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La démocratie est la pire forme de gouvernement, le drame c’est que toutes les autres formes de gouvernement sont pire encore", se plaisait à dire Winston Churchill. Doit-on douter de la démocratie ou doit-on plus simplement admettre que les régimes qui s’en réclament n’en sont encore qu’au balbutiement démocratique ?
Force est de constater que la liberté d’expression
constitutionnelle est un leurre si les moyens de cette expression ne sont pas
mis à la portée de chacun. L’attitude du pouvoir face à la "voix du
peuple" est généralement "cause toujours". L’amélioration par rapport
au régime totalitaire, pour apparente qu’elle soit ne se traduit que très
rarement en pratique et nécessite souvent une revendication démesurée par
rapport à son objet. En fait, nous vivons toujours dans un régime
ploutocratique (gouverné par les riches) de plus en plus subtil mais néanmoins
de plus en plus radical. Depuis 1970, le monde est 5 fois plus riche, il y a
moins de riche mais ils sont de plus en plus riches et il y a beaucoup plus de
pauvre et ils sont beaucoup plus pauvre. Dans le monde d’aujourd’hui : 1 famille
sur 5 n’a pas de logement, 1 humain sur 4 n’a pas accès à l’eau potable et 1
enfant sur 3 vit sous le seuil de pauvreté. Comment peut-on, dans ces
conditions, se prétendre démocrate, progressiste, religieux ou simplement
humain. Soyons certain que cela ne reflète pas le souhait des masses
populaires. La convivialité est : la capacité d’une société à favoriser
la tolérance et les échanges réciproques des personnes et des groupes qui la
composent, l’ensemble des rapports favorisant l’épanouissement individuel des
membres d’un groupe. Cette convivialité semble être la qualité la plus absente
du pouvoir actuel qui s’affiche paradoxalement comme démocratique sur la plus
grande partie de la planète. La seule cause à l’origine de toutes les autres causes qui
engendrent cette déplorable constatation est la peur du lendemain qui tenaille
chaque être humain. Tant que cette peur ne sera pas éradiquée ont peut
s’attendre au pire et celui qui détient le pouvoir fera faire n’importe quoi à
l’être humain. L’animal social qu’est encore aujourd’hui l’être l’humain réagit
comme tout animal domestique lorsqu’il est acculé. S’il ne peut fuir, soit il
se suicide soit il devient un féroce forcené. Toute société a donc les
criminels qu’elle crée. Il y a sur notre planète largement de quoi satisfaire les
besoins de l’ensemble de l’humanité mais il n’y aura jamais assez pour
satisfaire la cupidité de quelques-uns. Il suffit d’avoir suffisamment peur
pour ne jamais avoir assez. La mondialisation et la libéralisation prônée
actuellement permet seulement au loup libre de sévir dans une bergerie libre
plus vaste avec encore moins de protection pour les plus démunis. Le secours ne viendra pas des technocrates. Eux aussi ont
peur du lendemain. Leur carrière et la protection des puissants est
indispensable à leur survie. Ils nous concocterons donc toujours des théories
justifiant les pires dérives, les effets les plus pervers, au besoin en
transformant le sens des mots ( la compétitivité n’a plus sont sens original
"cum petere" faire ensemble) ou même en en créant de nouveau si
nécessaire (le plan social., la flexibilité, la délocalisation). L’économie ne
s’attache plus à découvrir le meilleur moyen de transférer la production à la
consommation, la politique n’est plus l’art de rendre possible ce qui est
nécessaire et la philosophie n’est plus l’amour et la recherche de la sagesse. Notre société est bien malade. Le bien commun est dilapidé.
