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La création d’une “Fédération Wallonie-Bruxelles” crispe la Flandre

jeudi 7 avril 2011, par François Collette

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Le projet était dans l’air depuis des mois, une idée surgie du sentiment unanime des francophones que l’Etat “Belgique” était en voie de délitement face à une Flandre de plus en plus nationaliste. Il fallait un bouclier pour préserver le ‘monument en péril’ qui sert tant les Wallons et les Bruxellois. 

La « Fédération Wallonie-Bruxelles » est née le 4 avril 2011 à Namur, siège du parlement et du gouvernement wallons, de la transformation de la « Communauté française de Belgique », l’entité fédérée au nom bizarre qui gérait jusqu’alors les matières communautaires de ces deux Régions de l’Etat fédéral, essentiellement l’enseignement et la culture.  

Précision importante : à Bruxelles, seuls les francophones, soit 85 à 90 pc de la population, sont concernés, les néerlandophones dépendent jusqu’à présent de la Région flamande pour ces matières. Rien n’est simple en Belgique et encore moins à Bruxelles. 

Enfin un signal francophone clair  

Au stade actuel, il ne s’agit que d’un changement d’appellation qui se veut porteur d’un symbole clair : l’union politique des francophones de Belgique, tous partis confondus. Non pas une union contre la Flandre à l’économie florissante mais une union face à ses velléités d’autonomie et à son ‘impérialisme ‘. Voyez la nuance. 

Pour la suite, on verra ce qu’il y a réellement derrière ces mots. Des mots porteurs de sens qui ont eu le don d’irriter et de crisper le monde politique flamand. La fédération est censée renforcer les liens politiques entre les deux entités, ce qui n’était pas l’objectif de la « Communauté française ». Mais pas d’euphorie, la particratie et la lutte à couteaux tirés entre socialistes (PS) et libéraux (MR et FDF) joueront à coup sûr les trouble-fête. 

Indignation flamande  

La nouvelle, tenue secrète jusqu’à la dernière minute (c’est dire si le sujet est sensible), a immédiatement déclenché la polémique avecMoeder Vlaanderen (‘Mère Flandre’) incarnée par la nationaliste NV-A de Bart De Wever - premier parti, faut-il le rappeler, de Flandre et du Royaume - et le CD&V, son allié chrétien-démocrate des mauvais coups. C’était à prévoir sans l’ombre d’un doute dans ce climat politique délétère et conflictuel qui plombe ce pays depuis des années.

Les seconds couteaux de ces deux formations ont donc hurlé à la provocation, à l’imbécillité, au manque de correction envers la Flandre si généreuse en transferts financiers et à l’absence totale de considération pou les Flamands vivant à Bruxelles. Blabla et effets de manches quand on voit le sort que réserve la Flandre aux francophones de la périphérie de Bruxelles. 

Avec l’inénarrable « BHV », la Région Bruxelles-Capitale - enclave francophone en terre flamande - qui se fédère à la Wallonie, voilà un nouveau problème qui fâche. Nul doute qu’il risque de torpiller ce qui reste des tentatives de reforme de l’Etat et de formation d’un gouernement fédéral.  

Le compteur affiche aujourd’hui 298 jours de crise et le 22 avril, le gouvernement démissionnaire fêtera son premier anniversaire. Mais pas de panique, le non-pays est sous contrôle.

_______________________

Face aux Flamands, creusons les tranchées ! (LLB via BELGA) 




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Les derniers commentaires

  • La création d’une “Fédération Wallonie-Bruxelles” crispe la Flandre

    par Pierre@s (IP:xxx.x6.3.121) - 8 avril 2011 08:36

    Les analyses de François Barberis sont toujours pertinentes.
    Voici ce qu’il dit sur ce sujet.



    “Poser un acte fondateur !



