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La démocratie Made in cdH

mercredi 31 août 2011, par Eric Bruckmann

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 La sortie de M. Delperée 25 août à la radio pose d’énormes questions qui s’ajoutent à toutes les autres. Le donneur de leçons se place au-dessus des Hommes, des autres, de la démocratie... mais sous la direction de sa Présidente, évidemment, aurait-on envie d’ajouter.



 Curieuse sortie, donc, que celle du constitutionaliste qui, semble-t-il, est moins à l'aise pour se mettre au niveau des Hommes que pour expliquer aux autres qu'ils ne sont pas "Eux".

D'abord, il évoque le communiqué de la NV-A qui explique qu'il y a 50% de handicapés en plus en Wallonie qu'en Flandres. Il a raison, ces chiffres n'ont aucune valeur scientifique et tant qu'on ne sait pas prouver qu'il y a fraude, ces comparaisons sont stupides.

Là où ça devient intéressant, c'est que M. Delperrée fait référence à la seconde guerre mondiale en parlant du comportement de la NV-A. Je vais y revenir.

Suite à la proposition du MR d'organiser une consultation populaire sur la périphérie, M. Delperée reproche à ses collègues du MR un manque de discrétion demandé par M. Di Rupo, cette sorte de Dieu intercalaire entre Lui et Mme Milquet.

Première curiosité: la constitution ne prévoit pas cette consultation mais Medium4you l'a déjà fait et le MR a reçu les résultats, comme les autres partis. C'est curieux donc que des choses sont bonnes que lorsqu'elles sont proposées par soi-même... une certaine conception du bien commun, je suppose.

Seconde curiosité: celui qui préconise la discrétion s'est longuement épanché sur celle des autres, ce qui est assez étrange puisque d'abord, ce n'est pas lui qui l'a demandée et qu'en suite, au final, c'est celui qui s'en exprimera le plus.

Bref, il n'en veut pas, de la consultation populaire. Il veut un Etat MODERNE sur base d'une constitution de 1831 et refuse ainsi toute évolution démocratisante en accord avec des nouvelles technologies. Ou sans. Parce que si le Belge est assez innovateur pour accepter le vote électronique pour des partis bien vissés sur leur socle de suffisance, le Belge est inapte à choisir des voies qui seraient incontrôlables et qui feraient donc vasciller cette stabilités dictatoriale de ces syndicats d'élus.

Bien, donc, les nouvelles technologies pour savoir le soir même qui va cumuler quels mandats mais dangereuse, la consultation populaire rendue possible par les mêmes évolutions puisque le choix des citoyens pourrait s'éloigner des décisions des quelques guignols qui détruisent notre avenir en secret pour assurer le leur.

Et son argumentation est interpelante. En effet, il estime qu'il existe déjà une consultation qui s'appelle "les élections" puisque celui qui veut l'élargissement de Bruxelles n'a qu'à voter pour un parti qui défend ces/ses thèses sur la périphérie.

Si ça, c'est pas du foutage de gueule au grand jour, faudra qu'on m'explique.

D'abord, quand on est dans une situation où le peuple a voté depuis 15 mois sans que le résultat de leurs souhaits ne soient pris en compte, on la ferme.

Ensuite, cet ultimatum envers la population qui consiste à dire "si Bruxelles vous tient à coeur, laissez nous le champs libre pour tout le reste sinon ça va être le bain de sang linguistique" (tiens, on a déjà entendu un truc du genre...) est clairement une ineptie et une idiotie dont seuls ceux qui se proclament grand-intellectuels sont capables. En somme, nous sommes tous trop débiles pour contester cet argument, sans aucun doute.

Une chose est sûre, c'est une sorte de syndrôme des Minarets Suisses: on aime la démocratie mais pas pour les sujets où les citoyens pourraient vouloir autre chose que ce qui arrange bien l'establishment politique et intellectuel. Ce serait vraiment une dérive que des citoyens préfèrent être en Flandres (j'ai pas dit flamands) parce qu'ils ne veulent pas perdre une qualité de vie qui n'est pas encore visciée par des comportements de gestion socialistes. Que ce serait embarrassant de se rendre compte que les citoyens ne donnent pas le mandat que la classe politique s'est auto-octroyée sous prétexte qu'une élection a eu lieu, un jour lointain...

Enfin, je reviens à cette évocation de la seconde guerre mondiale et le comportement de la NV-A: moi, je dis que ce comportement est général et, visiblement, le cdH n'y échappe pas.

- refus de considérer l'avis des citoyens sur un point important de l'avenir du Pays: c'est du tolitarisme

- élargir une région physiquement sur base de pratique d'une langue: ça s'appelle l'Anschluss

- faire partie d'un groupe qui négocie en secret l'avenir du Pays lorsque des élections ont eu lieu sur d'autres thèmes: c'est une dictature

- demander au peuple de voter pour un package afin que chacun obtienne une chose précise, ou rien: c'est comme ça qu'Adolf Hitler est arrivé démocratiquement au pouvoir. 

- accessoirement à ce dernier argument, beaucoup de citoyens Bruxellois (comme de la périphérie) n'ont pas le droit de vote: n'est-ce pas exclure des franges de la population comme Hitler l'a fait?

- ne parlons pas d'une présidente de parti qui négocie l'avenir du Pays mais qui ne sera plus présidente pour que son successeur tienne ses engagements. Non, ce serait exagéré.


A la fin, que représente encore le cdH? Et qui représente-t -il encore?

