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La Particratie ne supporte plus notre Monarchie !

jeudi 25 mars 2010, par Pascal de Roubaix

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Cette fois les masques tombent.

Il y a des années que nous mettons nos compatriotes en garde contre une lancinante et sourde campagne de dénigrement, tout à fait systématique, de la Monarchie, à travers des attaques injustes et souvent scandaleuses contre notre roi, contre ses prédécesseurs ou contre notre famille royale.


Cela fait des années que tous les prétextes sont bons pour diminuer son prestige, pour contester ses pouvoirs, pour dénigrer l’un après l’autre tous les représentants de la famille royale, en même temps que les symboles qui lui sont attachés.

On en arrive même à se méfier des initiatives sympathiques tellement elles ont tendance à effacer, sous prétexte de simplicité, toute forme de solennité, toute trace de protocole et, finalement, toute velléité de respect de bon aloi.

Certains se permettent même, avec quelques ricanements déplacés, de mesurer la popularité ou l’impopularité de l’un ou de l’autre. Comme si les droits d’un Roi à régner dépendaient  de son taux de sympathie dans le public, mesuré par de douteux sondages.

Aujourd’hui, il semble que le moment soit venu pour les particrates de contester la Monarchie à visage découvert, et de réserver à notre souverain un avenir de roi d’opérette. 

Dans une grande opération marketing concoctée entre des journaux et des télévisions autant néerlandophones que francophones, nous subissons, sous le prétexte du « débat sans tabou », toute une semaine de matraquage, à faux nez d’études fort sérieuses, pour nous convaincre qu’il est « inéluctable » et dans la « logique de la modernité » de réduire les pouvoirs royaux à ceux d’une fonction purement protocolaires.

Jamais on n’avait vu ça à ce jour : des ministres en exercice qui se permettent, sur le ton de la sagesse, de proposer la réduction, à court terme, des prérogatives royales à celles d’un fantoche.

Décidément nos particrates ne manquent plus d’air et leur outrecuidance ne connaît plus de limites. Nous n’avions aucun doute sur leurs intentions tant il est vrai qu’en oligarchie, le premier ennemi de la caste dirigeante est inévitablement la personne du souverain. Mais nous ne connaissions pas encore leur agenda à ce sujet. Aujourd’hui nous sommes fixés : la campagne de désinformation est lancée qui a pour but de faire passer la réforme en douceur en la présentant progressivement comme une évolution inéluctable. (Le même procédé a présidé à la dislocation du pays, à l’ensemble des réformes éthiques, à la politique de destruction de la famille etc.)

 

Permettez-nous de faire remarquer toute la supercherie de la démarche. Voyons donc les arguments qui militent pour la fin de notre monarchie constitutionnelle.

 

Il n’est pas démocratique que le chef de l’Etat ne soit pas élu :

Ah !  Parce qu’il est plus démocratique que la tête du pays soit choisie par un camp contre un autre camp ? Il est plus démocratique que, comme aux USA ou en France par exemple, le chef de l’Etat soit cordialement détesté par la moitié de sa population ?

Il est plus démocratique que, au lieu de se consacrer sans arrière pensée au bien commun, le chef de l’Etat passe la seconde moitié de son mandat à travailler exclusivement à sa réélection ?

Il est plus démocratique que le chef de l’Etat doive sa place à certains groupes ou lobby auquel il devra fatalement renvoyer l’ascenseur, plutôt que de ne devoir ses responsabilités à personne, et d’être structurellement libre de toute attache ?

La réponse honnête est :

Non, le chef d’un Etat vraiment démocratique ne peut pas être élu.

 

Un souverain héréditaire n’est qu’un relent injustifiable  des privilèges d’ancien régime.

Ah, tiens ! Et vous n’avez rien remarqué vous à propos de la particratie. Comme toutes les oligarchies, c’est bien connu, notre particratie n’a aucunement tendance à devenir héréditaire, et c’est par pur mérite que les « fils (et filles) de » se retrouvent ministres à 25 ans ?