Les ressources non renouvelables sont pillées. Le lien social se désagrège. La
moitié de l’humanité meurt faim, l’autre moitié de trop manger. De même que
dans un corps humain, si une cellule est malade c’est l’ensemble du corps qui
est malade. Quelle thérapie, quel sociothérapeute guérira les membres de cette
société de leur peur chronique du lendemain qui cause tellement de dégâts. Le convivialisme est une piste qui mérite d’être
attentivement étudiée. Une société sans exclu qui offre à chacun les moyens de
prendre soin de ses voisins. Une société dont les membres ne doivent plus
perdre leur vie à la gagner. Une société qui assure à chacun, de la naissance à
la mort, un revenu social ou de citoyenneté rien que parce qu’il (elle) existe.
Un revenu périodique, résultat de l’ensemble de la production d’une région et
non plus fonction de sa production individuelle, distribué à chacun afin de lui
fournir le minimum vital qui lui permet de se consacrer à l’activité de son
choix sans tenir compte des critères purement mercantile puisque ses lendemains
sont définitivement assurés. Principes de base de l’économie distributive en résumé
d’après Marie-Louise DUBOIN Le constat : L’homme à toujours cherché à réduire l’effort
qu’il doit fournir pour assurer sa subsistance. Il a d’abord inventé des
outils, puis il les a perfectionnés. Lents d’abord, ces progrès ont pris, ces dernières
années, un caractère exponentiel. Dans les pays industrialisés, l’homme dispose maintenant
d’innombrables esclaves mécaniques, électroniques, automatisés, informatisés...
Il sait même commander la nature, la modifier, en un mot lui faire produire
presque tout ce qu’il veut, comme il veut, quand il veut. Cette “Grande Relève des hommes par la science” dans tous
les processus de production marque un changement de civilisation, le plus grand
de tous les temps et certainement le plus rapide. Tellement rapide dans les
pays industrialisés que les hommes n’ont pas encore pris conscience de sa
conséquence majeure : le pouvoir d’achat ne peut plus être mesuré par la durée
du travail. Surproduction et croissance du chômage, entraînant
récession, destruction, exclusions, délinquance, drogues et guerres, sont les
manifestations les plus frappantes de l’inadaptation de notre système
économique aux transformations des processus de création de biens et de
services. C’est ce qu’on appelle la crise. Une nécessité : INVENTER POUR S’ADAPTER Les transformations sociales, nécessaires pour adapter notre
système économique aux nouveaux moyens de création de richesses, sont à la
mesure de cette révolution sans précédent. Mais pour pour les imaginer et les
mettre en oeuvre, il faut aller à l’encontre d’habitudes et de modes de penser
millénaires, au risque évidemment, de passer pour “utopistes”. Notre utopie, c’est l’économie des besoins, ou économie
distributive, qui pose en principe que : toute production physiquement et écologiquement
réalisable doit être financièrement possible. Et quand elle a été réalisée,
tout citoyen doit avoir le pouvoir d’achat nécessaire pour en acquérir sa part. La fin de l’ère de la rareté des biens et des services est
aussi la fin de l’ère de l’échange entre pouvoir d’achat et temps de travail.
Une double réorganisation s’impose donc : celle du devoir économique et celle
du droit économique de tout citoyen. D’une part, répartir entre tous les tâches encore
nécessaires, dont la durée diminue constamment grâce aux progrès
technologiques, et d’autre part, distribuer le pouvoir d’achat correspondant
globalement à la valeur des biens et des services produits, dont la quantité
peut désormais s’accroître si besoin. Les propositions : LE SERVICE SOCIAL Le partage des tâches devient le service social que chaque
individu doit accomplir au cours de son existence, selon ses aptitudes et
suivant les besoins de la société. Il s’agit là d’une d’une remise en cause de
la notion d’emploi. Le “travail” cesse d’être l’activité essentielle de
l’homme, qui commande toutes les autres et détermine à vie son “niveau social”.
