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Voir en ligne : http://michelgheude.skyrock.com/276... ![]() Depuis la querelle des images qui l'opposa aux églises byzantines d'abord, au protestantisme ensuite, l'Eglise catholique a noué tout au long de l'Histoire un lien privilégié avec l'image et elle affiche une magnifique modernité par sa capacité à utiliser les médias contemporains. Ne vient-elle pas de créer une chaine de télé sur You Tube (http://www.youtube.com/vatican?gl=IT&hl=it ) ?
De même, elle a une longue tradition de lecture des images et singulièrement du cinéma. Les Cahiers du Cinéma eux-mêmes, bible mondiale des cinéphiles, ont été créés par André Bazin qui, au lendemain de la Libération, faisait partie de ces militants de Peuple et Culture qui animaient des ciné clubs et écrivaient dans Esprit. Les journaux télévisés ont donc eu quelque motif de relayer la critique vaticane d'Avatar, le dernier film de James Cameron, succès mondial qui raconte comment les industriels du futur détruisent, sur la planète Pandora, la civilisation des Na'vi comme ils ont détruit autrefois celle des Indiens d'Amérique. Bien sûr, Avatar est d'abord une histoire d'amour. Mais Avatar est aussi un film politique. Il reprend les thèmes de la critique portée depuis les années 50 sur l'histoire américaine par le western révisionniste, qui regarde les Indiens non plus comme de dangereux sauvages mais comme les victimes de la colonisation. Depuis 68, c'est la ligne dominante à Hollywood, du Little Big Man d'Arthur Penn en 1970 à Danse avec les loups de Kostner en 1990. Comme dans ces films, les blancs d'Avatar chassent les indigènes de leurs terres. Mais l'un d'entre eux sympathise avec les "sauvages", découvre les qualités de leur civilisation et tombe amoureux d'une « indienne ». Mais en passant du western à la science fiction, Cameron n'a pas seulement remplacé les chevaux par des dragons. Il a inversé le passé et l'avenir. Il ne montre pas comment la modernité s'est imposée au prix de la destruction de cultures traditionnelles, il fait des Na'vis le futur de l'Homme et de leur civilisation une culture infiniment préférable à la nôtre. Il fait non seulement la critique d'un certain capitalisme raciste et prédateur mais il fait de la civilisation des Navis un idéal de culture en harmonie avec la nature, communiquant avec son essence divine par la magie et les pratiques chamaniques. Et postule, à travers l'histoire de son héros que pour retrouver la Nature, l'Homme devra se métamorphoser totalement, changer d'incarnation. C'est là que l'Eglise, malgré ses appels récents en faveur de la protection de l'environnement, a fait sonner son tocsin : «La planète Pandora flirte intelligemment avec toutes ces pseudo-doctrines qui tournent l'écologie en religion du millénaire. La nature n'est plus une création à défendre mais une divinité à adorer» (...) « Avatar s'enlise dans un spiritualisme liée au culte de la nature ». Et si en effet, de Kyoto à Copenhague, se jouait, non l'avenir du climat, mais, autour du rapport de l'homme et de la nature, une nouvelle guerre de religion ? Laisser un commentaire |
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