Ce ne serait pas plutôt là qu’il faudrait chercher les privilèges ?

La réponse honnête est :

Etre Roi n’est vraiment pas un privilège, c’est plutôt un sacerdoce auquel il est indispensable d’être préparé par toute son éducation.

 

Pourquoi serait-ce un « Monarque » qui doive nommer les ministres ? C’est dépassé et antidémocratique.

Ces critiques là sont faites par des gens qui dépendent pour toute leur carrière du bon vouloir de présidents de partis. Nous n’avons pourtant pas remarqué que ces présidents auraient été élus par le peuple souverain. Et tout le monde trouve normal, et « démocratique » que ce soit eux qui choisissent « leurs » ministres.

 

La réponse honnête est :

Il est démocratique que celui qui nomme l’exécutif soit au-dessus des partis et des coteries. Un pays où ce sont les chefs de partis (associations sans personnalité, ni existence constitutionnelle) qui choisissent « leurs » ministres, n’est pas un pays tout à fait démocratique.

 

Ce roi et toute sa famille, ça coûte une fortune au contribuable !

Et bien non, justement pas. Toutes les études comparatives (pas très faciles vu les différences considérables d’un pays à l’autre) prouvent à l’évidence qu’un roi et une famille royale coûtent beaucoup moins cher qu’une succession de présidents (et leurs épouses).

Par ailleurs, en Belgique, une grande partie des coûts est couverte par la donation que fit Léopold II dans ce but. De plus, un roi « protocolaire » ne coûterait sans doute pas un euro de moins.

Enfin, entendre des particrates qui ont multiplié nos parlements, nos gouvernements et tous les cabinets pléthoriques qu’ils comportent, au point de rendre le pays ingouvernable, oser critiquer le coût de la royauté, il y a la quelque chose qui dépasse le surréalisme tant apprécié dans notre petite terre d’hédonisme.

La réponse honnête est :

Au sein du pouvoir exécutif, la branche de loin la moins dispendieuse est la maison royale.

 

Il n’y a pas de justification à ce que le Roi sanctionne  les lois.

En Belgique, la Constitution prévoit que pour qu’un projet de loi voté par les Chambres passe à l’état de loi, il faut encore que le Roi, dans son rôle de branche du pouvoir législatif, « sanctionne » la loi. Ce n’est qu’au moment où un texte voté est revêtu de la sanction du Roi, qu’il devient loi.

(Après quoi il s’agira de « promulguer » la loi ce qui est un acte du Roi comme chef de l’exécutif)

Il s’agit donc ici de donner à une personne totalement indépendante des partis, au-dessus des intérêts partisans, le pouvoir de refuser une loi que la majorité a voulue. En réalité c’est une sorte de dernier verrou qui peut éviter ce que certains appellent « la dictature de la moitié des voix plus une ». Seul le Roi qui personnifie le bien commun a le pouvoir de l’éviter.

Quand on se rappelle qu’un Hitler est arrivé au pouvoir en toute légalité, on se dit qu’un dernier verrou n’est peut être pas stupide.

Ceci dit, il faut bien admettre qu’il ne fonctionne plus vraiment. C’est ainsi qu’on a vu passer ces dernières années, des lois qui ont démantelé les structures du pays en le rendant quasi ingouvernable, on a vu passer une loi autorisant le « mariage » de personnes de même sexe et les autorisant à adopter, une autre autorisant que l’embryon humain vivant serve de matériau d’expérience, une autre qui autorise l’euthanasie, une autre qui a réinventé une forme de répudiation légale etc.

Il est évident que ces lois, votées pourtant par des majorités, portent une vision pour le moins inquiétante de la démocratie.

