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Voir en ligne : http://feeds.feedburner.com/~r/lebl... Il y a quelques jours j’ai terminé la lecture d’un livre pas tout jeune (1966) mais absolument passionnant: La dimension cachée. Il va d’ailleurs falloir que je relise quelques passages avant de pouvoir pleinement l’intégrer. Sur le quatrième de couverture la dimension cachée est définie comme suit:
Ce livre traite donc de la gestion de l’espace et de son influence sur l’être humain. Que se soit l’espace entre individus ou l’espace en tant que lieu de vie. Il met en lumière le fait que chaque culture et classe sociale a une gestion et une interprétation particulière de l’espace. Il s’agit souvent d’un processus inconscient donc difficile à révéler. C’est absolument passionnant, je vais ici m’attarder sur le chapitre villes et culture. Nos villes sont multiculturelles voilà un fait que personne ne conteste mais bizarrement la réflexion n’a pas été poussée au point de se dire que chaque groupe socio-culturel a des besoins spécifiques.
En partant de ce postulat de base il propose la création « d’enclave ». Il ne parle pas d’un ghetto, pas de tours HLM mais d’un espace dans la ville qui correspond aux besoins spécifiques de telle ou telle minorité culturelle. Le but n’est pas d’encourager le communautarisme mais bien l’inverse. Créer un lieu de vie, une zone tampon où les nouveaux arrivants¹ se sentent accueillis et reconnus au sein d’une communauté tout en gardant une partie de ses repères culturels. Pour s’ouvrir à l’autre, il est essentiel avant tout de se sentir bien dans sa communauté d’origine.
La compréhension des besoins spécifiques d’une population est essentiel si l’on veut éviter des mesures arbitraires sans aucune prise avec la réalité. Edward T.Hall prend notamment l’exemple d’un quartier italien qui a été rasé à Boston et remplacé par des immeubles modernes. Il ne faisait aucun doute que le quartier, qui était dans un état lamentable, avait besoin d’une rénovation. Avec, sans doute, la main sur le cœur et plein de bonnes intentions, la ville a créé un environnement totalement inadapté. Une fois les nouveaux logements intégrés, le nombre de dépression a augmenté chez les anciens habitants du quartier.
Un appartement fonctionnel dans une tour est une solution pragmatique mais catastrophique du point de vue du bien être. Comme l’illustre le témoignage recueilli par l’auteur « Ce n’est pas un endroit où élever une famille. Une mère ne peut pas surveiller ses enfants quand ils sont sur un terrain de jeu quinze étages plus bas . Les petits se font rosser par les plus forts, les ascenseurs sont dangereux et remplis d’ordures, ils sont lents et tombent en panne. Lorsque je veux rentrer chez moi je réfléchis à deux fois car il peut arriver d’attendre l’ascenseur pendant une demi-heure ». Une étude avec des rats fait froid dans le dos quant aux conséquences de cet empilement dans des tours toujours plus hautes.
Raison de plus pour tenir à l’œil ce genre de projet immobilier Pourquoi je vous racontes tout ça? Car je viens de découvrir, les envoyés spéciaux , un nouveau blog écrit par des jeunes de 6ème primaire de Schaerbeeck issus des quartiers difficiles, le tout écris sous la bienveillance de leur prof de morale. Une initiative que je ne peux que vous encourager à aller lire. Sans langue de bois, ils ont des choses à dire. Ce qui m’a également frappé c’est les différentes références à l’espace:
Il ne faut pas avoir fait un doctorat en psychologie pour se rendre compte qu’une vie dans un tel environnement n’est pas propice à un développement serein des individus. Si dans son propre quartier on ne sent pas en sécurité et qu’en dehors du quartier on est un étranger, l’on peut comprendre (comprendre n’est pas excuser) certains comportements des jeunes « des quartiers »: violence, décrochage scolaire, fondamentalisme religieux Il s’agit d’une réflexion en cours, je n’ai donc pas la prétention de résoudre le problème des quartiers difficiles (sujet pour lequel je ne dispose d’aucune expertises) en ces quelques lignes. Il est également évident que les bâtiments et l’aménagement des quartiers ne sont pas les seuls en cause mais personnellement je pense que l’environnement a une énorme influence sur les êtres humains². ¹« Il semble en effet que les principaux groupes ethniques établis dans les villes américaines maintiennent leur sparticularités respectives pendant plusieurs générations » ²Il prend l’exemple d’une étude faite dans un hôpital où le simple remplacement d’une chaise par une table a multiplié par trois le taux de lecture des pensionnaires. Ps: j’ai découvert le blog via Charles même s’il ne veut pas qu’on le dise Laisser un commentaire |
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