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La Grèce n’a pas trouvé son Churchill

lundi 20 juin 2011, par Jean Quatremer

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« Georges Papandréou n’a décidément pas l’étoffe d’un Churchill »
, analyse un diplomate  européen en poste à Athènes. Affaibli par dix-huit mois de cure de rigueur, le premier ministre socialiste a quasiment remis, hier, les clefs de son gouvernement à son principal rival au sein du PASOK, Evangélos Venizelos. Ce juriste, qui a été de tous les gouvernements socialistes depuis 1993, est, en effet, nommé vice-premier ministre et ministre des Finances en lieu et place de Georges Papaconstantinou, un économiste compétent et apprécié des créanciers internationaux de la Grèce, mais qui n’a jamais réussi à s’imposer dans son parti (il se retrouve à l'environnement...). Les députés socialistes, qui le rendaient presque responsable de la situation désastreuse du pays, voulaient sa tête depuis longtemps.

 

Autant dire que le remaniement gouvernemental annoncé vendredi ressemble plus à un rééquilibrage interne au PASOK qu’à la mise en place d’une équipe de combat capable d’imposer des réformes douloureuses à la Grèce et surtout à ceux qui ont profité d’un système corrompu. Même si, martial, Venizelos a immédiatement affirmé : « je suis là par devoir patriotique pour livrer une véritable guerre ». Il faut dire que l’entêtement d’Antonis Samaras, le leader de la Nouvelle Démocratie, le parti conservateur responsable du marasme actuel, qui a refusé tout gouvernement d’union nationale n’a pas facilité la tâche de Papandréou. Mais, sa nouvelle équipe resserrée autour des caciques du PASOK, ne donne pas le signal attendu tant par les citoyens hellènes, qui ont soif de responsables à la probité insoupçonnable, que par les bailleurs internationaux.

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Ainsi, Papandréou n’a pas été capable d’imposer au ministère des Finances Lucas Papademos, ancien vice-président de la Banque centrale européenne (BCE) entre 2002 et 2010, qui exigeait, pour prix de son entrée au gouvernement, la tête de plusieurs éléphants du PASOK pour pouvoir travailler librement. Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, n’avait pourtant, pour une fois, pas hésité à sortir de sa réserve, en prenant parti sur une question de pure politique intérieure : « ce n’est pas le moment pour la politique partisane. Trop de choses sont en jeu et les citoyens grecs le savent », a-t-il lancé jeudi : « l’heure n’est pas à la division, mais à l’unité dans l’action ». On peut légitimement se demander si le personnel politique grec, tout à ses querelles de chapelle, est conscient des enjeux.

Quoi qu'il en soit, il est désormais acquis que Papandréou se rendra jeudi prochain à Bruxelles, pour un Conseil européen des chefs d’État et de gouvernement crucial, sans que la Vouli, le Parlement grec, ait adopté le paquet d’austérité qui conditionne le versement d’un nouveau prêt de l’Union européenne et du FMI afin de permettre au pays de faire face à sa dette en juillet.

Du côté des Européens, la rencontre, vendredi à Berlin, entre la chancelière allemande et le président de la République française, a permis un rapprochement des positions sur l’implication du secteur privé dans le plan d’aide supplémentaire à la Grèce, une exigence allemande. Angela Merkel semble maintenant d’accord pour que la participation des institutions financières se fasse uniquement sur une base volontaire : seuls ceux qui le souhaitent rachèteraient de la dette grecque à une durée et un taux d’intérêt qui restent à déterminer. « Il n’y a aucune base légale pour une participation obligatoire », a reconnu la chancelière. Aucune date n’a été fixée pour l’adoption d’un nouveau plan d’aide, même si Nicolas Sarkozy a insisté pour que cela se fasse « au plus vite », avant la trêve du mois d’août. Le FMI a appelé, lui aussi, à une solution rapide afin d’éviter une contagion au reste de la zone euro.

