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L’UE prête à allonger la durée de son prêt à la Grèce

jeudi 19 mai 2011, par Jean Quatremer


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Comment aider la Grèce à sortir la tête de l’eau ? En dépit de plusieurs plans d’austérité depuis un an, rien n’y fait : le déficit public se réduit plus lentement que prévu (- 9,5 % du PIB en 2011, -9,3 % en 2012) et la dette publique dérape (166 % du PIB en 2011). Un retour d’Athènes sur les marchés en 2012 apparaît désormais quasiment exclu.

L’UE et le FMI, qui ont prêté 110 milliards d’euros à la Grèce (sur un endettement total d’environ 340 milliards d’euros), vont sans doute devoir se résigner à  mettre à nouveau la main à la poche (entre 25 et 60 milliards d’euros), comme l’ont déjà admis les ministres des finances de la zone euro réunis lundi soir à Bruxelles : « je ne l’exclus pas, mais nous ne l’avons pas (encore) décidé », a expliqué Jean-Claude Juncker, le président de l’Eurogroupe. Mais cela ne sera sans doute pas suffisant. Aussi, les gouvernements de la zone euro se posent désormais ouvertement la question de la restructuration de sa dette publique afin d’alléger le fardeau qui pèse sur la Grèce.

 


Certes, le mot reste officiellement banni : lundi soir, Juncker a utilisé le mot « reprofilage », ce qui recouvre un allongement de la durée des prêts consentit. Or, qu’on le veuille ou non, il s’agit bien d’une forme de restructuration douce, celle-ci pouvant aussi comprendre une baisse des taux d’intérêt et, plus brutalement, un « hair cut », c’est-à-dire un abandon total ou partiel des créances. Mais à quelles créances s’appliqueraient-elles ? Pour l’Allemagne et l’Autriche, les créanciers privés, c’est-à-dire les banques, devraient être impliqués, ce que rejette fermement un pays comme la France qui craint une panique des marchés et donc un effet systémique : « la restructuration ou le rééchelonnement, qui serait de nature à constituer une situation de défaut, sont pour moi off the table. On n’en discute pas », a martelé Christine Lagarde.

RTR2LW4P_CompPour rassurer Paris et surtout les marchés, Berlin explique que l’allongement des « maturités »  serait basé sur le « volontariat » du secteur privé. Mais un tel mécanisme se heurterait à l’absence d’enthousiasme de ce dernier, chaque investisseur attendant que les autres soient volontaires afin de récupérer le plus rapidement sa mise… Reste qu’un tabou, celui de la restructuration, est bel et bien en train de tomber.

En attendant d’y voir plus clair, la Grèce est sommée d’adopter de nouvelles mesures de rigueur et surtout d’entamer le programme de privatisation de 50 milliards d’euros (ce qui réduira d’autant la dette) auquel elle s’est engagé et qui n’a pour l’instant pas commencé. Selon certaines estimations, l’Etat grec disposerait d’un patrimoine total de 280 milliards d’euros, une estimation qu’il convient de prendre avec des pincettes car il ne sait pas lui-même ce qu’il possède, faute de cadastre et de données fiables… La Grèce, même après un an de réforme, reste la Grèce…

 

Photos: Reuters



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