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Même si Natixis juge « peu probable » que la « scission de l’État belge en deux (ou trois) entités » « se réalise », d’autant qu’elle« irait à contre-courant de l’histoire – certes inaboutie — de la construction européenne », elle étudie à la loupe la situation macro-économique des trois régions belges (Flandre, Wallonie et Bruxelles) afin de mieux appréhender les effets qu’elle aurait. Natixis note que, « mesurées par la dispersion des PIB régionaux », « les disparités régionales belges sont très fortes en comparaison des autres pays européens » et « sont même sur une tendance nettement croissante en termes de taux de chômage ». Seule l’Italie, où, ce n’est pas un hasard, le régionalisme est aussi fort qu’en Flandre, fait presque pire que la Belgique. La Flandre est, sans surprise, la région la plus riche alors que la Wallonie, qui ne s’est toujours pas remise, à l’image du nord de la France, de l’effondrement de l’industrie lourde dans les années 70, est la plus pauvre. Avec 57,8 % de la population, le nord produit 57,9 % du PIB, alors que la Wallonie, avec 32,4 % de la population, n’est à l’origine que de 23,3 % de la richesse nationale. La part de Bruxelles, capitale de la Belgique, de la Flandre et de l’Union européenne, dans le PIB est de 18,7 % avec 9,8 % de la population (mais plusieurs centaines de milliers de « navetteurs » flamands et wallons se rendent chaque jour à Bruxelles…). Mais, ces disparités régionales sont« en voie de résorption » : « l’écart de croissance entre Flandre et Wallonie (s’est) nettement réduit au cours de la dernière décennie », une « reconvergence durable », insiste Natixis.
Bref, si la scission se traduira par un appauvrissement de la Wallonie, cette dernière serait bien moins sinistrée que les Flamands ne le croient : elle rattrape son retard et son dynamisme démographique joue en sa faveur. Mais, pour amortir le choc de la séparation, il est absolument nécessaire que la Wallonie parte avec Bruxelles, vu sa part dans le PIB belge : « une scission à trois entités serait particulièrement pénalisante pour la Wallonie », souligne Natixis. Reste la question de la répartition de la forte dette belge qui dépasse les 100 % du PIB (environ 350 milliards d’euros). Comme elle est pour l’essentielle fédérale, la discussion s’annonce difficile. Car la dette est un héritage de l’histoire et le plus simple, un partage 60 %/40 %, reflétant la composition de la population, n’est pas forcément le plus acceptable… En outre, tout dépendrait du scénario de la scission : si l’entité Wallonie-Bruxelles se présente comme successeur de l’ancienne Belgique, afin de garder ses sièges dans les institutions internationales, elle hériterait de la totalité de la dette belge qui représenterait alors 240 % de son PIB et la charge des intérêts absorberait près de 10 % du revenu francophone… Natixis conclut que la scission est tout aussi « inéluctable »qu’« impossible ». Mais l’histoire est pleine de scénarios impossibles… Laisser un commentaire |
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