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Voir en ligne : http://blog.pickme.be/2010/12/13/la... Tartuffes! Jean-foutre! Hypocrites! Culs-bénits! C’est à vous que je parle, oui, vous, les amputés du bulbe qui enfourchez vos rossinantes décharnées parce qu’un Flamand qui n’est pas mon ami mais n’en dit pas pour autant que des conneries vous rappelle en allemand qu’on est dans la merde, au royaume de Belgique. Bien profond. Pour longtemps. On y est depuis si longtemps que vous n’en reconnaissez plus le parfum. Et ça vous choque, pauvres chéris, qu’on vous dise que nous en sommes malades et occupés à en crever. Oufti! la sainte trouille… Que vont dire de nous les gens qui nous entourent? Ordinairement, j’ai la plume assez franche, je crois, mais plutôt courtoise. Je l’enrobe de préférence des fleurs et du velours qui facilitent le transit gastro-cérébral. Mais là, vous me la hérissez. Vous la plongez malgré moi dans l’encrier de l’indignation la plus crue et me forcez à vous assaillir de propos pamphlétaires qui écorcheront vos tympans confits de bien-pensance.
Voyez le paradoxe. Je reste belge, moi. Tricolore et francophone. Ce qui me distingue déjà, et même m’oppose doublement à monsieur Bart De Wever, nationaliste flamand et néerlandophone, geel en zwart van de driekleur. Un conservateur qui s’assume, lui, alors que, troisième facteur d’opposition entre nous, je m’intéresse, moi, à l’avenir plutôt qu’à la méticuleuse préservation du passé qui fait rêver l’historien qu’il est. Et me voilà pourtant qui vole à la rescousse de l’incivil, contre ceux qui devraient être mes alliés et qui l’accusent. Quoi? Nous ne sommes pas malades? Mais c’est bien sûr! De Wever had beter gezwegen, écrit un éditorialiste de Trends sur son blog. De Wever aurait mieux fait de se taire. C’est sûr. La Belgique de papa, de grand-papa et du grand bon-papa, depuis ses origines en 1830, repose sur le non-dit et sur des piles de linge discrètement lessivées, essorées, amidonnées et repassées en famille. Huis et volets clos. Rideaux tirés. Circulez, y’a rien à voir, vous vous croyez en démocratie, ou quoi?. La Belgique va bien. Très bien même. La preuve, c’est que même le président du CD&V le dit. Les propos de De Wever ne sont « ni justes, ni sages » (niet juist en niet wijs). Notre pays est dans les bons élèves de la petite classe européenne. Mais il ne faudrait quand même pas qu’il apparaisse dans la ligne de tir des marchés internationaux et des vilains spéculateurs, des fois qu’un irresponsable comme le Bart leur révélerait par ses indiscrétions ce secret si bien gardé que nous n’avons plus de gouvernement de plein exercice depuis six mois et que le pays n’est plus vraiment gouverné depuis… oh!… quoi?… Juin 2007, vraiment? A peu près, oui. Mais à part ça, tout va bien, chère Marquise. Les déficits se creusent et ne se comblent pas, nos élèves sont au fond de la classe Pisa, bien au chaud près du poêle, les pensions seront encore payées jusqu’en 2015, après on ne sait pas car le Witboek n’est pas prêt, la Justice ne déglutit que quelques bavures sans importance au coin de ses lèvres bleuies au froid glacial du Grand-Duché, les candidats réfugiés continuent à affluer et chantent à pleins poumons avec les sans-abri pour animer l’hiver de leurs joyeux ronflements réchauffés par la douce tiédeur des sacs de couchage soigneusement molletonnés. Tout va bien! Ils le confirment tous, Wouter Beke et Rudy Demotte, Béatrice Delvaux et Caroline Gennez,Bébé Antoine, Bonhommet Reynders et Tilapin Leterme. Tous enfin d’accord. Unanimes, vous dis-je. Soudés entre eux comme les doigts de la main crispée sur la gâchette, dans la chasse à celui qui, ayant dit sa vérité, sera aussitôt exécuté. Bah! Si ça devait nous donner un gouvernement sous le sapin, il restera loisible à Sa Majesté de proposer à ce héros qui s’est courageusement offert sur l’autel au fil acéré du couteau de l’opprobre national pour refaire l’unité du royaume, quelque titre de noblesse héréditaire. Non? Allez, ministre d’Etat quand même, c’est bien le moins, Sire, ne soyez pas chiche. Que tout cela reste bien entre nous, chers lecteurs communautaires et régionaux qui m’écoutez râler sur les bien-pensants du Système. On ne sait que trop quel profit l’étranger pourrait tirer de ces lignes imprégnées d’humeurs subversives… Laisser un commentaire |
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