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Voir en ligne : http://bruxelles.blogs.liberation.f... Et si la crise bancaire et économique marquait un coup d'arrêt, au moins temporaire, à l'élargissement sans fin de l'Union européenne ? Car elle a fait apparaitre l'extrême fragilité de la plupart des économies d'Europe de l'Est qui, manifestement, n'ont pas terminé leur transition vers une économie de marché digne de ce nom après plus de quarante ans de communisme. Autrement dit, on savait déjà que l'élargissement avait été précipité. Désormais, on sait qu'il a été bâclé. L'addition, pour l'Union, risque de s'avérer salée, puisqu'il n'est pas question de ne pas se montrer solidaire de la « nouvelle Europe ». Déjà, l'Union (par l'intermédiaire de la Banque centrale européenne et de la Commission) a volé au secours de la Hongrie et de la Lettonie et il n'est pas exclu qu'elle doive venir en aide aux autres pays baltes et à la Roumanie. Le fonds de stabilisation est déjà passé de 15 à 25 milliards d'euros et le couple franco-allemand veut une nouvelle fois l'augmenter. C'est en quelque sorte la facture cachée de l'élargissement que les pays d'Europe de l'Ouest se voient présenté aujourd'hui. Cette perspective de devoir passer à la caisse a douché l'enthousiasme des États les plus favorables à de nouvelles adhésions.
En revanche, le Monténégro, la Macédoine, l'Albanie et les autres pays des Balkans devront prendre leur mal en patience. Car, si personne ne remet en cause l'adhésion à plus ou moins long terme de ces pays, nombreux sont ceux qui doutent des chances de la Turquie de rejoindre un jour l'Union. Chacun a pris conscience de ce qu'aurait coûté le sauvetage d'un pays de 80 millions d'habitants. En clair, si l'Union peut se payer la Grèce ou les pays baltes, elle n'a pas les reins assez solides pour soutenir un géant aux pieds d'argile. Bref, non seulement la crise va considérablement ralentir le processus d'élargissement, mais elle a sans doute condamné la Turquie à rester à la porte de l'Union. L'Union pourrait d'ailleurs profiter de cette crise pour fixer une fois pour toutes ses frontières à l'est et au sud. Cet élargissement sans fin étant à la fois anxiogène pour les populations européennes et empêchant toute identification à un territoire fixe, base de l'identité, il faudrait établir une liste des pays susceptibles de rejoindre l'Union. Ainsi, l'espace européen potentiel serait définitivement fixé. Une autre bonne idée serait de supprimer le poste de commissaire à l'élargissement qui, par fonction, cherche à accélérer le mouvement au lieu de le contrôler. Avec les résultats, pas toujours heureux, que l'on voit aujourd'hui. Laisser un commentaire |
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