plus, depuis des années, le B.U.B. critique de façon approfondie le fédéralisme linguistique et analyse les causes profondes du nationalisme linguistique dans notre pays. L'évolution qu’a connu le mouvement belge en une décennie peut être considérée comme remarquable. En l’an 2000, quasiment personne défendait la Belgique, à part quelques cris dans le désert. Aujourd’hui, en jetant un coup d’oeil dans la section “alliés” sur notre site, on peut se rendre compte que la résistance contre le nationalisme wallon et flamand a augmenté de façon exponentielle depuis lors. Durant cette dernière décénnie, le fédéralisme s'est lui-même embourbé dans ses propres contradictions (DHL, BHV, pénible formation du gouvernement en 2007, implosion des formations nationalistes et commémorations rétrogrades comme celles de la tour de l'Yser, l’Yserwaeke, etc.).
La Belgique unitaire est en marche, cela ne fait aucun doute. Non parce que la Belgique serait importante en tant que nation – aucune nation ne l'est -, mais parce qu'une Belgique unitaire constitue la première étape vers une Europe et un monde unis. C'est le but final, le point “omega”.
Le mouvement belge et notre rôle de leader que nous voulons continuer à jouer feront triompher l'idéologie universaliste et humaniste de Ludo Dierickx et veilleront à ce que son nom reste à jamais inscrit dans nos mémoires.
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