N.B.: version longue de mon article paru samedi



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Les derniers commentaires

  • La Grèce n’a pas trouvé son Churchill

    par lolo (IP:xxx.x40.133.249) - 20 juin 2011 12:42

    "On peut légitimement se demander si le personnel politique grec, tout à ses querelles de chapelle, est conscient des enjeux"



    Il n’y a donc pas trop de différence entre la Grèce et la Belgique

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  • par JP Aron (IP:xxx.x2.193.35) - 21 juin 2011 18:05

    Quelques observations :



    1. Ce n’est pas parcequ’un parti se dit/nomme ’conservateur’ qu’il l’est. Les conservateurs grecs sont de fait des socialistes, dépouvus de sens éthique, prêts à ’prendre l’argent la ou il est’ pour s’acheter un électorat. Mais il faut leur reconnaître un coup de génie qui a permis à toute la Grèce de vivre des années exceptionelles. Au lieu de chercher, comme tout les socialistes le font d’instinct, des ’riches’ à plumer sous chaque pierre dans leur propre pays, ils ont vendu du vent aux étrangers que nous sommes. Chapeau. Qui eu cru qu’on puisse être aussi bête ! Evidemment ça n’allait pas pouvoir durer éternellement, mais qu’importe, les cigales ont eu ce qu’elles ont eu. Rien n’y personne ne peut plus le leur enlever. Et tant pis pour les enfants. Tout le monde n’a pas la chance d’avoir dans son propre pays un pré ou faire paître de riches étrangers/flamands pour nous faire du lait et du beurre.



    2. Tout le monde, y compris le professeur d’économie Eyskens, se désole qu’avec L’Euro les Grecs (et ceux qui se retrouveront tôt ou tard dans la même situation) n’ont pas à leur disposition le ’seul’ moyen de se refaire. Il y en a quand même à qui il faudrait donner des baffes pour désinformation publique ! Si les grecs veulent se refaire, ils doivent consommer moins (surtout ce qu’ils doivent importer) et si possible exporter une partie de ce qu’ils ont produit eux-mêmes et ne consomment plus. En d’autres termes. Il faut donc qu’ils acceptent une réduction de pouvoir d’achat Dévaluer sa monnaie est en éffet une façon d’y arriver. C’est sans nul doute la façon la plus insidieuse de le faire. Mais ce n’est pas la seul ! Il y a aussi moyen de dire à la population la vérité, et expliquer qu’il est normal qu’un allemand qui travaille de longues heures chaque jour à construire minutieusement les BMW et Mercedes que la planète se dispute gagne plus par heure qu’un Grec qui va pêcher 10 mois sur 12 pendant qu’il attend le touriste, et que le salaire horaire moyen doit donc être revu à la baisse. L’Euro n’empèche nullement aux pays qui l’utilisent de choisir le niveau de prospérité qu’ils veulent ! Aucune monnaie ou système économique ne permet de se la couler douce et rouler en Mercedes. Il faut choisir. Sauf si on a du pétrole bien sûr...



    3. Le fait est que les Grecs ont du pétrole. Et qui de plus est, du pétrole qui ne pue pas ! Ils ont du soleil et la mer. Mais voilà qu’on entend que les Grecs refusent de vendre des concessions à des investisseurs européens. D’un autre côté, on entend qu’ils sont en train de vendre le pays entier aux Chinois... Par dépit, plutôt que de vendre à ces allemands qui ont le culot de ne plus vouloir leur prêter de l’argent, ils préfèraient encore vendre aux Turcs, leurs ennemis jurés, sous le joug desquels ils ont vécu près de 400 ans ! Apparamment ce choix là ils n’ont aucun mal à le faire ! Quelle honte.



    4. Je remarque la sympathie que suscite la Grèce parmi une frange de la jeunesse Européene qui apparamment reprend espoir qu’ils pourront eux aussi, comme leurs grands-parents dans les années 60, tout casser (i.e. faire la révolution) pour se donner l’impression d’être quelqu’un. Et pendant ce temps, la planète entière étudie, travaille, invente, ...



    Observation supplémentaire : Rien de tout ça dans la presse... Aucun éditorial qui correspond à ces observations. Aucun analyste politique qui fait les mêmes rapprochements. Aucun homme politique qui tape sur sa table dans aucuns de nos multiples parlements, si ce n’est quelques rares cas mus par égoïsme.

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