Devenez rédacteur
|
Oui, sur fond de violons se répandant en trémolos d’une mièvrerie sans limite, c’est par de la belle et bonne guimauve que nous serons submergés. De la vraie, de la rose bonbon bien écoeurante, à la fois molle et sucrée à outrance. De celle qui colle au dents comme un mastic ignoble, visqueux et sirupeux pendant loooongtemps. Une orgie de bonheur, une partouze de bons sentiments, depuis l’humble blog aux plus hautes sphères de l’État, il sera absolument impossible d’échapper à la chose. On se devra de s’extasier sur cette libération, de verser une larme sur l’émoi des enfants Betancourt, de s’apitoyer sur les récits des terribles conditions de détention des otages. Car enfin, si on a un tant soit peu de coeur et d’empathie, comment pourrait-il en être autrement ? Seulement voilà, je crains de devoir pourrir l’ambiance. Et c’est sans la moindre gêne et la plus parfaite sérénité que je vous dis en vous regardant bien en face : la libération d’Ingrid Betancourt, pour paraphraser Edith Cresson (autre temps, autre moeurs)...j’en ai rien à cirer. Je m’en tamponne. Je m’en empapaoute. Je m’en étrille le berlingot. En un mot comme en cent, je m’en bats les ovaires.
Et enfin, de façon plus générale, parce que les phénomènes qui ont tendance à devenir des icônes de la bien-pensance me donnent des crises d’allergie. Vous savez, tous ces gens qui s’achètent une bonne conscience en mettant 2 lignes de code sur leur blog, genre "Libérez Ingrid", ou "Tibet Libre" ou "Solidarité avec les moines birmans", histoire de se sentir conscientisés à peu de frais et de jeter à la face du monde "ah mec, ah tu vois, comme moi je suis hyper top conscient de la misère dans le monde, t’vois..." En général, cette engeance n’a pitié de la misère et du malheur que parce qu’ils sont très, très loin. Si vous leur demandiez de venir faire une après-midi de bénévolat avec vous pour une assoc du coin, ne vous inquiétez pas : ce sera justement le jour où pas de chance, la grand-mère est morte, l’aîné a la varicelle, le chien une bronchite et le perroquet la psittacose, donc désolé mais heu non tu vois, peut être une autre fois hein... Donc la petite bannière sur le blog, ou l’autocollant sur le pare-chocs de la bagnole, c’est bien. Ca permet de s’acheter une bonne conscience sans se bouger le cul. Alors voilà...je le sens arriver. C’est une question d’heures...tout le monde va vouloir se sentir un peu impliqué dans la libération de la Betancourt. Et je vous parie des vessies contre autant de lanternes que les petits widgets "Ingrid Libre", avec la photo et tout, vont fleurir sur les blogs a la vitesse d’une poussée d’acné sur un visage adolescent.
Internecivus raptus.
P.S. Tiens...pour une femme que les media nous décrivaient comme mourante avec force trémolos dans la voix il y a à peine quelques mois, je trouve qu’elle a l’air plutôt en forme Ingrid. Non ? De là à penser que certains pisse-copie en rajouteraient une bonne couche dans le dramatique et le larmoyant histoire de faire vendre leurs articles fécaloïdes, il n’y a qu’un pas. Que je franchis sans le moindre complexe. Les derniers commentairesLaisser un commentaire |
?
Derniers articles de Internecivus raptus : H. R. Giger rencontre Arcimboldo. D'autres articles: BlogEt si, pour commencer on commençait ? (Francis Bruckmann) Ces ultimes pensées (Charlotte) blog(euse cougars) (Charlotte) SolidaritéUne initiative (suspecte ?) (Bernard Delattre) Demain, il fera jour, Camarades ! (DimBarth) De jeunes marcheurs liégeois (Hollynx) ColombieIngrid Betancourt pour l’unité de la Belgique (David C.) Madame Ingrid BETANCOURT est libre. (Redactie - Rédaction Medium4You) L’ecran de fumée Ingrid Betancourt (Thomas van der Straten) Ingrid BetancourtOperacion Jaque (Phinéas Barnum) Attention à la guerilla (Cubik) Ségolène, victime éternelle (Internecivus raptus) MédiaNicolas Sarkozy s’inquiète de l’avenir du Monde (François Collette) La concentration des médias n’est pas démocratique (Ploutopia) Toutes les vérités sont bonnes à dire (Jérôme Delvaux) |