    C’est ainsi, me souvient-il, que j’avais conclu il y a déjà quelque mois un message posté sur ce forum. j’exposais que c’était aux Bruxellois et aux Wallons de prendre l’initiative et de s’affirmer en posant un acte fondateur de nature symbolique, donc éminemment politique.



    Eh bien, le voilà, cet acte fondateur ! Le voilà dans la nouvelle nomination donnée à la Communauté française de Belgique. Car ce n’est pas qu’un simple changement de nom auquel nous sommes invité, mais c’est bien un changement de nature, de consistance, de délimitation, puisque nommer c’est créer, c’est faire exister.



    Changement de nature, en effet : autant le nom ‘’Communauté française de Belgique’’ faisait référence à une catégorie de gens (comme dirait Elio di Rupo) disséminés sur le territoire Belge, mais sans que cela ne définisse les frontières de cette communauté autre que les frontières de l’état fédéral actuel ; autant le nouveau nom dépasse la simple agrégation de personnes pour imprimer une marque territoriale précise : une fédération d’états-régions, dans des limites physiques bien définies. On cesse de faire de la géographie humaine et on fait de la géographie physique territoriale ; et ce faisant en fonde l’état. Car l’état c’est d’abord un territoire avant même d’être une population. Pensons à la fondation de Rome et à l’acte fondateur de Romulus qui creuse à la charrue (quel symbole !) les limites territoriales de sa cité, la future Rome, se mettant ainsi définitivement en opposition de son frère Rémus (le Flandrien), qui voulait l’annexer.



    C’est donc bien à un acte fondateur auquel viennent de se livrer les initiateurs de cette nouvelle nomination (et non dé-nomination) ; et ceci est considérable, car, ainsi que je l’ai dit plus haut, nommer c’est faire exister. Il existe désormais une fédération de territoires, l’un se nommant Bruxelles, l’autre se nommant Wallonie, territoires qui vont fonctionner -au moins sur certaines compétences- en mode territorial et non plus simplement fonctionnel. Certes, toutes les compétences ne seront pas assurées par ce nouvel être. En particulier les compétences économiques. mais il ne faudra pas beaucoup de temps pour que ces compétences s’y agrègent, puisque cette agrégation ne dépend que de la seule volonté des deux instances politiques locales. Et lorsque ces compétences seront agrégées, on aura bien un vrai état fédéral, au sens plein du terme, de la même manière qu’on a un état du côté flandrien.



    Le NVA, qui a dénoncé cet acte fondateur ne s’y est pas trompée. C’est en effet une nouvelle donne de l’opposition entre Francobelges et Flamands qui vient à définition. Et cela fait bien apparaître ce qu’a d’inacceptable car totalement indigne et misérabiliste la triste définition que donne le programme du PS français de la relation entre Wallons et Flamands (en oubliant au passage les Bruxellois).



    Nous venons d’assister là, par cette nouvelle nomination -et non pas dénomination, j’insiste- à l’émergence de ce qui est vraisemblablement une conscience morale politique francobelge différente de celle que l’on affecte généralement au belgicanisme. Car on ne peut à la fois être membre de la Belgique et membre de la Fédération Bruxelles-Wallonie. On s’apercevra bien vite que cela est incompatible.



    Alors, ne boudons as notre plaisir : vive la Fédération Bruxelles-Wallonie, vive les Francobelges. Et honte à ceux qui réduisent la situation de tension et de compétition entre Flandriens et Wallons à une simple question de bouc-émissaires et de vindicte, alors que c’est une question d’émergence de conscience morale politique à laquelle nous étions appelé à assister. Ceux-ci n’ont décidément rien compris.



    Quel va être le prochain acte fondateur ? Car bien entendu, la caractéristique d’un acte fondateur c’est d’en appeler d’autres. Il faudra être vigilant. Peut-être l’ouverture d’ambassades au nom de la nouvelle fédération. Peut-être aussi l’ouverture de négociations ‘’internationales’’. A voir.”



    http://www.bruxelles-francophone.be...

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