On pourrait bien entendu imaginer un autre moyen de les faire sanctionner, que de réserver cette prérogative au Roi seul. Nous pourrions par exemple suggérer qu’il soit entouré pour ce faire d’un véritable conseil de la couronne formé d’un petit nombre de personnalités civiles incontestées.

La réponse honnête est donc :

L’important est qu’une « sanction » des lois existe, indépendamment des majorités politiques.  

 

Voilà donc leurs principaux arguments dont aucun ne résiste à la critique la plus élémentaire.

Mais ce n’est pas parce que leurs raisons ne sont pas bonnes qu’ils vont se gêner pour réduire le rôle du Roi. Au contraire, et la manipulation organisée de l’opinion, qui vient de s’accélérer, en est la preuve.

A nous de défendre notre régime de Monarchie constitutionnelle, génialement conçu en 1831. A nous d’allumer des contre feux et de démontrer à quel point ils ont tort. A nous de défendre « Le Roi, la loi, la liberté ».(ter)



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Les derniers commentaires

  • La Particratie ne supporte plus notre Monarchie !

    par Eric Bruckmann (IP:xxx.x17.50.66) - 25 mars 2010 10:03

    1- Oui, être détesté par la moitié des gens est plus démocratique que d’être ignoré par 90%.



    2- Oui, c’est un héritage qui gêne la société socialiste. On l’accepte ou on ne l’accepte pas. Perso, je trouve cette hérédité aussi débile qu’archaïque mais ça ne me gêne pas. Le jour où il y aura une révoltion, les têtes tomberont smiley



    3- Le Roi nomme ? C’est déjà les présidents de parti qui décident. Ah non ? Alors pourquoi le souverain ose-t-il nommer des Ministres qui n’ont jamais été élus ??? Cet argument n’est pas cohérent.



    4- Pourquoi tout devrait être bon marché ? Par contre le ratio "coût de la monarchie Belge/ringardise qu’elle dégage" est si bas que je serais plutôt pour qu’on les coache à être de la même classe que les anglais, les danois, les norvégiens (surtout... patriotes, simples et avec une aura...). Puis leurs Princesses sont plus jolies smiley. Quoi que ça coûte, on devrait y penser...



    5- Dans les faits, la sanction est de la vaste blague. Pas d’accord, le Roi ? Il se met en indisponibilité de régner (sorte de chômage économique royal) et hop ! le tour est joué, ça passe quand-même.



    Ceci dit, si les hommes politiques étaient cohérents, ils donneraient PLUS de pouvoir au Roi en le faisant participer d’avantage à la vie politique du Pays (le Roi de Norvège préside le conseil des Ministres... chaque semaine... les petits arrangements entre amis au dépens du Pays deviennent plus compliqués...)...



    Mais le Roi pour l’amour de la Royauté, c’est incompréhensible pour moi.



    Il est évident que les hommes politiques actuels sont vicieux : ils ne veulent pas remplacer la Monarchie par autre chose mais bien avoir le champs libre pour que les baronnies prospèrent...



    Et les flamands sont content car ça ouvre la voie à un Etat flamand souverain... les francophones sont contents car les nouveaux Rois s’appelleront Reynders, Onkelinkx II, Daerden I et II, Di Rupo (zéro ?), Milquet (-1 ?), Lutgen II, Wathelet II en francophonie... le refus des uns et des autres d’une circonscription électorale fédérale prend maintenant donc tout son sens !



    Au fait, nous avons été voté il y a trois ans... quel parti avait la fonction du Roi dans son programme ?



    Le débat il est là : Monarchie ou pas, ces types se foutent des citoyens, des électeurs et de leur Pays.



    Là, on se rejoint...



    On organise une manif sur ce thème ensemble ?

