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Une chose fascinante est la capacité des analystes de marché – et des médias - de dire tout et son contraire et réciproquement dès qu’il s’agit de prédire l’évolution des monnaies entre elles dans un marché des changes flottant. Rappelez-vous, c’était en novembre dernier : l’euro valait 1,50 dollar et chacun de s’interroger : où s’arrêtera la chute du billet vert ? Certain n’hésitaient pas à prédire un euro à deux dollars pour la fin de 2010 et personne ne s’avisait à parier sur une remontée du billet vert. Une perspective vertigineuse et angoissante pour la reprise économique sur le vieux continent. Trois mois plus tard, l’euro ne vaut plus « que » 1,36 dollar (ce soir) et il a même touché le « seuil » de 1,34 dollar ces derniers jours. La question est désormais de savoir où s’arrêtera la « chute » de l’euro…
Selon le Wall Street Journal, une théorie de dirigeants de hedge funds (fonds spéculatifs) se serait même retrouvée en grand secret le 8 février pour partager leurs analyses sur l’évolution de la parité euro/dollar. Selon le journal américain, généralement très bien informé, ils auraient estimé que l’euro, piégé par la Grèce, tomberait « probablement » à parité avec le dollar. Un pari fascinant alors que les taux d’intérêt au sein de la zone euro restent supérieurs (1 %) à ceux des États-Unis (où la Réserve fédérale vient seulement de décider de couper en douceur le robinet à liquidités qui inonde le marché et a réaffirmé que ses taux resteraient proches de zéro pour une longue période) et alors que les fondamentaux Européens (notamment les déficits, la dette, le déficit commercial ou le déficit de la balance des paiements) restent bien meilleurs que ceux des États-Unis. Certes, la reprise semble plus vigoureuse outre-Atlantique, mais, pour l’instant, il semblerait que cela soit dû à un phénomène de restockage classique. En réalité, le pari que font ces hedge funds est que les marchés vont continuer à paniquer devant un risque largement fantasmatique d’éclatement de la zone euro et vont donc fuir la monnaie unique.
En 2002, le cours moyen de l’euro a été de 0,94 dollar, de 1,13 en 2003, de 1,24 en 2003 et 2004, de 1,25 en 2006, de 1,37 en 2007, de 1,47 en 2008, de 1,39 en 2009. Si on retient ces temps longs et, surtout, les fondamentaux économiques, il faudra du temps pour que l’euro retombe à un dollar… Sauf, bien sûr, si la Grèce est éjectée de la zone euro, ce à quoi certaines banques d’affaires et fonds d’investissement américains s’emploient activement.
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