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Journaliste ? Vous serez journaliste demain ?

lundi 27 avril 2009, par Jacques LITWAK, Entrepreneur - Essayiste

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Que les distraits se ressaisissent!

Le métier de journaliste est en profonde mutation.   

Je suis un quidam qui s’interroge.

Quand j’étais jeune (il y a déjà 3 décennies), je voyais le(la) journaliste comme quelqu’un(e) qui “captait” des faits, les relatait au mieux et dans un second temps (souvent dans une seconde partie d’article ou d’émission) prenait du recul et en faisait (des faits) une analyse critique.

Parfois, une analyse orientée dans un medium d’opinion; mais au moins, c’était clair et transparent.

Est-ce encore le cas?

Le doute n’est plus permis dans une grande majorité des situations auxquelles je suis confronté, la réponse est non.

Médiacrature (*) oblige: à savoir la dictature de l’instant et celle de l’émotion.

Sans compter dans notre petite Belgique, un petit marché et un petit esprit qui font de ceux qui professent le journalisme trop souvent des “gagne-misère” .

Alors, ils (et elles) font donc de la “com”; petite ou grande, médiocre ou de qualité, pour les contenants (supports de presse) en mal d’audience et donc de sensationnel ou pour les acteurs (les objets d’articles) en mal de “visibilité”.

Et ils (et elles) provoquent aussi des drames en lançant de piètres informations sans se préoccuper de l’impact et des conséquences qu’elles ont sur la vie des personnes concernées. Sans même jamais s’excuser des dégâts irréversibles qu’ils (elles) ont provoqués.

Il n’aura pas fallu attendre le règne de la micro-informatique (dont Word) pour voir se multiplier les copiés-collés de dépêches de tout ordre accompagnés – et cela c’est le pire – du réflexe d’auto-censure.

Ce n’est pas que l’esprit critique n’existerait plus; c’est qu’il n’ose pas (plus  ?) s’exprimer.

Aujourd’hui, qu’attend-t-on du journaliste?
  • du recul,
  • de l'analyse critique.

Rien de neuf!

Comment cela rien de neuf?

Et le débat?

Une des voies d’avenir du métier de journaliste est celle du débat. Mieux du débat loyal.

  • Des faits relatés et une analyse mise en débat,
  • Une modération du débat, 
  • Une aide à l'expression des quidams avant, pendant ou après le débat
  • Une synthèse du débat; en quelque sorte un(e) porte parole d'une intelligence collective,
  • ... et rebelote si des faits ou informations nouvelles surviennent.

Mais tout cela prend du temps!

Les choses de ce monde sont-elles si simples qu’elles autorisent constamment les réductions simplistes et formatées?

Un débat loyal?

Qu’est-ce donc?

Chez  nous, le “débat”  (ou à tout le moins ce qui porte ce nom dans les émissions télévisuelles du dimanche ou dans la presse écrite) est toujours limité disons à 300 personnes. Etres politiques ou experts. Toujours les mêmes. De temps à autre un citoyen “alibi”.

Loyal vis à vis de toutes et tous les autres quidam?

Chez nous, le “débat” c’est très rarement l’exposé des faits de manière exhaustive et intelligible.

Un exemple: de nombreux débats (pseudo-débats) ont eu lieu sur le thème du décret mixité (dit le décret de Madame Arena). Saviez-vous que très tôt il y eut DEUX décrets?  

Loyal?

Et la synthèse du débat, vous l’avez vue, Vous la voyiez?  En ce qui me concerne, je cherche toujours.

Aujourd’hui, les mass media (medias de masses) « abrutissent » les individus avec des quantités d’informations.

- Trop d’informations ne tuent-elles pas  l’information ?
- Comment capter et retenir les informations pertinentes ?
 

Internet ouvre la porte à un medium de masses (pour les masses).

Comment faire pour que les masses y trouvent une source d’élévation et d’émancipation?
Cela me paraît être une question essentielle du renouveau démocratique ou plutôt d’un approfondissement d’une démocratie dont la partie “démocratie représentative” est en panne et en manque flagrant de crédibilité.


Entre mass medias qui abrutissent les quidams ou medium des masses qui vont “abrutir  les décideurs”, un nouveau journalisme loyal et respectueux doit naître. A défaut, mass medias et medium des masses continueront à être perçus comme un mélange entre un bruit de fond et des rumeurs.  

 
 Percevez cela, imprégnez-vous en et vous serez journaliste demain.


[*] Jacques Litwak, Démocratie ou Démocrature, visite avec un citoyen, Editions La Kallah, 2004, pp 51





(CC) Attribution No Derivatives (by-nd)


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Les derniers commentaires

  • Journaliste ? Vous serez journaliste demain ?

    par Francis (IP:xxx.x6.83.85) - 27 avril 2009 16:55

    Ne devrions nous pas nommés : "présentateurs d’informations" plutot que "journalistes" dans la grosse majorité des cas ?
    Cela serait plus clair pour eux et pour nous.

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  • Journaliste ? Vous serez journaliste demain ?

    par Eric Bruckmann (IP:xxx.x77.80.169) - 28 avril 2009 08:11

    Cela pose une question très profonde :



    - un média privé doit-il faire de l’info puisque "vendre" et "informer" rentrent très souvent en conflit ?



    - un média subsidié (public) doit-il faire du divertissement puisque l’intérêt public est l’information, pas le divertissement, bien subjectif.



    Lorsqu’il "informe" premier est corrompu par la finance privée, le second est corrompu par la politique qui "lâche" les subsides au bon moment (Fadila Laanan a le sens du timing, oui...).



    Berlusconi a réussi à faire les deux.



    Zapatero a "dépolitisé" la TVE, ce qui permet de donner une certaine crédibilité à la télé publique...



    Je vous conseille de voir le film documentaire "Viva Zapatero" qui montre les dangers des médias contrôlés par les politiques. On comprend très vite pourquoi beaucoup de journalistes sont devenus juste des hommes de main de la tentaculaire particratie...

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  • Journaliste ? Vous serez journaliste demain ?

    par Marie-Jeanne Delcroix (IP:xxx.x7.246.39) - 29 avril 2009 14:25

    Comme tout propos théorique, votre proposition est difficilement critiquable.
    J’y souscris.
    Mais sans doute les journalistes eux-mêmes (tous) y souscrivent-ils aussi.
    Car là où le bât blesse, c’est dans la pratique au quotidien de leur métier.
    Et donc, même si cela paraît agressif et destructeur, je pense qu’il est plus utile de dénoncer les abus, les erreurs , les reportages hâtifs, les phrases sorties de leur contexte etc.
    Pour commencer : la façon scandaleuse dont TOUS les médias s’abstiennent de relater la pratique gestapiste de l’Afsca.
    J’ai d’autres exemples.

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    • Journaliste ? Vous serez journaliste demain ?

      par Eric Bruckmann (IP:xxx.x5.25.232) - 29 avril 2009 14:33

      L’AFSCA n’est pas vraiment le sujet mais je dois avouer que je peux en écrire une encyclopédie dessus... mais ne mettez pas les agents dans le même sac car ils sont pour la plupart instrumentalisés et obligés de travailler d’une façon avec laquelle ils ne sont pas souvent d’accord.



      L’AFSCA est le genre de para-administration qui doit disparaître parce qu’elle est injuste envers les fonctionnaires, injuste avec les administrés et surtout... une redoutable machine à faire/dépenser de l’argent avec une efficacité bien plus éprouvée que ses contrôles... parfois complètement surréalistes.



      Voilà, vous et moi, journalistes de demains improvisés, osons.



      Parce qu’ici, nous sommes libres !

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