D’autres activités, réputées aujourd’hui non rentables, ou non mesurables en
termes économiques, mais au moins tout aussi utiles, voire même fondamentales,
sont désormais reconnues. LE REVENU SOCIAL OU DE CITOYENNETÉ La distribution du pouvoir d’achat se fait en créditant
périodiquement le compte de chaque citoyen, de sa naissance à sa mort. Pour
effectuer ses achats, chacun dispose d’un carnet de chèques, ou d’une carte à
puce s’il préfère, et son compte est débité du montant de l’achat. Rien n’est
donc changé pour le consommateur, la vente est enregistrée et le crédit
correspondant est annulé. LA MONNAIE DISTRIBUTIVE Pour distribuer ainsi le pouvoir d’achat il faut une monnaie
d’un type nouveau. Cette monnaie distributive est une monnaie de consommation :
elle ne sert qu’a acheter, elle ne circule pas, elle ne peut être placée pour
rapporter un intérêt et elle n’est plus anonyme. Des payements à échéance
restent toutefois possibles. Le montant des crédits à distribuer régulièrement
(chaque mois par exemple) est un problème informatique analogue à celui que
traitent actuellement et en temps réel les milieux boursiers et financiers.
Plus simplement, il consiste à évaluer la production à réaliser pendant une
période donnée, en tenant compte des contraintes (d’environnement, de
sauvegarde des ressources, etc..), des besoins et des intentions manifestées
par les consommateurs, des besoins des services publics et des investissements
nécessaires. Le montant total du “revenu social” distribué est la différence
entre la valeur de la production estimée et celle des investissements décidés,
pour une période donnée. Considérant que tous les citoyens d’une même région, puisqu’ils
sont , tous et au même titre, cohéritiers des fruits du travail et des
recherches qui ont abouti aux moyens actuels de production. Jacques DUBOIN
proposait un revenu social égal pour tous, autrement dit “l’égalité
économique”. Mais la plupart des gens ne sont pas prêts culturellement à un tel
changement, de sorte que cet objectif ne peut être envisagé qu’à long terme. Une transition : LE CONTRAT CIVIQUE Diverses mesures transitoires ont été proposées. Une
allocation universelle ou revenu d’existence, minimum alloué à tous, pourrait
faire évoluer les mentalités. Mais pour avancer un peu plus vers l’économies
des besoins, nous proposons de répartir le pouvoir d’achat sous forme d’un
revenu de citoyenneté, déterminé à partir d’un contrat civique renouvelable et
modifiable en fonction des résultats obtenus. C’est pour stimuler l’initiative individuelle, l’innovation,
l’inventivité tout en tenant compte de la complexité croissante de l’économie,
que nous avons proposé le contrat civique. Son objectif est de rendre le
citoyen autonome et responsable, de lui donner la possibilité de décider de
l’orientation de sa vie, de lui laisser l’initiative de ses activités, mais en
les faisant reconnaître et valoir, même si elles ne sont pas mesurables suivant
les normes économiques traditionnelles. Pour les uns, simple publication de leur rôle dans une
entreprise qui existe, pour d’autres, projet plus ou moins ambitieux d’une
nouvelle activité, le contrat civique proposé par chaque citoyen (si besoin,
aidé et conseillé) doit faire l’objet d’une publicité préalable, puis être
présenté à des instances compétentes. Ces instances, les “conseils
économiques”, devront, selon le principe de subsidiarité, être celles qui
correspondent au niveau adapté à l’envergure du projet ; elles seront composée
d’élus, de représentants des professionnels concernés et, au moins pour moitié,
de citoyens y siégeant temporairement, à titre personnel, comme “usagers”. La démocratie économique sera enfin réalisée par la remise à
ces conseils du pouvoir de création monétaire, (qui sera donc retiré aux
banques de crédit qui en usent aujourd’hui de façon arbitraire), y compris pour
financer les investissements nécessaires aux entreprises, qui devront leur en
rendre compte. En bref, le résumé de notre résumé, c’est la SNCF qui l’a
formulé avec ce slogan : Le progrès ne vaut que s’il est partagé par tous. Laisser un commentaire |
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