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Je ne connais pas le dessous des cartes. Je ne suis plus journaliste et je ne le connais plus. Ou n’ai plus l’illusion de pouvoir le connaître. C’est donc en simple citoyen-spectateur que j’applaudis aujourd’hui des deux mains à la sortie de Philippe Moureaux, hier matin dans Le Soir, pour appeler son président de parti à (enfin) faire le ménage dans ses écuries... Philippe Moureaux, je l’ai beaucoup fréquenté, professionnellement, il y a déjà quelques années de cela. C’est un homme, comment dire ? Carré ? Plus que cela. Tranchant. Cassant parfois, quand il faut. Mais d’une rigueur morale et intellectuelle sans faille. Et d’une loyauté à toute épreuve. On le dit intolérant ? Et alors ? Ce n’est pas Sacha Guitry qui disait que la tolérance, il y a des maisons pour ça ? Car le vocable a deux faces : on doit être tolérant quand il s’agit d’accepter la contradiction ; on ne peut l’être quand il s’agit de fermer les yeux sur ce qui n’est pas tolérable. Fanatique, non, jamais. Mais intolérant, oui, parfois. Et là, ce n’est que Valéry, je crois, que je paraphrase. Ce n’est pas que j’en aie contre ce pauvre secrétaire d’Etat - comment s’appelle-t-il déjà ? - qui aurait fait quelques pleins d’essence en trop aux frais de ses administrés. Cette affaire est passablement ridicule et médiocre, un minuscule “scandale” villageois, pas même courtelinesque. Mais bon, on a les indélicatesses qu’on peut, il en est de plus graves qui reste(ro)nt probablement impunies. Et au-delà de l’anecdote qui fait mouche, ce que soulignait surtout Moureaux, je pense, c’est une mentalité trop répandue et qui fait tache dans ce parti qui ne semble toujours pas vouloir comprendre, après tant et tant d’”affaires”, le mal qu’il lui arrive de faire à la collectivité, et à lui-même. Pas par ses idées, ni par sa politique. Mais par les comportements de ses “parvenus”. Dans ce contexte, la réplique de Demotte à Moureaux est particulièrement consternante. “S’il y a des choses à dire, même pertinentes, a-t-il commenté, c’est en interne qu’il faut le faire“. Propos de pur apparatchik, ça. Si ce n’était lui, ne dirais-je même de capo dei tutti capi, en songeant à d’autres censeurs moins recommandables qu’on a aussi entendus sur les ondes ? Sûr que c’est en invoquant la loi du silence et le huis-clos qu’on va restaurer la confiance ébranlée... Curieux quand même que parmi tous les “communicants” affiliés au PS ou proches de lui, comme on dit, il n’y en ait pas encore un qui ait pu le convaincre de ce qu’une bonne com’ n’était pas seulement une question de look et de buzz. Mais de sincérité et de cohérence. D’ouverture et de débat. Public. Elio Di Rupo, lui, n’a pas encore voulu commenter les propos de l’ancien vice-premier. S’il ne les entend pas, ce sera tant pis pour lui. Et pour son parti. Les derniers commentairesLaisser un commentaire |
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