Devenez rédacteur
|
Voir en ligne : http://bruxelles.blogs.liberation.f...
L’UE et le FMI, qui ont prêté 110 milliards d’euros à la Grèce (sur un endettement total d’environ 340 milliards d’euros), vont sans doute devoir se résigner à mettre à nouveau la main à la poche (entre 25 et 60 milliards d’euros), comme l’ont déjà admis les ministres des finances de la zone euro réunis lundi soir à Bruxelles : « je ne l’exclus pas, mais nous ne l’avons pas (encore) décidé », a expliqué Jean-Claude Juncker, le président de l’Eurogroupe. Mais cela ne sera sans doute pas suffisant. Aussi, les gouvernements de la zone euro se posent désormais ouvertement la question de la restructuration de sa dette publique afin d’alléger le fardeau qui pèse sur la Grèce.
Certes, le mot reste officiellement banni : lundi soir, Juncker a utilisé le mot « reprofilage », ce qui recouvre un allongement de la durée des prêts consentit. Or, qu’on le veuille ou non, il s’agit bien d’une forme de restructuration douce, celle-ci pouvant aussi comprendre une baisse des taux d’intérêt et, plus brutalement, un « hair cut », c’est-à-dire un abandon total ou partiel des créances. Mais à quelles créances s’appliqueraient-elles ? Pour l’Allemagne et l’Autriche, les créanciers privés, c’est-à-dire les banques, devraient être impliqués, ce que rejette fermement un pays comme la France qui craint une panique des marchés et donc un effet systémique : « la restructuration ou le rééchelonnement, qui serait de nature à constituer une situation de défaut, sont pour moi off the table. On n’en discute pas », a martelé Christine Lagarde.
En attendant d’y voir plus clair, la Grèce est sommée d’adopter de nouvelles mesures de rigueur et surtout d’entamer le programme de privatisation de 50 milliards d’euros (ce qui réduira d’autant la dette) auquel elle s’est engagé et qui n’a pour l’instant pas commencé. Selon certaines estimations, l’Etat grec disposerait d’un patrimoine total de 280 milliards d’euros, une estimation qu’il convient de prendre avec des pincettes car il ne sait pas lui-même ce qu’il possède, faute de cadastre et de données fiables… La Grèce, même après un an de réforme, reste la Grèce…
Photos: Reuters Laisser un commentaire |
?
Derniers articles de Jean Quatremer : Quand la commission redécouvre la croissance... Euro : Sarkozy se « mélenchonise » dans la dernière ligne droite L’UE d’espoir au conseil européen D'autres articles: FMIPourquoi l’Union et le FMI demandent à la Grèce de diminuer ses salaires (et ses prix) (Jean Quatremer) La Grèce ou les écuries d’Augias (Jean Quatremer) Pourquoi les Marchés sont-ils déboussolés ? (Paul N. Goldschmidt) Union EuropéenneCohn-Bendit : "L’Europe négocie un traité dont elle n’a pas besoin" (Jean Quatremer) L’Union veut déjouer les fausses notes (Jean Quatremer) La Pologne craint le retour de la guerre en Europe si l’euro disparait (Jean Quatremer) GrèceHeureux qui, comme un député grec, a touché le pactole… (Jean Quatremer) Grèce : la BCE ne veut pas prendre ses pertes (Jean Quatremer) Sauvetage de la zone euro, le cavalier seul des socialistes français (Jean Quatremer) |