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    • La Particratie ne supporte plus notre Monarchie !

      par Pascal de Roubaix (IP:xxx.x6.3.122) - 25 mars 2010 13:00

      "être ignoré par 90%" ? ? ?
      Jamais ! Là tu fais une grosse erreur !
      Je ne sais pas bien en définir la raison, mais le fait est que la royauté, le Roi, la Reine et la famille royale forment un "ensemble" qui, loin de laisser la majorité indifférente, passionne littéralement les foules.
      Il suffit de voir les choix "marketing" des couvertures de magazines (et le même phénomène se reproduit dans tous les pays, même dans les républiques) à la moindre tête couronnée en couverture, les ventes font un bond. J’avais posé la question à une époque où je travaillais dans ce secteur. Personne n’avait d’explication "raisonnable" mais chacun reconnaissait le fait : La royauté est populaire. (Et du coup elle fait vendre)
      Souvenons-nous par exemple de l’incroyable élan d’émotion provoqué par la mort inattendue de Baudouin Ier. Des files de 12 heures, pendant des jours, pour passer simplement devant sa dépouille ! (Alors qu’on voyait drôlement mieux à la télé !)
      Ca a surpris tous les observateurs, et fait couler énormément d’encre.
      Il y a sans doute un faisceau d’explication socio-psycho-machin, mais je pense plus simplement que le Roi (indépendamment de son charisme, ses aptitudes et son caractère) personnifie réellement l’image d’une société idéale dont chacun rêve plus ou moins inconsciemment. Et je trouve cette personnification et l’attachement qu’elle provoque éminemment "démocratiques".

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      • La Particratie ne supporte plus notre Monarchie !

        par Eric Bruckmann (IP:xxx.x17.50.66) - 25 mars 2010 13:51

        M’enfin, j’ai vu un type se déguiser en Michaël Jackson se baigner dans le perron à Liège... j’en ai jamais vu faire pareil déguisés en Baudouin... est-ce pour la cause que Michaël Jackson est plus légitime qu’Obama ou que Sarkozy ?



        Puis nous, on a deux Reines... c’est peu commun... et surtout moins exclusif... smiley

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  • La Particratie ne supporte plus notre Monarchie !

    par Michel Longueville (IP:xxx.x17.45.27) - 25 mars 2010 16:58

    En tant que démocrate convaincu, je suis partisan de la Monarchie constitutionnelle. Contradictoire ? Non. La "personne" du Roi est une conceptualisation de la présence de la Nation (http://www.medium4you.be/Merci-Mons...) en tant que "personne" au sein du système politique. Elle peut aussi, si celui ou celle qui l’incarne en a le potentiel, être un des référents moraux au coeur du système politique.
    L’hérédité, concept certes dérangeant après "Les Lumières", donne une profondeur de champs relative au Chef de l’Etat.
    Le "Roi" est effectivement un contre-courant à la particratie, que sa neutralisation politique arrangerait bien. Nos "super stars présidents de partis" prendraient alors à mes yeux trop de pouvoir.
    Bien entendu, le "Roi" possède une opinion qui influence certaines décisions. Inévitable, salutaire,critiquable, préjudiciable, ... qu’importe. Mettez ca là en rapport avec l’influence discrète mais réelle des loges en Belgique (sans tomber dans la caricature), l’omnipotence et la collusion médiatique, le lobbying constants des acteurs socio-économiques, et vous verrez que notre démocratie s’articule autour de courants d’idées et de pouvoirs divers et nécessaires à l’équilibre des forces.
    Gouverner est un art. Il y a donc forcement des "flous" artistiques.
    La fonction du "Roi" est une sorte de catalyseur de réactions politiques, et ça, c’est excellent pour la Démocratie.
    Mais c’est vrai, j’ai tendance à apprécier les "emmerdeurs" de tourner en rond ...

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  • La Particratie ne supporte plus notre Monarchie !

    par Léopold42 (IP:xxx.x93.246.54) - 11 mai 2010 16:49

    Tout à fait d’accord avec vous Messieurs de Roubaix et Longueville.
    Si la Monarchie n’existait pas, il serait temps de l’inventer !

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