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La Commission protège les fonds spéculatifs contre les Etats membres et le Parlement européenjeudi 30 avril 2009, par Jean Quatremer Voir en ligne : http://bruxelles.blogs.liberation.f... La Commission aime tellement les « fonds spéculatifs » (« hedge funds ») et autres « fonds d’investissement » (« private equity ») qu’elle est prête à se battre pour préserver leur liberté d’action, et ce, contre la volonté de la quasi-totalité des États membres de l’Union, du Parlement européen et même du G 20 qui a appelé, début avril, à une réglementation de ce secteur accusé d’avoir amplifié la crise bancaire. Le projet de directive qu’elle va présenter aujourd’huin’est, en effet, qu’un épais (56 articles quand même) rideau de fumée qui dissimule son refus de leur imposer un contrôle réel. Pis : ce texte, en l’état, va faciliter leur travail dans l’Union alors qu’ils sont domiciliés à plus de 85 % dans des centres off shore (pour l’essentiel dépendants de la couronne britannique comme les îles Caïman). Le père de ce texte (que vous pouvez télécharger ici dans la version de mardi soir, c'est-à-dire avant son passage en commission), le commissaire chargé du marché intérieur, l’Irlandais Charlie McCreevy, a toujours été un défenseur de ces fonds qui gèrent près de 2000 milliards d’euros d’actifs. Le 1er octobre, il proclamait ainsi devant des journalistes éberlués que « ce n’est pas le manque de réglementation qui est à l’origine de la crise financière ». Pour lui, la réglementation des « hedge funds » est d’autant moins nécessaire qu’ils ne sont « pas la cause des turbulences actuelles ». Ce qui est exact en première analyse. Mais c’est ignorer les montages financiers dont ces fonds sont partis prenants, l’énorme effet de levier dont ils disposent et l’opacité dans laquelle ils opèrent grâce à leur domiciliation dans des paradis fiscaux. Néanmoins, sur la pression des États membres et du Parlement européen, le président de la Commission a demandé à Charlie McCreevy de préparer un texte encadrant ces fonds spéculatifs. Or, dès décembre dernier, lorsque les premières moutures ont été connues, l’inquiétude a grandi dans le camp des régulateurs. Ainsi, le parti socialiste européen (PSE), emmené par Pervenche Berès, la très active présidente de la commission des affaires économiques et financières, a écrit à Barroso, dès le 16 décembre, pour lui faire part de son indignation devant la mauvaise volonté de son commissaire… En dépit des assurances de Barroso, le PSE ne peut que constater qu’au final « il s’agit d’une pure opération de toilettage (…) totalement inacceptable ». La quasi-totalité des États membres, dont l’Allemagne, la France, l’Italie, le Luxembourg, des pays dotés de majorité de droite, ou encore l’Espagne socialiste sont sur la même longueur d'onde. Rien n’y a fait : McCreevy persiste et signe.
Photo: Thierry Monasse Laisser un commentaire |
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