Plus d'idée, pas de vision, juste une mission: s'accrocher au pouvoir comme une moule à un poteau d'écluse afin de garder des revenus, des postes, exister. Ils en sont tous à un point tel qu'ils n'hésitent désormais plus à utiliser les armes de l'extrême droite pour combattre ce qu'ils considèrent comme l'extrême droite ou son corrolaire "celui qui ne pense pas comme moi". Le terme extrême droite est usé et utilisé à tort et à travers pour renverser sa signification et balayer d'une main tout ce qui est nuisible pour celui qui l'utilise. ce terme ne veut plus rien dire tant tous ceux qui dérangent semblent en faire partie.

Un journaliste posait d'ailleurs la question, suite à l'attentat en Norvège, "contrôle-t-on assez internet et ses communications". Hallucinant... ceux qui devraient vivre de la liberté d'expression pensent que pour contrer l'extrême droite, il faut contrôler sans cesse tous les citoyens... La question est: pourquoi lutter contre l'extrême droite si le prix à payer est de vivre dans la société qu'ils nous promettent? Lutter contre l'extrême droite, ce n'est pas lutter contre des personnes ou des partis mais bien contre des processus de pensées et des mécanismes liberticides, Monsieur Delperée.

Nos F-16 continuent à bombarder Tripoli, nous n'avons toujours pas le gouvernement qui devrait être là depuis au moins un an, le cdH défend ces positions mais nous met en garde contre les dérives vécues pendant la seconde guerre mondiale... Non, ce n'est pas du foutage de gueule... c'est juste que lorsque la NV-A dénonce à tort ou à raison une fraude, c'est du nazisme dès lors que ça concerne des handicapés. Mais qui est là pour vérifier ou prouver qu'il y a ou pas une fraude? Si on attribue des allocations à des faux handicapés, n'est-ce pas une insulte aux handicapés qui ont eux vraiment besoin de ces ressources qui pourraient augmenter? Et si ces allégations sont injustifiées, qu'on présente des faits, des chiffres et qu'on clape le bec de la NV-A... et tout le monde pourra rester discret.

Les citoyens attendent qu'on arrête d'ergoter sur des images et que les problèmes soient règlés, les vrais problèmes, dont ceux de la fraude sociale, par exemple. Si tous les Wallons percevaient des allocations d'handicapé, serait-ce du fascisme d'affirmer qu'il y a une fraude? En tout cas, ce ne serait pas "social" d'allouer toutes ces ressources à des personnes qui n'en ont pas besoin, restons cohérents.

Non, M. Delperée, la démocratie, ce n'est certainement pas "laissez nous faire et rien que nous". 





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Les derniers commentaires

  • La démocratie Made in cdH

    par Jacques LITWAK, Entrepreneur - Essayiste (IP:xxx.x6.95.115) - 31 août 2011 10:57

    commentaire constructif  ?  oui  -2  non

    • La démocratie Made in cdH

      par D. Clavareau (IP:xxx.x45.75.160) - 31 août 2011 18:16

      Dieu - s’agissant du cdH, c’est logique - que c’est confus ! Et que de fautes ! Où veut-il en venir ?



      La Belgique meurt étouffée par des politiciens nuls et uniquement intéressés par leur portefeuille. Ils parlent, parlent... Pas d’actes valables. Nulle part. Une vraie marée noire et nous sommes les mouettes mazoutées, engluées dans ce flot de paroles... Que ce soit dans les articles de journaux ou sur la toile, mais aussi dans les commentaires.



      Je suis pour une vraie consultation de la population, mais quelles seront les questions ?

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      • La démocratie Made in ???

        par Végé (IP:xxx.x82.226.171) - 31 août 2011 19:42

        N’ayant d’autres échos des propos de Delpérée que par ce qui en est dit ici, ce n’est donc pas à ceux-ci que je réagis.
        La question ultime de D. Clavareau est un des coeurs du problème : quelle(s) question(s)pour une consultation populaire ?
        C’est toute la limite de l’exercice.
        Je ne partage pas la conception de laisser à "ceux qui savent", les pro de la politique en l’occurrence, de décider dans le détachement de la réalité de leurs électeurs. Mais je suis mal à l’aise aussi à l’autre bout de l’excès : la vox populi dans son immédiateté, tellement contemporaine. Un instantané n’est jamais qu’une image à péremption brève. A deux doigts de la courte vue lorsqu’elle est utilisée pour dire plus que ce qu’elle ne peut que dire, un moment.
        Même chose potentiellement des élections d’ailleurs, dont les dernières chez nous s’avèrent de facto en effet détournées puisque ce qui est fait de leurs résultats ne correspond pas aux enjeux d’alors, vu le délai.
        Quant à dégoiser le personnel politique, ça défoule, d’accord, mais c’est un peu court. Quand permettra-t-on sérieusement le congé politique, pour celles et ceux qui travaillent dans le privé itou ? Car qui est prêt à s’investir dans la chose publique, l’intérêt collectif, sans chance de retrouver son job, son gagne-pain, et après l’exercice d’un mandat limité dans le temps ?
        Enfin, le poujadisme ambiant pointe ici la "fraude sociale" de faux nécessiteux. OK. Du pillage.
        Mais que dire du travail en noir ? Une façon d’assécher les caisses de la sécurité sociale pour empêcher les abus des fraudeurs "sociaux" ? Les revenus en noir donnent-ils accès à la santé à des prix abordables, à une pension minimale etc. etc. ?

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