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Est immigrant celui qui va s’installer dans un pays étranger au sien. Est donc immigrant un Turc, un Marocain qui vient s’installer en Belgique c’est-à-dire en Flandre, en Wallonie ou à Bruxelles. Le bourgmestre de Zaventem y ajoute le francophone qui s’installe chez lui. On croit rêver. Mais il y a mieux. Le francophone ne peut s’exprimer en français à un employé de la commune ou à un commerçant ni même afficher « A Louer » sur son immeuble s’il veut trouver un locataire. Il en va de même pour les enseignes lumineuses des commerçants. Celles-ci doivent être en Néerlandais. Un policier ne peut s’adresser à un contrevenant que dans la langue de Vondel. Mieux un employé communal ne peut s’exprimer en français sous peine de sanction. A la maison communale on ne parle désormais que le flamand. C’est le comble de la bêtise ! Bruxelles est la capitale de l’Europe et Zaventem est l’aéroport international. Que doit penser l’étranger qui y débarque ? Il sait que la Belgique est un petit pays mais il ne sait, peut-être pas que par endroit il est peuplé d’extrémistes dont l’idéologie s’inspire du nazisme. A ce propos Yves Leterme s’adressant aux journalistes a déclaré que les wallons n’étaient pas assez compétents pour apprendre le néerlandais. Il est normal alors que le petit bourgmestre obtus fasse un pas de plus dans la mauvaise direction. L’ambiance n’est certes pas favorable à trouver une solution à la coexistence ! Nous pouvons être gênés que notre pays ait de tels dirigeants. Les sportifs de haut niveau viennent de se retrouver en Chine. Ce fut l’occasion pour les pays occidentaux de rappeler aux dirigeants chinois que les droits fondamentaux, dont la liberté d’expression, sont bafoués. Plus prés de nous la liberté d’expression est refusée en Flandre « pour les autres ». En effet la liberté d’expression passe par l’usage de la langue. Si la langue utilisée est interdite il ne peut y avoir de communication donc d’expression. L’article 11 de la Charte Européenne des Droits Fondamentaux est explicite : « Toute personne a droit à la liberté d’expression. Ce droit comprend la liberté d’opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu’il puisse y avoir ingérence d’autorités publiques et sans considération de frontières ». Ce paragraphe est à méditer par Bart de Wever président de la N.V.A. Il bafoue tous les droits naturels. Il oublie que la disparition d’une des deux langues nationales est un véritable deuil pour la région. Comment sortir politiquement de ce piège tendu par la CD&V-NVA. Les catholiques flamands ont une lourde responsabilité dans la crise. Pour conserver leur avance électorale ils cautionnent la thèse des séparatistes de la NVA. Cette évidence entraîne une première solution. Il faut que les responsables de la CD&V sauvent le pays en se séparant de la NVA. S’ils ne le font pas c’est qu’ils cautionnent la thèse séparatiste et ils en porteront toute la responsabilité devant l’Histoire. Mais l’homme politique est faible ; il songe d’abord à sauver sa carrière. Il a peur des élections qui risquent de le gommer de la scène politique. Ceci est vrai aussi pour ceux qui représentent les francophones. Chacun s’accroche au pouvoir, sans lui il n’existe plus. On a vraiment l’impression d’un décalage complet entre ceux qui nous gouvernent et la société qu’ils prétendent représenter. La crise belgo-belge prend une forme insoluble. Une paix communautaire est introuvable sans d’importantes concessions de part et d’autre. Une minorité de flamands, certes nombreuse, est atteinte de francophobie et par complexe devient nationaliste. La CD&V devrait faire le ménage à l’intérieur de son parti et savoir ce qu’elle veut, une bonne fois pour toutes. Est-ce le séparatisme ou l’unité du pays ? Que l’on soit profondément loyal envers la région ou l’on vit cela va de soi, aussi pour les francophones qui vivent dans les communes à facilités. Pour le reste, bien sûr, on doit défendre les intérêts du pays et cela vaut aussi pour les flamands. Dans l’univers culturel flamand une concession francophone, sans contrepartie serait considérée comme preuve de faiblesse et appellerait demain d’autres exigences flamandes et d’autres reculs francophones. Demain, après demain, le plus tôt possible il faut faire des propositions concrètes de communauté à communauté lors d’un dialogue franc avec pour but de sauvegarder la Belgique. Ce règlement engageant l’avenir ne peut être bâclé. Les hommes politiques à idéologie extrême, d’un côté comme de l’autre, doivent être écartés du dialogue, sans quoi aucun apaisement des comportements ne sera possible. La démocratie ne sera pas, pour autant, bafouée malgré les nombreuses critiques réclamant chacun autour de la table. A provoquer l’autre par des paroles blessantes, par des attitudes révoltantes, par des comportements déplacés, entraîne des réactions de même nature violentes qui n’ouvrent pas la voie à la pacification. Ceux qui ne sont pas capables de maîtriser leurs paroles et leurs actes ne sont pas dignes de s’asseoir à table. Mais alors qui mettre autour de la table ? Les partis politiques, après un an de discussions stériles, d’hésitations, de provocations, de gros mots, sont incapables de dégager une solution de bon sens qui permettrait enfin de s’occuper d’autre chose que du communautaire. Alors pourquoi ne pas choisir d’autres personnes indépendantes du monde politique étouffant. Des hommes et des femmes du monde universitaire, judiciaire, économique, social, des affaires. Leur indépendance politique les libère de l’obsession électorale et leur permet des réflexions non dictées par les présidents de partis. Est-ce réalisable ? Qui les choisira ? Quelle autorité aurait assez de pouvoirs de les faire accepter par les politiques qui verraient ainsi leur influence sapée. La solution dégagée par ces « sages » sera-t-elle applicable sans l’accord des politiques qui retrouveraient ainsi leur pouvoir provisoirement perdu. Le Roi n’a pas fait autre chose mais a dû désigner 3 sages parmi les politiques avec mission de clarifier les positions en vue d’une solution. Une autre attitude est de réclamer des élections. Elles ne sont pas voulues par le monde politique qui veut rester en place et de plus elles ne modifieraient que peu la répartition des portefeuilles. Peut-être alors, puisque toutes les portes sont fermées, aller à la consultation populaire ? Le référendum diminuerait l’influence des petits partis extrémistes qui pèsent bien plus que leur réelle importance et qui pourrissent l’atmosphère des communautés. Le « oui » et le « non » dépendraient des diverses question posées. Celles-ci doivent être claires et précises. Le référendum ne peut exiger l’obligation de vote. La liberté de participation doit être accordée au peuple. Ceux qui, avec certitude, répondront aux questions seront les extrémistes, eux qui sont engagés dans la lutte pour le pouvoir. Les autres, majoritaires, conscients de l’importance de l’enjeu devront massivement s’exprimer sous peine de laisser le champ libre aux extrémistes. Le résultat du référendum sera différent au nord et au sud mais il reflétera la volonté des Flamands et des Francophones et non plus le reflet des partis politiques. La démocratie en sortira grandie. __________________________ Les derniers commentairesLaisser un commentaire |
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