Voir en ligne : http://blog.pickme.be/2009/03/10/in...
Je viens de regarder sur la RTBF ce numéro d’InterMedias sur la crise de la presse écrite auquel j’ai eu la chance de participer, en deuxième partie. Quelques twiterronautes se sont un peu lâchés sur le contenu, bien sûr, mais je trouve pour ma part qu’Alain Gerlache tient bien la barre, avec de tels panels d’amateurs en télé - dont moi, bien sûr. D’où se détache, cette fois et malgré le petit handicap d’avoir à s’exprimer dans une autre langue que la sienne, Steve Samyn, du Standaard.
Il est un peu cruel, au fond, ce garçon, quand il explique à des francophones moroses que crise ou pas crise, son journal ne s’est jamais aussi bien vendu, probablement parce qu’il s’intéresse désormais plus à ses lecteurs qu’à lui-même et aux happy few. Sans compromis sur la qualité.
Et en gros, je crois que c’est la clé du problème, involontairement illustrée par l’étudiant de RNIS 2.0, Lionel, qui avoue rêver encore de lecteurs s’intéressant à ce qu’il fait, au lieu de rêver de faire ce qui intéresse ses lecteurs. Il y a trente ans, après le bouclage, accrochés au flipper chez Raimundo, nous fantasmions nous aussi sur le journal parfait, idéal, qui n’aurait pas besoin de lecteurs. Sans voir que c’est une contradiction dans les termes. Un journal est fait pour ses lecteurs, pas pour ceux qui l’écrivent.
A l’époque ça passait, quand il fallait se contenter d’un échantillon restreint de journaux à l’étal du libraire. Avec Internet, ça ne passe plus. Le lecteur qui ne trouve pas chez vous ce qu’il cherche, il va le chercher ailleurs. Tout est accessible, et c’est gratuit. Le meilleur comme le pire. Superficiel ou hyperpointu.
Les éditeurs, comme Daniel Van Wylick (Le Soir), se rassurent en constatant qu’en Belgique, les sites de la presse écrite sont encore les premiers des sites de presse, entendez par là: devant ceux de la RTBF ou de RTL-TVi. Ils devraient voir aussi que globalement, ils ne sont plus les premiers sites d’info, celui du Soir tourne autour de la 50e place du classement général belge établi par Alexa, avec ses 100.000 visiteurs uniques. Les journaux n’ont plus le monopole de l’information, c’est ça qui change. Même Nokia commence à les concurrencer…
Les derniers commentaires
-
Monopoly Presse & Dumping
par
socialconcept
(IP:xxx.x08.247.139) -
10 mars 2009 17:34
Sachant que les modèles économiques liés au net ne sont pas rentables, sachant que les site générateurs d’audience en presse proviennent des quotidiens éponymes, sachant que tous les groupes se sont lancés dans l’aventure, il est certain que de guerre lasse des têtes tomberont ; lesquelles, si ce ne sont que les moins fortes économiquement.
Indépendamment des considérations ethiques et culturelles, je constate tout simplement que nos gouvernement cautionnent la pratique du dumping, ce que je trouve malsain et dangereux.
Les considérations sur le lecteur me semble injustes puisque des journaux en ligne ne font que cela : chercher à charmer la ménagère que le papy ou le jeunot pourvu qu’ils soient "économiquement correct" ; ce n’est pas non plus pour iren que tous ces journaux se ressemblent tous.
Petit conseil : regardez les campagnes de promotions (cadeaux, jeux, concours) en ligne pour comprendre comment on gonfle l’audimat. A cela s’ajoute l’immédiateté par des actions ponctuelles sur l’actu (football, élections, etc).
Répondre à ce message
Signaler un abus
commentaire constructif ?
oui
1
non
-
InterMedias : et le lecteur, bordel !
par
la débatteuse
(IP:xxx.x01.49.78) -
10 mars 2009 19:20
Et les journalistes, bordel !
Vous ne dites rien de l’attaque frontale d’Amid Faljaoui, directeur des publications francophones de Roularta (Le Vif, Trends-Tendances, etc.), envers les journalistes. Sont-ils, selon vous, aussi mal formés qu’il le prétend ? Des "professionnels" qui ne sont pas capables d’analyser, de décortiquer l’actualité ?
Vous qui avez fréquenté le Vif à ses heures de jeunesse, pensez-vous que les journalistes qui y ont été virées (comme bien d’autres avant elles au Vif, mais aussi chez Trend-Tendances)n’étaient pas capables d’analyser objectivement les faits ? Votre opinion m’intéresse.
Répondre à ce message
Signaler un abus
commentaire constructif ?
oui
3
non
-
InterMedias : et le lecteur, bordel !
par
charles
(IP:xxx.x47.169.109) -
10 mars 2009 20:23
J’ai déjà exprimé sur mon blog toute la sympathie que m’inspire le sort des 4 journalistes licenciées. Je ne les connais pas toutes et je n’ai d’ailleurs aucun titre à décerner aux unes ou aux autres des labels de qualité, mais je juge les propos de M. Faljaoui inconvenants, indignes et grossiers. Et si j’étais, moi, son patron, je le virerais sur-le-champ. Pour incompétence. On ne peut prétendre diriger une entreprise dont on méprise les employés. Je ne peux lui reprocher des licenciements dans leur principe, ce sont des mesures qu’il faut parfois prendre, quand on est patron. Mais il faut le faire proprement, avec respect.
Pour le reste, des journalistes, il y en a de bons et de moins bons, comme dans toutes les professions. Mais s’il est possible qu’au total le niveau moyen des rédactions ait baissé, les éditeurs en sont les premiers responsables, pas les journalistes. C’est comme dans l’enseignement : on commence par dévaloriser la fonction, et puis on s’étonne qu’elle n’attire plus suffisamment d’éléments exceptionnels.
Et là, on rejoint le débat de fond sur la crise de la presse écrite. A quand une enquête sur le niveau de compétence et sur le format intellectuel des patrons de presse ?
Répondre à ce message
Signaler un abus
commentaire constructif ?
oui
5
non
Laisser un commentaire
|
?
Derniers articles de
Charles Bricman :
Brouillard artificiel
Liberté d’expresion
Une fessée pour Richard
D'autres articles:
Internet et le citoyen (Argoul)
Un chiffre qui tombe à point nommé (Bernard Delattre)
« Allô maman » (Traverse)
Désinformation (Jérôme Delvaux)
Dans les ruines de la RTBF (PAN)
Sur le trottoir de la pub (Charles Bricman)
De la désinformation au délire. Ou un premier avril tardif... (Claude Thayse)
Sexe, santé et politique : il est temps de lever les tabous (Jean Quatremer)
Une effervescence (Bernard Delattre)
Une grande cruauté (Bernard Delattre)
Une violation flagrante (Bernard Delattre)
Une double palme (à nouveau) (Bernard Delattre)
|